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"Que Dieu lui-même achève en vous
ce qu’il a commencé"

(Rituel de l’ordination)

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16° DIMANCHE ORDINAIRE

"Mystère qui maintenant a été manifesté à ceux que Dieu a sanctifiés. ..."

  Publié le dimanche 17 juillet 2016 , par Père Thierry Galant


Frères et sœurs,

On peut revenir sur l’actualité, avec ses impressions fortes, tragiques.

Et en chrétien avec grandeur d’âme, entrer en prière :

« prions pour la France », « prions pour les victimes », j’ai entendu dire justement

Et c’est vrai, avec tristesse, que nous devons prier.

Tristesse pour les familles meurtries, tristesse pour ces pauvres barbares fanatiques, tristesse pour notre pauvre monde manœuvré par le mal. Et ça ne date pas d’hier.

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La prière est déjà de grande efficacité.

Je me suis demandé si le commentaire des textes de ce jour était bien judicieux dans des jours de deuil national. Et j’ai compris qu’il n’y avait pas mieux, que ces textes ....

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Car nous ferons avancer le monde, non en commentant l’actualité, sans fin, comme par une addiction de curiosités qui alimentent nos passions.

Mais bien plutôt en respirant de l’air pur et en conformant notre vie à cet air pur.

Voilà qui est grand.

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Abraham, la personne simple par excellence.

Simple, parce que comme les animaux ou les enfants, il est en accord avec la nature .

Impossible si on arrive chez lui, même à l’improviste, qu’il laisse la télé en marche pour vous accueillir.

Abraham a bien compris qu’une télé allumée c’est embrouiller la simplicité et la relation. .

Abraham n’a donc pas de télé. Juste quelques têtes de petit bétail. Et sa femme Sarah.

Il n’aura pas évidemment les dernières informations, mais....

Abraham, il voit venir ces personnages qui font impression, dans ce désert.

Impression de qualité, d’autorité, de mystère...

Échanges sobres , silencieux, entre eux.

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Et Marthe, comment reçoit-elle Jésus ?

Ça n’a pas l’air parfait, puisque Jésus inscrit sur sa copie : ’peut mieux faire’

En fait, elle ne sait pas vraiment ’recevoir’.

Son café, à Marthe ne lui permet pas de prendre la position d’écoute.

Il réduit le niveau de relation avec Jésus, bien qu’il soit tout à fait dans les convenances.

Un café, comme l’agneau rôti d’Abraham d’ailleurs, ça n’existe que s’il favorise l’écoute. Pas s’il la trouble.

Or la simplicité, elle se trouve dans l’écoute.

La vraie écoute... : celle qui rejoint l’autre en ce qu’il a de profond, d’essentiel.

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On le voit chez l’enfant qui est très sensible à la qualité de l’écoute de sa mère ou de son père.

Sa mère prend le téléphone, l’enfant fait une bêtise... normal, il n’est plus écouté.

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Jésus est reçu, bien reçu, quand nous l’écoutons. Quand il nous donne.

Et qu’il nous nourrit... On lui offre un café, il nous offre sa Parole comme nourriture

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Marthe fait des efforts pour Jésus. Mais elle ne reçoit rien. En fait, elle reste dans son monde.

Marie s’offre à Jésus. Et se nourrit de sa Parole.

C’est ainsi qu’elle offre le meilleur d’elle même.

Et se laisse rejoindre à un degré de vie qui l’embellit elle-même.

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Où se trouve la différence entre les deux sœurs ?

Dans la profondeur de relation qu’elles atteignent l’une, l’autre.

L’une se laisse atteindre au plus profond d’elle-même par le Christ qui la soutient de sa grâce.

L’autre freine d’une certaine affection empressée, la simplicité silencieuse qui permet, tout simplement, de voir l’autre.

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Deux approches de Jésus...

Un jour, Jésus arrivera dans ce même village de Béthanie.

L’une et l’autre sœurs lui poseront la même question :

« si tu avais été là, nom frère Lazare ne serait pas mort », [Jn11, 21]

à Marthe, Jésus répondra et expliquera qu’il est la Résurrection et la Vie. Des paroles merveilleuses.

Mais avec Marie, Jésus ne répond rien. Il frémit de tout son être, jusqu’à pleurer avec elle. C’est encore plus profond.

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Ici, Marie est aux pieds de Jésus. Lors de la mort de son frère, elle se jettera aux pieds de Jésus. Au dernier repas chez ses amies, Marie sera encore aux pieds de Jésus pour lui verser du parfum précieux.

Il y a chez les amis de Dieu quelque chose qui dépasse la convenance.

Qui en fait, s’appelle non pas la familiarité, mais l’intimité.

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L’intimité est la meilleure part de notre foi pour Dieu.

L’intimité, la vraie, n’est comprise que par les êtres profonds.

Elle engage la fragilité. Et s’ouvre au meilleur de l’homme.

Mais elle engage.... c’est sûr.

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Abraham vit les événements au niveau de l’intensité de son âme.

C’est le désert qui veut ça aussi. Mais sa foi profonde avant tout.

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Bien souvent, les dissensions entre chrétiens proviennent d’un désir différent de profondeur de relation.

Les uns se satisfont de bas fonds, ça racle un peu mais le bateau passe.

D’autres ne conçoivent la relation avec Dieu que dans une dimension de grande intensité capable de les rassasier et d’un engagement total.

Les uns et les autres s’entendent sur les vérités de la foi. Mais pas sur la façon de les vivre.

Et là, ça devient infernal.

Parce que le pire, ce n’est pas, en fin de compte, d’avoir des opinions divergentes, ni même, à la limite, des idées ou des projets qui ne s’accordent pas.

Le pire, c’est de ne pas vivre avec la même intensité de vie.

Le même degré de compréhension, en profondeur, des êtres.

C’est cette différence qui provoque les guerres les plus féroces, dans les couples, dans les familles, dans les sociétés.

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Une foi engageante et engagée, devient vivante et nous embellit :

en permettant à Dieu d’abord d’ébranler et ensuite de faire vibrer notre être, esprit et chair.

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« Dis-lui donc de m’aider », dit Marthe en regardant sa sœur.

« Mais Marthe, tu veux vraiment lui faire quitter la douceur de l’intimité ? »

C’est par une intimité comblée par Jésus qu’une vie peut seule être réjouie et satisfaite.










 

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