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Mariage homosexuel : Le salut vient (vraiment) des Juifs !

  Publié le mardi 12 mars 2013 , par Falk Van Gaver

Suite à l’éditorial de la Lettre de l’Observatoire de Novembre 2012, et au discours annuel de Benoît XVI à la Curie romaine, le Père Louis-Marie Guitton, responsable de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon, revient sur son analyse.


Lors de son discours annuel à la Curie romaine, l’un des plus attendus de l’année, le Pape Benoît XVI a longuement cité le « traité soigneusement documenté et profondément touchant » du Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim. Le fait que le Saint Père fasse référence si clairement à cette étude a été abondamment commenté, d’autant plus qu’elle porte sur le mariage homosexuel, l’homoparentalité et l’adoption. La chose a été maintes fois répétée : il ne s’agit pas d’abord d’une question religieuse. Aussi bien, certains affirment au nom d’une laïcité de combat, que le mariage civil seul étant en cause, les religions n’auraient pas leur mot à dire. Pour que le discours de Benoît XVI ou le dossier du Grand rabbin aient été perçus comme des exhortations à la lutte et des encouragements à une croisade, il faut une certaine dose d’aveuglement ou de mauvaise foi. Sont-ils vraiment en train de lancer leurs troupes dans la rue, « s’il en reste » aurait ajouté avec mépris le commissaire du peuple ? Comment peut-on ne retenir de l’intervention du Saint Père qu’une « violence charge » contre les nouvelles conceptions de la famille ou n’en souligner que la « dureté » des propos ?

Un dialogue raisonné avec les partisans du mariage entre personnes de même sexe est souhaitable, voire indispensable pour ne pas en rester aux slogans et aux faux arguments de type affectif qui ne font pas avancer le débat. Il ne faudrait pas en revanche que cela se fasse au détriment du message biblique, de son originalité, de son actualité et de sa nouveauté… En ne négligeant pas l’argumentation rationnelle, les Chrétiens pourraient-ils oublier ce qui leur appartient en propre, ce trésor lié à la Révélation, qui vient éclairer et purifier la raison ?

En France, il a fallu attendre que s’exprime le Grand Rabbin pour que l’on ose aller à la racine des revendications du lobby gay : la destruction pure et simple du modèle naturel du mariage et de la famille. Nous nous trouvons face au projet affiché de faire disparaître la notion même de différence sexuelle, menaçant ainsi les fondements de la société. Un retournement stupéfiant s’est même opéré : ce qui est « contre-nature » aujourd’hui, c’est penser qu’il puisse exister un modèle familial « naturel » fondé sur l’union d’un homme et d’une femme. Celui-ci ne serait pas originel, mais culturel et contingent. D’ailleurs, puisque d’autres formes de familles ont précédé la reconnaissance du modèle hétéronormé, finalement relativement récent, il serait temps de s’affranchir de cet héritage contraignant… Héritage, et c’est bien là que réside la difficulté, … biblique, pour lequel la complémentarité homme-femme est un principe structurant dans l’organisation de la société. Et le Pape et le rabbin citent explicitement la théorie du gender, selon laquelle la sexualité ne serait qu’un rôle social, sans lien avec la nature corporelle de l’homme. L’orientation sexuelle, appelée à remplacer l’identité, ne serait d’ailleurs ni définitive ni exclusive. L’humanité n’a pourtant jamais été divisée en homos et hétéros, mais seulement en hommes et femmes. La dignité inaliénable d’une personne humaine ne repose pas sur son orientation sexuelle, elle la précède.

Le Pape a parlé de « l’authentique forme de la famille, constituée d’un père, d’une mère et d’un enfant »… Terrible faute aux yeux de ceux qui ne supportent plus de voir ce terme utilisé au singulier et qui ne manquent jamais une occasion de nous dire qu’il y a plusieurs manières de « faire famille », un peu comme on rappelait il n’y a pas si longtemps qu’il était important de « faire église » ! Au-delà du mariage, c’est une redéfinition de la famille qui est en jeu : simple « réseau relationnel » (Irène Théry), elle est à inventer en fonction de ses propres désirs, un peu comme ces jeux de construction que vont recevoir les enfants à Noël (attention, pas seulement les garçons !). « Si la dualité d’homme et de femme n’existe pas comme donné de la création, alors la famille n’existe pas non plus comme réalité établie à l’avance par la création. »

