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Homélie pour le 3ème dimanche du temps ordinaire 2016

  Publié le dimanche 24 janvier 2016 , par Philippe Roy

L’amour de Jésus-Christ est un feu qui s’alimente avec le bois des efforts et des sacrifices inhérents à l’accomplissement des œuvres de miséricorde ; s’il ne s’alimente pas ainsi, il s’éteint.


Saint Luc, dans l’Evangile, nous raconte qu’un jour où Jésus retournait à Nazareth, le village qui l’avait vu grandir, il entra dans la synagogue. On l’appela pour lire et commenter ce passage du livre d’Isaïe : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur ».
Cette “année de bienfaits”, c’est cette année de la Miséricorde, avec les bienfaits à recevoir et les bienfaits à répandre par les œuvres de miséricorde, que le prophète Isaïe évoque.

Dans la bulle d’indiction du jubilé, le Saint Père rappelle quelles sont ces œuvres : donner à manger aux affamés, à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les sans-logis, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts, pour les œuvres de miséricorde corporelles ; instruire, conseiller, consoler les affligés, avertir les pécheurs, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier pour les vivants et les morts, pour les œuvres de miséricorde spirituelles.

Et le Pape d’affirmer à ce propos : « Nous ne pouvons pas échapper aux paroles du Seigneur et c’est sur elles que nous serons jugés ». Saint Jean de la Croix disait de même : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour ». « L’amour se prouve par les œuvres  » nous rappelle Sainte Thérèse de l’enfant Jésus.

Mais, de quel amour s’agit-il donc ? En français le mot “amour” est pour le moins ambivalent : une maman aime son enfant jusqu’à se sacrifier pour lui ; le chat aime la souris jusqu’à la sacrifier pour lui. L’amour sur lequel nous serons jugés, c’est l’amour de Dieu pour lequel nous devons être prêts à tout donner parce que lui-même s’est offert sur une Croix par amour pour nous.

Une action est donc surnaturellement bonne si elle se fait par amour de Dieu. Bien sûr une œuvre peut être humainement bonne : donner à manger aux affamés, soigner les malades, faire l’aumône…Il y a, heureusement, des ONG, des hôpitaux, des personnes non-croyantes qui font cela et qui le font fort bien : ne sommes-nous pas frères et sœurs en humanité ?

Mais cela n’est pas, de soi, une œuvre de charité car l’œuvre de miséricorde véritablement charitable a Dieu pour motif et pour objet (le terme « charitable » étant pris en lien avec la vertu théologale de charité).
J’accompli telle œuvre par amour de Dieu, pour lui faire plaisir, afin de me rapprocher de lui, parce que je vois en telle personne non seulement un frère humain mais un frère créé à l’image de Dieu et donc un frère aimable comme Dieu l’aime i.e. à l’infini.
Cela ne contredit pas l’amour humain, mais cela l’élève, le grandit, le purifie, le rend surnaturel, lui donne une dimension divine.

Je ne sais pas si, techniquement, Mère Térésa soignait mieux les malades de Calcutta que l’hôpital, mais elle les soignait avec, si l’on peut dire, l’amour dont Dieu les aime. Là est toute la différence, ce n’est plus le même regard, ce n’est pas, spirituellement, le même acte.

Saint Paul, dans sa lettre aux Corinthiens, juste après le passage que nous venons d’écouter, nous le rappelle : « j’aurais beau parlé toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, je ne suis qu’un cuivre qui résonne…J’aurais beau être prophète et avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir la plénitude de la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque la charité je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque la charité, cela ne sert à rien » (1Cor 13,1-3).

D’ailleurs comment l’œuvre de miséricorde du pardon des offenses peut-elle se réaliser sans amour de Dieu ? Cela me semble difficile : comment nos frères chrétiens d’Orient peuvent-ils pardonner aux assassins de leurs enfants sans vivre de Dieu ?
L’accomplissement des œuvres de miséricorde est comme l’expression, le rejaillissement de l’amour que nous portons au Seigneur ; en même temps qu’il manifeste cet amour, Il le nourrit et le développe.
L’amour de Jésus-Christ est un feu qui s’alimente avec le bois des efforts et des sacrifices inhérents à l’accomplissement de ces œuvres ; s’il ne s’alimente pas ainsi, il s’éteint.

Dès les tous-débuts du christianisme, alors que la persécution battait son plein, les païens disaient des chrétiens : « voyez comme ils s’aiment » et beaucoup en étaient convertis.
A l’heure où nous parlons, des chrétiens de Corée prennent de grands risques afin d’apporter de l’aide à ceux qui meurent de faim au nord (l’un des pays communistes les plus fermés). Le Père Samir, que nous avons reçu à la paroisse, nous disait combien les chrétiens au Moyen-Orient sont importants pour faire des ponts entre musulmans sunnites et chiites.

Soyons nous aussi généreux à répondre à cet appel du Christ de l’Evangile qui nous invite à recevoir et répandre les dons de cette “année de bienfaits” accordée par le Seigneur.

Amen










 

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