Prêtre du diocèse de Fréjus-Toulon
Supérieur du Séminaire de La Castille
Tél. : +33 6 74 59 93 62
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Publié le samedi 28 juin 2008 , par Père Arnaud Adrien

Le Var est un pays de mission ! En effet, sa population a doublé en quelques années et continuera d’augmenter dans les décennies à venir. C’est la conscience de cet état d’urgence qui a provoqué l’appel d’ouvriers venant de l’extérieur. D’où une ébullition certaine dans le paysage ecclésial, toute à l’image de notre société multiculturelle.
De fait, un nombre important de chrétiens engagés dans les paroisses, les mouvements et les services viennent d’horizons très divers. Quant aux prêtres en activité, ils sont plus de 70 % à ne pas être originaires du Var. Cette réalité est une occasion providentielle pour approfondir le sens de la communion sans rien nier de l’identité et de la sensibilité de chacun.
Dans ce contexte, le séminaire est par excellence un lieu où former la conscience de vivre la communion entre des sensibilités très différentes. Ainsi durant toute la formation dispensée à La Castille, notre souci est non seulement d’aider au discernement de l’appel de Dieu, mais également d’aider ces jeunes à s’inscrire dans le paysage ecclésial de notre Église diocésaine.
Le témoignage de cette communion vécue exerce un attrait réel sur les jeunes Varois désireux de s’engager à la suite du Christ. L’an dernier, nous avons eu la joie d’accueillir au séminaire 4 jeunes de la région.
C’est de la foi d’un peuple que naissent les vocations sacerdotales ! Mais si la foi manque ? N’est-ce pas ce que nous voyons dans nombres de paroisses vieillissantes qui ne sont guère capables d’engendrer un peuple nouveau à la Vie Nouvelle ?
Le Seigneur n’abandonne jamais son peuple : il continue d’appeler des prêtres. Mais son peuple désire-t-il assez recevoir le don proposé ? Souhaite-t-il vraiment donner à ses enfant la liberté de répondre oui aux appels du Seigneur ? Se sent-il concerné par la formation de ses futurs pasteurs ?
Jean Paul II s’interrogeait : "d’où procédait la force de l’Église primitive ? Et d’où vient la faiblesse de l’Église d’aujourd’hui, beaucoup plus nombreuse ? Dans cette époque de confrontation radicale qui est la nôtre nous avons besoin de redécouvrir une foi radicale, radicalement comprise, radicalement réalisée. Nous avons besoin d’une telle foi. J’espère que votre expérience est née dans une telle perspective et qu’elle peut mener à une saine radicalisation de notre christianisme, de notre foi, à un radicalisme évangélique authentique."
C’est avec une telle intensité que nous voulons vivre le christianisme. Ainsi nous ferons surgir des vocations diocésaines que nous pourrons envoyer en mission dans d’autres Églises. "Que veux-tu que je fasse pour toi ?" demande Jésus à Bartimée. Nous voulons qu’Il nous donne une foi et un amour tels qu’ils puissent engendrer des vocations nombreuses.