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La vie consacrée : une question de foi et d’amour à l’école de Jésus-Eucharistie

par le père Nicolas Buttet

  Publié le mercredi 13 février 2013 , par Françoise Girard

Le Père Nicolas Buttet, fondateur de la fraternité Eucharistein, installée dans le Var à La Martre, a donné une conférence sur la vie consacrée à l’occasion de la journée qui lui est dédiée le 2 février 2013.
Retrouvez ici le texte de cette conférence.


La vie religieuse, une question de foi !

La consécration religieuse n’est pas ce que nous en pensons ou ce que nous en vivons. Elle est d’abord ce que Dieu en pense et ce que, par son Eglise, le Seigneur nous demande de vivre à la suite du Christ. La connaissance de ce qu’est une vie consacrée ne nous est donc pas acquise par la raison. Elle nous est révélée et connue par la foi.

Trop souvent nous sommes tentés de réduire à nos petitesses, à nos échecs, à nos limites, la vocation qui est la nôtre. L’extrême décalage entre ce que nous vivons et ce que nous sommes appelés à vivre provoque nécessairement une sorte de dissonance cognitive. La modernité et ses mythes - la santé, l’absence de souffrance et l’indépendance individuelle – marquent aussi profondément le chemin de la vie religieuse.

Une authentique formation religieuse

Le religieux est appelé à revêtir le Christ dans sa pauvreté, son amour et son obéissance. Voilà pour l’essentiel ! La formation religieuse ne consiste donc non pas tant à acquérir des idées sur la foi ou des connaissances sur Dieu. Benoît XVI faisait récemment part à des théologiens que sa grande crainte était justement « l’intellectualisation de la foi » qui nous permettait l’esquive : éviter de vivre la radicalité de l’Evangile. « Du fait que la finalité de la vie consacrée consiste à être configuré au Seigneur Jésus dans son oblation totale de lui-même, c’est à cela surtout que doit tendre la formation. Il s’agit d’un itinéraire qui permet de s’approprier progressivement les sentiments du Christ envers son Père ». (Vita consecrata, §65)

La foi nous dit que l’appel à la sainteté n’est pas un idéal de réalisation du moi. Il est un exode pour entrer dans la terre de Dieu ; une extase du moi pour se tourner vers les autres. Nous pourrions cependant nous décourager en voyant la distance qui sépare notre état et notre façon de vivre avec le projet de Dieu pour nous ! C’est à cette jointure, à cette blessure, à cette fêlure, à cette tension que se situe le tournant de notre vie consacrée. Il s’agit alors de s’engager résolument dans la vie théologale, « conscient de notre misère mais confiant jusqu’à l’audace en sa bonté de Père », disait sainte Thérèse de Lisieux.

L’appel à la folie du cœur

En 2006, le pape Benoît XVI recevait en audience quelques 1500 supérieurs généraux des Instituts de vie consacrée et de Sociétés de vie apostolique. Il s’est livré à une merveilleuse méditation sur la vie consacrée. Ecoutons quelques extraits : « Les hommes et les femmes consacrés ont aujourd’hui le devoir d’être des témoins de la présence transfigurante de Dieu dans un monde de plus en plus désorienté et confus, un monde où les nuances ont remplacé les couleurs bien nettes et claires. Etre capable de regarder notre époque avec les yeux de la foi signifie être en mesure de regarder l’homme, le monde et l’histoire à la lumière du Christ crucifié et ressuscité, le seul capable d’orienter "l’homme qui avance parmi les conditionnements de la mentalité immanentiste et les impasses d’une logique technocratique."  » Et Benoît XVI ajoutait : «  Le Seigneur veut des hommes et des femmes libres, non conditionnés, capables de tout abandonner pour le suivre et de trouver en Lui seul tout ce qui leur est propre. Certains choix courageux sont nécessaires, au niveau personnel et communautaire, qui impriment une nouvelle discipline à la vie des personnes consacrées et les conduisent à redécouvrir la dimension totalisante de la sequela Christi »

Comment donc vivre notre vie religieuse à l’école de l’Eucharistie ?

- 1) L’eucharistie est d’abord un exemple pour la vie religieuse. L’abaissement du Christ à la croix et à l’eucharistie doit devenir le cœur de notre contemplation religieuse. « Sa façon d’être Dieu provoque notre façon d’être homme » disait Benoît XVI. Sa kénose, son être de serviteur deviennent le modèle même de la vie religieuse.
- 2) L’eucharistie est la finalité de la vie religieuse : une communion d’amour avec Dieu et avec nos frères et sœurs.
- 3) L’eucharistie est la source de la vie religieuse car l’eucharistie, contient l’auteur de la grâce, Jésus en personne. Elle est aussi le lieu de « transfusion » de cette vie divine dans notre humanité.
- 4) L’eucharistie est le modèle de notre vie religieuse. Dans l’eucharistie, Jésus se fait obéissant à la volonté du Père. Il se révèle dans la plénitude de ce qu’il est : le fils du Père. Il entre pleinement dans le dessein de son Père : sauver tous les hommes. L’eucharistie devient ainsi école de liberté où nous apprenons le langage du don de soi pour le salut du monde. Cette liberté s’exprime par l’obéissance filiale au Père qui fait de nous ses enfants et nous fait entrer dans sa joie de son Royaume.
- 5) L’eucharistie est comme la cause matérielle de notre sanctification. La pauvreté du pain transformé en Corps de Jésus est, analogiquement, notre réalité : la pauvreté de notre être, la misère de notre vie sont appelées à être offertes à Dieu comme « matière première » pour la grâce de la transfiguration. Comme le pain devient Jésus, ainsi sommes nous appelés à reproduire la vie du Christ en nos propres vies.
- 6) Enfin, l’eucharistie nous invite à vivre l’essentiel de notre mission dans le monde : proclamer le primat de Dieu par l’adoration. Le monde nouveau ne se façonne pas dans les laboratoires mais dans les oratoires. « Maintenant, il faut se mettre à l’œuvre, sauver les âmes par la divine Eucharistie et réveiller la France et l’Europe engourdies dans un sommeil d’indifférence parce qu’elles ne connaissent pas le don de Dieu, Jésus, l’Emmanuel eucharistique. C’est la torche de l’amour qu’il faut porter dans les âmes tièdes, et qui se croient pieuses et ne le sont pas parce qu’elles n’ont pas établi leur centre et leur vie dans Jésus Eucharistique » (Saint Pierre Julien Eymard).











 
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