Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

"Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire".

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var




Les disciples d’Emmaüs

Eglise de Fréjus-Toulon - n° 106 - avril 2007

  Publié le mardi 26 juin 2007 , par Françoise Girard

A partir de l’évangile selon saint Luc 24, 13-35 (Evangile de la messe du soir de Pâques) voici une proposition de lecture du père Cristian Dornemann, responsable des propédeutiques au séminaire de La Castille.

Ce récit des disciples d’Emmaüs, unique dans les synoptiques, nous introduit d’une manière particulière à une communion profonde avec Jésus ressuscité.


L’exposé, nous amène à découvrir le Christ Vivant dans la fraction du pain. D’autre part, c’est le Christ lui-même qui nous donne la forme du kérygme [1] de l’Eglise primitive.

La péricope de Luc 24, 13-35 peut être divisée en deux parties. D’abord, une première partie plutôt "négative", dans laquelle nous voyons les disciples qui font route de Jérusalem à un village du nom d’Emmaüs. Une personne les rejoint et leur tient compagnie sur la route. Ensuite une deuxième partie, cette fois plus "positive", dans laquelle nous découvrons petit à petit l’identité de ce "marcheur" inconnu. L’évangéliste Luc veut nous montrer, plutôt qu’une apparition de Jésus ressuscité, la découverte d’une présence.

Quel a été le but de l’évangéliste ? Pourquoi nous parle-t-il avec tant d’insistance des disciples d’Emmaüs ? Nous nous rendons compte que ce récit, en comparaison avec la troisième partie du chapitre 24 (l’apparition aux Onze) n’a pas comme fonction principale de montrer une apparition "physique" de Jésus. L’apparition aux Onze est vraiment "physique" car nous voyons Jésus qui insiste particulièrement sur sa présence corporelle. Il invite les Apôtres à regarder ses mains et ses pieds qui portent en eux encore les marques de la crucifixion, à le toucher (Lc 24, 39). Il mange même avec eux (v.43). Dans notre péricope, l’apparition de Jésus est bien plus discrète, il se montre plus dans l’anonymat que dans la clarté de sa résurrection. Nous pouvons trouver trois grandes lignes d’interprétation au récit des disciples d’Emmaüs : "Jésus est vivant", "Jésus et les Ecritures" (cet aspect ne sera pas développé ici) et "Jésus et la fraction du pain".

Jésus est vivant

Ceci est le point le plus important de la péricope. Le chapitre 24 est tout entier construit sur cette certitude. Les anges disent aux femmes : "Pourquoi cherchez-vous le VIVANT parmi les morts ? Il n’est pas ici mais il est ressuscité" (Luc 24, 5-6) Ensuite le centre de notre péricope "...en disant avoir vu une vision d’anges qui disent qu’il est VIVANT" (v.23). Et enfin la corroboration des apôtres aux disciples d’Emmaüs "C’est bien vrai !, le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Simon !" (v.34). Ces trois affirmations nous montrent une même réalité : le Seigneur est vivant. Ce qui est remarquable c’est qu’on le proclame vivant : toute la foi chrétienne va être fondée sur ce témoignage. Voila que nous trouvons le sens premier du mot Evangile : la proclamation de Jésus-Christ sauveur, selon les Ecritures, pour susciter la foi.

Jésus et la fraction du pain

C’est seulement dans la fraction du pain que les disciples ont reconnu le Seigneur ressuscité. Nous découvrons une autre caractéristique de la personne de Jésus, il n’agit pas seulement par des paroles, mais par des paroles et par des gestes qui rendent la parole plus vivante et plus efficace. Si nous comparons ce récit avec celui de la multiplication des pains (Lc 9, 16) nous trouvons la même succession de verbes : prendre, bénir, rompre et donner : "Prenant alors les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, les bénit, les rompit et il les donnait aux disciples pour les servir à la foule" (Lc 9,16) Nous apercevons, à partir de l’usage du vocabulaire, que l’évangéliste veut nous montrer le mystère eucharistique. Jésus veut que nous sachions que c’est dans ce sacrement que désormais il est présent. Ainsi nous rendons plus intelligible la disparition de Jésus d’auprès de ses disciples.

Toute notre péricope est ordonnée suivant un schéma eucharistique. Nous pourrions comparer les disciples d’Emmaüs à des catéchumènes qui reçoivent la première instruction et s’ouvrent à la foi. Jésus leur explique d’abord les Ecritures, ensuite quand leur cœur est brûlant, ils assistent à la fraction du pain, c’est à ce moment-là que leurs yeux s’ouvrent : ils ont rencontré le Seigneur. Finalement, l’apparition aux disciples d’Emmaüs a moins comme but de montrer une présence physique de Jésus ressuscité, qu’une présence spirituelle, plus encore sacramentelle.

Au début du XXIème siècle serons-nous privés de cette rencontre personnelle ? Le récit d’Emmaüs est un témoignage vivant pour nous dire que tout homme baptisé au nom du Seigneur Jésus, qui participe d’une façon communautaire à la fraction du pain, à la lecture des Ecritures, peut avoir accès comme les disciples d’Emmaüs à la présence réelle de Jésus. L’Eucharistie, devient pour nous, la présence du Seigneur dans son absence, jusqu’à son retour dans la gloire.


[1] Le kérygme (du grec ancien κῆρυγμα / kêrugma, « proclamation à voix haute », de κῆρυξ / kêrux, « le héraut ») désigne l’énoncé premier de la foi, la profession de foi fondamentale des premiers chrétiens. Il se compose de trois énoncés essentiels :
- Jésus-Christ est le Messie, le fils de Dieu ;
- il est ressuscité, et celui qui parle en rend témoignage personnellement ;
- appel à la conversion.










 
Contacts | Mentions légales | Plan du site | Contributeurs | Espace privé | RSS | cef.fr | messesinfo.cef.fr | rcf.fr | webTvCn.eu | domaine-castille.fr | bonnenouvelle.fr

Conception et développement : bonnenouvelle.fr

http://www.diocese-frejus-toulon.com/Les-disciples-d-Emmaus.html