"Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire".
Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens
Publié le mercredi 12 janvier 2011

Discours du pape Benoît XVI aux membres du corps diplomatique accrédités près le Saint-Siège, le 10 janvier dernier :
Afin de promouvoir le plein respect de la liberté religieuse pour tous, le pape Benoît XVI énumère quelques principes dont le Saint-Siège, avec toute l’Eglise catholique, s’inspire dans son activité auprès des Organisations Internationales intergouvernementales.
Le pape souligne avant tout qu’il ne peut avoir une sorte d’échelle d’intolérance grave plus grave le plus grave dans la gravité de l’intolérance envers les religions :
« En premier lieu, c’est la conviction que l’on ne peut créer une sorte d’échelle dans la gravité de l’intolérance envers les religions. Malheureusement, une telle attitude est fréquente, et ce sont précisément les actes discriminatoires contre les chrétiens qui sont considérés comme moins graves, moins dignes d’attention de la part des gouvernements et de l’opinion publique ».
En second lieu, la pape Benoît XVI réfute la volonté de ceux qui veulent opposer la liberté religieuse aux autres droits de l’homme : « En même temps, on doit aussi refuser le contraste périlleux que certains veulent instaurer entre le droit à la liberté religieuse et les autres droits de l’homme, oubliant ou niant ainsi le rôle central du respect de la liberté religieuse dans la défense et la protection de la haute dignité de l’homme ».
De la même manière, le pape refuse les tentatives d’opposer au droit à la liberté religieuse de prétendus nouveaux droits qui ne sont en réalité que l’expression de désirs égoïstes qui ne trouvent pas leur fondement dans l’authentique nature humaine :
« Moins justifiables encore sont les tentatives d’opposer au droit à la liberté religieuse de prétendus nouveaux droits, activement promus par certains secteurs de la société et insérés dans des législations nationales ou dans des directives internationales, mais qui ne sont, en réalité, que l’expression de désirs égoïstes et ne trouvent pas leur fondement dans l’authentique nature humaine ».
Le pape Benoît XVI affirme clairement que la liberté religieuse comme norme fondamentale de la vie sociale doit trouver application et respect à tous les niveaux et dans tous les domaines :
« Enfin, il faut affirmer qu’une proclamation abstraite de la liberté religieuse n’est pas suffisante : cette norme fondamentale de la vie sociale doit trouver application et respect à tous les niveaux et dans tous les domaines ; autrement, malgré de justes affirmations de principe, on risque de commettre de profondes injustices à l’égard des citoyens qui souhaitent professer et pratiquer librement leur foi ».
La promotion d’une pleine liberté religieuse des communautés catholiques est aussi le but que recherche le Saint-Siège quand il conclut des concordats ou autres accords.
« Je me réjouis que des Etats de diverses régions du monde et de diverses traditions religieuses, culturelles et juridiques choisissent le moyen de Conventions internationales pour organiser les rapports entre la communauté politique et l’Eglise catholique, établissant par le dialogue le cadre d’une collaboration dans le respect des compétences réciproques. L’année dernière, a été conclu et est entré en vigueur un Accord pour l’assistance religieuse des fidèles catholiques des forces armées en Bosnie-Herzegovine, et des négociations sont actuellement en cours dans divers pays. Nous en espérons une issue positive, assurant des solutions respectueuses de la nature et de la liberté de l’Eglise pour le bien de toute la société ».
L’activité des représentants pontificaux auprès des Etats et des Organisations internationales est également au service de la liberté religieuse.
« Je voudrais relever avec satisfaction que les Autorités vietnamiennes ont accepté que je désigne un représentant, qui exprimera par ses visites à la chère communauté catholique de ce pays la sollicitude du Successeur de Pierre. Je voudrais également rappeler que, durant l’année dernière, le réseau diplomatique du Saint-Siège s’est encore renforcé en Afrique, une présence stable étant désormais assurée dans trois pays où le Nonce n’est pas résident. S’il plaît à Dieu, je me rendrai encore dans ce continent, au Bénin, en novembre prochain, pour remettre l’Exhortation Apostolique qui recueillera les fruits des travaux de la deuxième Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Evêques ».
Enfin, le pape Benoît XVI dit sa conviction concernant la religion comme un facteur de paix pour la société ; il répète que l’Eglise cherche à exercer sa mission en toute liberté :
« Je voudrais enfin redire avec force que la religion ne constitue pas pour la société un problème, qu’elle n’est pas un facteur de trouble ou de conflit. Je voudrais répéter que l’Eglise ne recherche pas de privilèges, ni ne veut intervenir dans des domaines étrangers à sa mission, mais simplement exercer celle-ci avec liberté ».
Le pape Benoît XVI invite chacun à reconnaître la grande leçon de l’histoire :
« "Comment nier la contribution des grandes religions du monde au développement de la civilisation ? La recherche sincère de Dieu a conduit à un plus grand respect de la dignité de l’homme. Les communautés chrétiennes, avec leur patrimoine de valeurs et de principes, ont fortement contribué à la prise de conscience de la part des personnes et des peuples, de leur identité et de leur dignité, de même qu’à la conquête d’institutions démocratiques et à l’affirmation des droits de l’homme ainsi que des devoirs correspondants. Aujourd’hui encore, dans une société toujours plus mondialisée, les chrétiens sont appelés, non seulement à un engagement civil, économique et politique responsable, mais aussi au témoignage de leur charité et de leur foi, à offrir une contribution précieuse à l’engagement rude et exaltant pour la justice, le développement humain intégral et le juste ordonnancement des réalités humaines" [1] ».
En nommant l’exemple de la Bienheureuse Mère Teresa de Calcutta, le pape Benoît XVI souligne combien un engagement qui naît de la foi peut apporter à la société :
« Emblématique, à cet égard, est la figure de la Bienheureuse Mère Teresa de Calcutta : le centenaire de sa naissance a été célébré à Tirana, à Skopje et à Pristina comme en Inde ; un vibrant hommage lui a été rendu non seulement par l’Eglise, mais aussi par des Autorités civiles et des chefs religieux, sans compter les personnes de toutes confessions. Des exemples comme le sien montrent au monde combien l’engagement qui naît de la foi est bénéfique à toute la société ».
Le pape Benoît XVI poursuit en demandant instamment qu’aucune société humaine ne se prive volontairement de l’apport fondamental que constituent les personnes et les communautés religieuses :
« Qu’aucune société humaine ne se prive volontairement de l’apport fondamental que constituent les personnes et les communautés religieuses ! Comme le rappelait le Concile Vatican II, en assurant pleinement et à tous la juste liberté religieuse, la société pourra ainsi « "jouir des biens de la justice et de la paix découlant de la fidélité des hommes envers Dieu et sa sainte volonté" [2] ».
Le pape Benoît XVI de conclure :
« Voici pourquoi, alors que nous formons des vœux afin que cette nouvelle année soit riche de concorde et de réel progrès, j’exhorte tous, responsables politiques, chefs religieux et personnes de toutes catégories, à entreprendre avec détermination la voie vers une paix authentique et durable, qui passe par le respect du droit à la liberté religieuse dans toute son étendue ».
Voir aussi Le pape Benoît XVI et son tour d’horizon du monde : réalisme et lucidité ; Le pape Benoît XVI et son tour d’horizon du monde : réalisme et lucidité (2) et Le pape Benoît XVI et son tour d’horizon du monde : réalisme et lucidité (3).
[1] Message pour la célébration de la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2011, n. 7.
[2] Concile Vatican II, Déclaration "Dignitatis humanae", n. 6.