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La joie de la Mission ( partie 3/3)

Partie 3/3

  Publié le mardi 24 mars 2015 , par André Robert

Conférence du père Frédéric Forel - Paroisse Saint - Cyprien -Toulon-


Jean Paul II notait que «  le missionnaire est convaincu qu’il existe déjà, tant chez les individus que chez les peuples, grâce à l’action de l’Esprit, une attente, même inconsciente, de connaître la vérité sur Dieu, sur l’homme, sur la voie qui mène à la libération du péché et de la mort. L’enthousiasme à annoncer le Christ vient de la conviction que l’on répond à cette attente  ». L’enthousiasme dans l’évangélisation se fonde sur cette conviction.

Nous disposons d’un trésor de vie et d’amour qui ne peut tromper, le message qui ne peut ni manipuler ni décevoir. C’est une réponse qui se produit au plus profond de l’être humain et qui peut le soutenir et l’élever. C’est la vérité qui ne se démode pas parce qu’elle est capable de pénétrer là où rien d’autre ne peut arriver.

La troisième motivation pour évangéliser est que l’on ne peut persévérer dans une évangélisation fervente, si on n’est pas convaincu, en vertu de sa propre expérience,
- qu’avoir connu Jésus n’est pas la même chose que de ne pas le connaître,
- que marcher avec lui n’est pas la même chose que marcher à tâtons,
- que pouvoir l’écouter ou ignorer sa Parole n’est pas la même chose,
- que pouvoir le contempler, l’adorer, se reposer en lui, ou ne pas pouvoir le faire n’est pas la même chose.

Nous savons bien qu’avec lui la vie devient beaucoup plus pleine et qu’avec lui, il est plus facile de trouver un sens à tout. C’est pourquoi nous évangélisons. Le véritable missionnaire, qui ne cesse jamais d’être disciple, sait que Jésus marche avec lui, parle avec lui, respire avec lui, travaille avec lui. Il ressent Jésus vivant avec lui au milieu de l’activité missionnaire. Si quelqu’un ne le découvre pas présent au cœur même de la tâche missionnaire, il perd aussitôt l’enthousiasme et doute de ce qu’il transmet, il manque de force et de passion. Et une personne qui n’est pas convaincue, enthousiaste, sûre, amoureuse, ne convainc personne.

Enfin, quatrième motivation pour évangéliser, selon le Saint Père dans son Exhortation, c’est qu’unis à Jésus, cherchons ce qu’il cherche, aimons ce qu’il aime. Au final, si nous sommes missionnaires, c’est avant tout parce que Jésus nous a dit : «  C’est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit » (Jn 15, 8). Au-delà du fait que cela nous convienne ou non, nous intéresse ou non, nous soit utile ou non, au-delà des petites limites de nos désirs, de notre compréhension et de nos motivations, nous évangélisons pour la plus grande gloire du Père qui nous aime.

Après ces quatre orientations données comme un guide du missionnaire du Christ, François enseigne que pour être d’authentiques évangélisateurs, il convient aussi de développer le goût spirituel d’être proche de la vie des gens, jusqu’à découvrir que c’est une source de joie supérieure. Et de citer Benoît XVI son prédécesseur dans son encyclique ‘Dieu est Amour’ : «  Fermer les yeux sur son prochain rend aveugle aussi devant Dieu » et que l’amour est la source de l’unique lumière qui «  illumine sans cesse à nouveau un monde dans l’obscurité et qui nous donne le courage de vivre et d’agir ».

Ainsi, quand nous vivons la mystique de nous approcher des autres, afin de rechercher leur bien, nous dilatons notre être intérieur pour recevoir les plus beaux dons du Seigneur. Chaque fois que nous rencontrons un être humain dans l’amour, nous nous mettons dans une condition qui nous permet de découvrir quelque chose de nouveau de Dieu. Chaque fois que nos yeux s’ouvrent pour reconnaître le prochain, notre foi s’illumine davantage pour reconnaître Dieu. Il en ressort que, si nous voulons grandir dans la vie spirituelle, nous ne pouvons pas cesser d’être missionnaires.

L’expérience d’œuvrer concrètement à l’évangélisation :
- enrichit l’esprit et le cœur,
- nous ouvre des horizons spirituels,
- nous rend plus sensibles pour reconnaître l’action de l’Esprit,
- nous fait sortir de nos schémas spirituels limités.

En même temps, un missionnaire pleinement dévoué, expérimente dans son travail le plaisir d’être une source, qui déborde et rafraîchit les autres. Seul celui qui se sent porter à chercher le bien du prochain, et désire le bonheur des autres, peut être missionnaire. Cette ouverture du cœur est source de bonheur, car «  il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Ac 20, 35). Personne ne vit mieux en fuyant les autres, en se cachant, en refusant de compatir et de donner, en s’enfermant dans le confort.

Avec la question du réchauffement de la planète, nous prenons davantage conscience que nous, c’est-à-dire l’humanité entière, sommes dans la même embarcation, nous dépendons les uns des autres, nous sommes responsables les uns des autres. Donc, en tant que disciple missionnaire, je découvre que je suis une mission sur cette terre, et pour cela je suis dans ce monde. Je dois reconnaître que je suis comme marqué au feu par cette mission afin d’éclairer, de bénir, de vivifier, de soulager, de guérir, de libérer.
Là apparaît l’infirmière dans l’âme, le professeur dans l’âme, le politique dans l’âme, ceux qui ont décidé, au fond, d’être avec les autres et pour les autres. Toutefois, si une personne met d’un côté son devoir et de l’autre sa vie privée, tout deviendra triste, et elle vivra en cherchant sans cesse des gratifications ou en défendant ses propres intérêts. Elle cessera d’être peuple.

Le Saint Père ajoute que pour partager la vie des gens et nous donner généreusement, nous devons reconnaître aussi que chaque personne est digne de notre dévouement. Ce n’est ni pour son aspect physique, ni pour ses capacités, ni pour son langage, ni pour sa mentalité ni pour les satisfactions qu’elle nous donne, mais plutôt parce qu’elle est œuvre de Dieu, sa créature. Il l’a créée à son image, et elle reflète quelque chose de sa gloire. Tout être humain fait l’objet de la tendresse infinie du Seigneur, qui habite dans sa vie. Jésus Christ a versé son précieux sang sur la croix pour cette personne. Au-delà de toute apparence, chaque être est infiniment sacré et mérite notre affection et notre dévouement. C’est pourquoi, si je réussis à aider une seule personne à vivre mieux, cela justifie déjà le don de ma vie. C’est beau d’être un peuple fidèle de Dieu. Et nous atteignons la plénitude quand nous brisons les murs, pour que notre cœur se remplisse de visages et de noms !

Nous approchons de la solennité de St Joseph. Voilà une merveilleuse occasion de lui demander son intercession pour obtenir cette grâce de la joie missionnaire dans nos lieux de vie et à commencer dans notre propre cœur. « Chrétien isolé, chrétien en danger » disait le P. Marin. La joie est contagieuse parce que l’amour est contagieux.

Merci de votre attention.
Conférence de Carême, Cathédrale Notre-Dame de La Seds - Toulon
Toulon, le 15 Mars 2015.


La Joie de la Mission ( Partie 1/3)
La joie de la Mission ( partie 2/3)







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