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L’Onction des malades, un sacrement méconnu

  Publié le jeudi 24 septembre 2015 , par Philippe Roy

Résumé complet de "L’entretien du jeudi" du 24 septembre.


La maladie.

La maladie et la souffrance ont toujours été parmi les problèmes les plus graves qui nous éprouvent. La maladie est une constatation fondamentale de notre finitude, de notre précarité ; c’est un rappel, une annonce de la mort à venir.
Dans la Sainte Ecriture, la maladie est considérée comme une conséquence du péché ; Jésus y voit un signe de la domination du démon, parce qu’elle est une conséquence du péché originel. (Cf. Gn. 3, 16-19 ; Lc. 13, 16 ; Jn. 9, 3).
Les guérisons effectuées par Jésus sont des signes messianiques. Jésus lui-même l’affirme quand les messagers de Saint Jean-Baptiste lui demandent de confirmer qu’il est le Messie : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent et les morts ressuscitent…  ». Nous avons là une allusion aux miracles annoncés par Isaïe comme devant marquer le temps du salut.
Aussi, le Seigneur ne se contente pas de guérir les malades, il vient guérir le mal à la racine qui est le péché. Le Christ est venu sauver l’homme tout entier, âme et corps (cf. Mt. 9, 2-6). Cette lutte contre le mal va s’achever par la victoire de la mort et de la résurrection.
La victoire sur la maladie signifie la victoire sur la manifestation du péché dans le monde.

L’Onction des Malades.

Saint Jacques écrit : « Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les presbytres de l’Eglise, et qu’ils prient sur lui en l’oignant de l’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le malade ; le Seigneur le rétablira et, s’il a commis des péchés, ils lui seront remis. » (Jac. 5, 14-15).
-> Nous avons dans ce texte les caractéristiques d’un sacrement, promulgué par Saint Jacques (institué par le Christ). Nous avons un signe sensible accompagné de la prière (geste et parole) qui produisent des effets spirituels et parfois corporels. Cela est fait au nom du Seigneur, ce n’est pas une guérison liée à un don particulier, mais une action habituelle de l’Eglise.

Que dit l’Eglise ?

« Par l’onction sacrée des malades et la prière des prêtres, l’Eglise tout entière recommande les malades au Seigneur souffrant et glorifié, pour qu’il les soulage et les sauve. Bien plus, elle les exhorte à s’associer volontairement à la passion et à le mort du Christ, pour contribuer au bien du Peuple de Dieu. » (Vatican II, Lumen Gentium n°11).
« L’Onction des Malades peut être administrée au fidèle qui, parvenu à l’usage de la raison, commence à se trouver en danger pour cause de maladie ou de vieillesse. » (CIC canon 1004 §1).
->le sacrement des malades n’est pas centré uniquement sur la préparation à la mort, mais elle vise toute cette vie de malade et son réconfort.

Ce que l’Eglise demande.

L’Eglise insiste beaucoup pour que les chrétiens comprennent, aiment et reçoivent les sacrements car ils sont les canaux ordinaires de la grâce de Dieu.
L’onction des malades est un secours de Dieu pour endurer avec le Christ une situation délicate. « Dans le sacrement des malades, en particulier par la grâce de l’Esprit Saint, l’homme tout entier est aidé pour son salut. Par l’onction, les malades reçoivent de l’Esprit Saint un renouveau de confiance en Dieu et des forces nouvelles contre la tentation… Dans le trouble où peut le mettre une maladie sérieuse, le chrétien a particulièrement besoin de cette grâce pour être en paix, garder son courage, lutter contre le mal, continuer à vivre sa foi, apporter sa part au bien du peuple, et retrouver la santé si Dieu en dispose ainsi. Si c’est nécessaire le sacrement lui apporte aussi le pardon des péchés et mène à son achèvement sa démarche pénitentielle de chrétien.  » (rituel PR 6)

Les effets du sacrement.

Comme pour les autres sacrements l’onction des malades augmente la grâce sanctifiante (pourvue, bien sur, que la personne soit en état de grâce ; d’où l’importance de se confesser auparavant). Cependant, par exception, l’onction des malades peut pardonner les péchés mortels que le malade n’a pas pu confesser (un mourant, un comateux, un accidenté…). Cela suppose la contrition (regret du péché) chez la personne et la volonté de se confesser.
L’onction des malades vient compléter l’œuvre de réconciliation avec Dieu suite à la confession, car il reste souvent une faiblesse spirituelle en nous.
Le sacrement vient fortifier l’âme du malade afin qu’il puisse affronter avec sens surnaturel, paix et courage les difficultés de la maladie et peut-être la mort. Ou accepter avec joie les ennuis de plus en plus insistants de l’âge.
Le sacrement aide à s’adonner avec confiance à la miséricorde de Dieu (cf. les personnes angoissées qui retrouvent la paix et la confiance, le réconfort de l’âme après réception du sacrement).
Par le sacrement, le malade unit ses souffrances à celles de la Passion rédemptrice du Christ, il est comme “consacré” pour porter du fruit en étant configuré au Christ souffrant. Il participe à l’œuvre salvifique de Jésus ; il en découle une grâce ecclésiale.
Parfois, la grâce sacramentelle contribue à recouvrer la santé du corps si cela est bon pour la vie spirituelle de la personne.

Qui peut recevoir ce sacrement ?

Les personnes malades baptisées, parvenues à l’âge de raison, en état de grâce (cf. ci-dessus) :
qui commencent à être en danger de mort – même lointain – par maladie ou par vieillesse ;
quelqu’un qui va être opéré peut recevoir l’onction des malades, si la maladie est cause de l’intervention chirurgicale (le danger doit se trouver dans le corps de la personne elle-même) ;
il est possible de donner le sacrement à un malade qui a perdu connaissance et dont l’on suppose qu’il aurait demandé le sacrement, mais il est de beaucoup préférable de le recevoir en toute connaissance .

Quand recevoir ce sacrement ?

Il arrive souvent que des personnes pouvant recevoir ce sacrement meurent sans le recevoir ou ne le reçoivent qu’au dernier moment, par négligence ou par une affection mal comprise de l’entourage. L’onction des malades n’a jamais tué personne, bien au contraire… Ne mettons pas d’obstacle à la grâce de Dieu. C’est le Seigneur qui a voulu ce sacrement pour notre bien (à n’en pas douter) ; ne pas en faciliter la réception est une faute.
N’attendons pas trop, car alors tout est plus difficile (même de trouver un prêtre), et préparons le malade à la réception de ce sacrement.

Conclusion.

Lorsque nous sommes malades ou qu’un proche est malade, ne tardons pas pour lui apporter le secours des sacrements dont il a besoin ; chassons la peur et proposons l’onction des malades qui apportera courage et paix à l’âme.
Pendant que nous sommes en bonne santé, manifestons à notre entourage notre volonté de recevoir ce sacrement en temps opportun.
« “L’extrême onction”, que l’on peut appeler aussi et mieux l’onction des malades, n’est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à toute extrémité. Aussi, le temps opportun pour la recevoir est-il certainement déjà arrivé lorsque le fidèle commence à être en danger de mort à cause de la maladie par suite d’affaiblissement physique ou de vieillesse.  » (Vatican II, Sacrosanctum Concilium n°73).










 

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