Je voudrais vous dire

"A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis. Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui." Martin Luther King

Selon un sondage Ifop publié le 22 mars dans La Croix, 65% des catholiques pratiquants estiment (...) Lire +

Yann de Rauglaudre



Message Noël 2006


15 décembre 2006  envoyer un courriel à l'auteur Mgr Dominique Rey

Message de Noël de Monseigneur Dominique REY - évêque de Fréjus-Toulon

FETE DE NOËL - 2006

"La vie nous est rendue par un enfant. Le sens de la vie, par son sourire. La joie de vivre, par l’espérance qu’il incarne."

 

Noël : Dieu que nous recevons dans le visage d’un nourrisson ! Un bébé qui nous parle de Dieu ! Face aux grands drames de notre humanité traversée par la violence et l’injustice, face aux questions essentielles que nous nous posons à nous-mêmes sur l’incertitude de l’aujourd’hui, ou la crainte du lendemain, la réponse de Dieu est paradoxale et inattendue : la présence d’un tout petit d’homme. Nous aurions espéré de magistrales explications de sa part sur les grandes énigmes de la vie, son intervention miraculeuse dans notre histoire afin d’en redresser le cours, des gestes de puissance, des paroles de sagesse…et voici un petit enfant déposé dans une mangeoire. L’innocence exposée à nos yeux, dans toute sa fraîcheur et dans toute sa nudité. En Lui retentit un appel à l’aide qu’il nous lance depuis son extrême fragilité. Voici une existence toute neuve qui nous supplie d’accueillir son vagissement ou son babillement. Un Dieu si vulnérable qui s’adresse à notre cœur. Un Dieu qui nous invite, à notre tour, à retrouver notre propre enfance oubliée. Son enfance, qui récapitule toutes nos enfances.

 

Noël bouleverse l’image que nous nous faisons du Créateur du monde. Depuis la Nativité, nous sommes invités à regarder Dieu autrement. Mais également à nous considérer les uns les autres et nous-mêmes, d’une façon si déroutante : avec les yeux d’un enfant. Emerveillement, étonnement, pureté, confiance…brillent dans ses pupilles. Le mal lui est étranger : « Ses yeux sont trop purs pour voir le mal » avait prédit à son sujet le prophète Habacuq.

 

Si Jésus a traversé toutes les périodes de la vie humaine, depuis Bethléem jusqu’au Golgotha, c’est pour sauver chacune. A Noël, il vient racheter l’enfance, notre enfance, celle que nous avons perdue, celle qui est blessée, l’enfance exploitée, torturée, déchirée, abandonnée, l’enfance sans futur, avortée, rejetée. Celle dont on a cure, parce qu’elle est encombrante ou onéreuse.

 

Que pouvons-nous attendre d’un enfant ? Il ne peut formuler encore aucune pensée. En son état, il est inapte à l’action, alors qu’a contrario, il mobilise toutes nos attentions. Mais il nous offre en partage un immense cadeau. Lui ne peut rien donner, voici qu’il nous donne lui-même. Il se donne à nous. Il nous fait le présent de sa propre vie. Il nous rappelle que toute vie est un don du ciel. « Que peut-on donner en échange de sa propre vie ? » demandera plus tard Jésus aux siens. Il leur enseignera alors que « la vie est plus que la nourriture ou le vêtement », bien plus que l’avoir, que le pouvoir ou que le savoir !

 

Noël ! La vie nous est rendue par un enfant. Le sens de la vie, par son sourire. La joie de vivre, par l’espérance qu’il incarne.

 

+ Dominique Rey - Noël 2006

 






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Eglise de Fréjus-Toulon n° 118 - mai 2008