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L’Apocalypse pour tous

  Publié le mardi 12 mars 2013 , par Falk Van Gaver

Par le Père Louis-Marie Guitton, responsable de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon


Puisque la dernière fin du monde n’a pas eu lieu, en attendant la prochaine, nous pouvons sans crainte parler d’apocalypse. Les débats actuels autour du mariage conduisent à quelques apocalypses très réconfortantes à bien des égards. A travers ce beau mot, il est bien sûr question de révélation ou de dévoilement.

Apocalypse d’abord d’une mobilisation bien plus profonde et durable qu’on veut bien le croire : un mouvement de fond, jeune et convaincu, citoyen certes, mais qui écoute plus volontiers les coopérateurs de la vérité que les maîtres du soupçon. « Ce ne sont pas les idéologies qui sauvent le monde, mais c’est seulement le fait de se tourner vers le Dieu vivant. » (Benoît XVI, 20 août 2005)

Un réveil au fond des consciences qui ne se satisfont plus du prêt-à-penser, des modes passagères et de l’opinion du moment. A ces jeunes followers, Benoît XVI a posté un tweet le 23 janvier dernier : "De fausses idoles apparaissent aujourd’hui. Si les chrétiens veulent être fidèles ils ne doivent pas avoir peur d’aller à contre-courant ". Refuser la vocation d’épave et remonter le courant suppose de pouvoir s’appuyer celui dont la charge consiste précisément à pêcher ces hommes, à les encourager à temps et à contretemps : « Défendre la vie et la famille dans la société n’est en rien rétrograde, mais plutôt prophétique car cela revient à promouvoir des valeurs qui permettent le plein épanouissement de la personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26). » (Benoît XVI, 21 septembre 2012)

Apocalypse de bergers unanimes à se prononcer sur la valeur pérenne et universelle du mariage monogame, de son rôle toujours actuel de fondement de la famille, lieu privilégié de l’accueil de la vie et de l’éducation des enfants. La parole des évêques aura été déterminante dans le débat, libérant la parole et invitant les fidèles à s’engager résolument dans leur mission propre d’animation des réalités temporelles. Habitués depuis longtemps à classer leurs évêques en fonction de leurs sensibilités, à distribuer mitres et bons points, les Français ont redécouvert ces docteurs authentiques de la foi apostolique, revêtus de l’autorité même du Christ : joie de voir les successeurs des apôtres s’attacher à enseigner la vérité sur le mariage d’une même voix ; joie de les voir les accompagner jusque dans la rue ! Certes il a été beaucoup répété que la question actuelle ne concernant que le mariage civil, il s’agissait d’un débat citoyen, mais l’occasion était belle de pouvoir feuilleter à nouveau les première pages de la Genèse avec le Peuple de Dieu : A l’origine… !

Apocalypse sur les véritables enjeux qui se cachent derrière la promotion du « mariage pour tous ». Chacun reconnaît en effet que la revendication du mariage pour les personnes homosexuelles ne touchera que peu de personnes. Le combat consiste d’une part à démontrer que le modèle de la famille père-mère-enfant serait dépassé et qu’il s’agirait désormais d’une réalité polymorphe. Et d’autre part que la différenciation sexuelle ne constituerait pas une réalité de nature, mais bien plutôt de culture. Derrière le mariage entre personnes homosexuelles il y a l’affirmation que le mariage ne serait qu’une construction sociale, dépendante des circonstances et de l’évolution des mœurs. Il est d’ailleurs assez facile de montrer l’existence de la polygamie et de la polyandrie comme d’autres expressions de la conjugalité. Ou encore l’inexistence du mariage en tant que tel chez les Romains, où l’élément déterminant restait l’affectus maritalis, sujet aux changements.

Au contraire, l’Eglise n’hésite pas à rappeler que « Le mariage n’est pas l’effet du hasard ou un produit de l’évolution de forces naturelles inconscientes : c’est une sage institution du Créateur pour réaliser dans l’humanité son dessein d’amour. » (Humanae vitae, 8) Face aux formes d’obscurcissement de la conscience qui n’ont jamais manqué, avec Jésus, il faut redire : « A l’origine, il n’en était pas ainsi ! » Le mariage entre l’homme et la femme tel que nous le connaissons fait bien partie de notre héritage judéo-chrétien et c’est lui qui est visé. On peine aujourd’hui à y voir plus qu’un reflet du passé, une institution conservatrice et encore plus à le reconnaître comme un don de Dieu.

Apocalypse, car « dans la lutte pour la famille, l’être humain lui-même est en jeu ». Il est tout à fait significatif que le Saint Père et le Grand Rabbin de France se soient retrouvés sur cette question, qui traduit une véritable révolution anthropologique. « Les identités où la sexuation comme donnée naturelle serait dans l’obligation de s’effacer devant l’orientation exprimée par chacun, au nom d’une lutte contre les inégalités, pervertie en éradication des différences. » Nous irions lentement vers une humanité unisexe, tout à fait indifférenciée : refus de la différence sexuelle et de l’altérité, comme une donnée purement contingente, sans aucun lien avec le réel, avec le corps. Il n’existerait tout simplement pas de nature humaine. « Selon le récit biblique de la création en revanche, il appartient à l’essence de la créature humaine d’avoir été créée par Dieu comme homme et comme femme. Cette dualité est essentielle pour le fait d’être une personne humaine, telle que Dieu l’a donnée. »

S’attaquer à cette différence fondamentale, c’est s’attaquer à l’image de Dieu en l’homme : « Homme et femme il les créa. » (Gen 1, 27) La sexualité dans la Genèse n’est aucunement le reliquat d’une hypothétique et hasardeuse parenté avec le monde simiesque, mais bien le reflet lumineux en la personne humaine de la vie divine. Le sexe, c’est ce qui fait ressembler à Dieu ! Il n’est pas anodin que le Catéchisme de l’Eglise Catholique pose comme base de sa partie morale l’homme image de Dieu. C’est toute la morale chrétienne qui vacille si l’on refuse d’accueillir la différence sexuelle comme une richesse de toute la personne et de reconnaître l’homme comme créature faite à la ressemblance de Dieu. Les différentes théories du gender ne seraient-elles pas issues d’une pure intelligence ? Seul un esprit asexué pouvait concevoir une telle haine du sexe et de la complémentarité des corps, appelés à parler langage de l’amour et à s’exprimer dans le don mutuel. Seul le démon peut mépriser à ce point le sexe.

Apocalypse enfin, car les batailles politiques sont bien dérisoires face à la victoire déjà acquise du Christ ressuscité ! Il nous appartient de nous tenir prêts à rendre compte de l’espérance qui est en nous, avec douceur et respect, mais aussi avec audace et conviction. Croire en Jésus, c’est être déjà assuré de la victoire (cf 1 Jean 5, 4-5) ! Il n’y a pas de doute à avoir sur l’issue de ce combat. A Fatima, Notre-Dame du Rosaire confiait aux jeunes bergers : « A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ! » « La victoire – quand elle viendra – viendra par Marie » rappelait enfin le bienheureux pape Jean-Paul II dans son Testament (18 mars 2000).











 
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