Deux visions du monde et de la personne humaine s’opposent et c’est bien des racines judéo-chrétiennes dont on cherche à s’affranchir ! Cette vision est profondément biblique : la différence sexuelle et la complémentarité homme-femme sont constitutives de l’homme « créé à l’image et à la ressemblance de Dieu ». « Homme et femme il les créa » (Gen 1, 27) : c’est l’association des deux, le couple, qui reflète l’image de Dieu. Dans la Genèse, la sexualité ne se réduit pas à la simple génitalité : elle est une richesse de toute la personne, corps, cœur, esprit, sensibilité, psychologie… et renvoie à la ressemblance avec Dieu. Cette image est voulue par Dieu et bénie par lui ! « C’est dans leur union à la fois charnelle et spirituelle, rendue possible par leur différence et leur orientation sexuelle complémentaire, que l’homme et la femme reproduisent, dans l’ordre créé, l’image du Dieu Un. » (G. Bernheim) Comme le dit Benoît XVI dans Deus Caritas est, « Dans le récit biblique, l’idée que l’homme serait en quelque sorte incomplet de par sa constitution, à la recherche, dans l’autre, de la partie qui manque à son intégrité, à savoir l’idée que c’est seulement dans la communion avec l’autre sexe qu’il peut devenir complet, est sans aucun doute présente » (§ 11). A la source de la crise de la famille, il y a une conception de la personne humaine.

Benoît XVI reprend les intuitions du bienheureux Jean-Paul II lorsqu’il parle de l’urgence d’une écologie de l’homme : « La manipulation de la nature, qu’aujourd’hui nous déplorons pour ce qui concerne l’environnement, devient ici le choix fondamental de l’homme à l’égard de lui-même. » Les coïncidences médiatiques ne sont jamais complètement innocentes : le 17 novembre dernier, on aurait pu avoir l’impression à travers le prisme de la presse qu’il y avait autant de monde dans le bocage nantais pour lutter contre un projet d’aéroport que dans toute la France à la Manif’ pour tous. Pourtant, il s’agissait bien dans les deux cas de défendre la diversité… Seulement force est de constater que, s’il est correct de la promouvoir au fond des bois, il est douteux de la réclamer au sein de la famille. D’un côté, la biodiversité est promue au rang de cause planétaire, pour laquelle on désigne des ambassadeurs ; la mixité sociale et le mélange des cultures encouragées ; le communautarisme combattu ; la parité exigée… De l’autre, la différence sexuelle entre l’homme et la femme, qui permet la complémentarité de l’amour et l’épanouissement dans le don de soi à l’autre devient suspecte. Paradoxe singulier à l’heure où l’on n’en finit pas de découvrir et d’explorer les univers masculins et féminins, si riches et si complexes, source intarissable d’émerveillement… le spectacle Les hommes viennent de Mars, les femmes de Venus en est déjà à sa septième saison.

Aux différences fondamentales et fondatrices de la société que l’on retient habituellement, celle des espaces, des générations et des sexes, sans doute faut-il en rajouter une, tout aussi importante : celle qui existe entre l’homme et Dieu ! Au fond, ce qui est reproché au Pape et au rabbin, ce n’est pas tant leur discours, c’est peut-être tout simplement d’être là, de rappeler que l’homme n’est pas auto-suffisant, qu’il est un être limité et que sa liberté ne lui confère pas un pouvoir absolu sur lui-même. Pour M. Bernheim, le péché est le refus de l’altérité et de la différence, « la revendication d’adopter tous les comportements sexuels, indépendamment de la sexuation, le don premier de la nature. » Pour le Pape, « là où la liberté du faire devient la liberté de se faire soi-même, on parvient nécessairement à nier le Créateur lui-même, et enfin par là, l’homme même est dégradé dans l’essence de son être… Là où Dieu est nié, la dignité de l’être humain se dissout aussi. » Là où l’on refuse différence sexuelle, on refuse notre finitude, le caractère limité de notre état de créature… On refuse ne pas être Dieu !

La fermeture idéologique à l’égard de Dieu et l’athéisme érigé en systèmes ont montré leurs fruits au XX° siècle. Il est temps de redécouvrir que Dieu révèle l’homme à lui-même. Le christianisme est la religion de l’homme ! « Sans Dieu, l’homme ne sait où aller et ne parvient même pas à comprendre qui il est… L’humanisme qui exclut Dieu est un humanisme inhumain. » (Benoît XVI, encyclique Deus caritas est, 78) Le cardinal de Lubac disait déjà que, sans Dieu, l’homme ne pouvait qu’organiser la terre contre l’homme.

Comment ne pas se réjouir à la veille de Noël de voir cette profonde convergence avec nos frères Juifs sur ce thème crucial du mariage, de la famille et des enjeux anthropologiques. A Noël comme à Pâques, nous ne pouvons pas ne pas nous souvenir que le salut vient des Juifs et qu’à la Crèche comme à la Croix nous adorons le Roi des Juifs. Ensemble, soutenons cette complémentarité homme-femme qui se révèle de façon si belle dans le mariage, institution naturelle et divine. Soyons, non pour Le mariage pour tous, mais Tous pour le mariage[1] ! Ensemble, défilons le 13 janvier avec La Manif pour tous qui demande la suspension – c’est-à-dire le retrait en l’état – du projet de loi, et l’ouverture d’un vrai débat sur la famille et la filiation.

[1] Rejoignez les 175000 signataires de http://www.tous-pour-le-mariage.fr/











 
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