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Message du Pape : "La Terre crie ... parceque nous avons péché."_ Temps de la Création et Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création ce 1er septembre

Du 1er septembre au 4 octobre

Paroisse Saint-Pie X à Toulon, 49 rue Henri Poincaré, 83000

  Publié le vendredi 12 août 2016 , par Patrice Quesnel

L’an dernier, le Pape François a retenu la date du 1er septembre pour instituer dans l’Eglise catholique, une « Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création ». L’initiative rejoignait celle des Eglises orthodoxes.

Depuis, conformément à la recommandation formulée au 3ème rassemblement œcuménique de Sibiu en Roumanie, les Eglises chrétiennes proposent un « temps de la création », du 1er septembre au 4 octobre. La journée mondiale de prière commune pour la sauvegarde de la Création, a lieu le 1er septembre de chaque année dans l’Eglise catholique comme chez les Orthodoxes.

Nous rappelons ci-dessous sa promulgation par le pape François en 2015, en réponse à un souhait du patriarche œcuménique orthodoxe de Constantinople, Bartholomée Ier et dans la continuité de "Laudato Si, encyclique sur la sauvegarde de la maison commune".



En 2016, message du Pape

Traduzione in lingua francese

" Usons de miséricorde envers notre maison commune "

En union avec les frères et les sœurs orthodoxes, et avec l’adhésion d’autres Églises et Communautés chrétiennes, l’Église catholique célèbre aujourd’hui l’annuelle « Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création ». Cette occasion entend offrir « à chacun des croyants et aux communautés la précieuse opportunité de renouveler leur adhésion personnelle à leur vocation de gardiens de la création, en rendant grâce à Dieu pour l’œuvre merveilleuse qu’Il a confiée à nos soins et en invoquant son aide pour la protection de la création et sa miséricorde pour les péchés commis contre le monde dans lequel nous vivons ». “1”

Il est très encourageant que la préoccupation pour l’avenir de notre planète soit partagée par les Églises et les Communautés chrétiennes avec d’autres religions. En effet, au cours des dernières années, de nombreuses initiatives ont été prises par des Autorités religieuses et par des organisations pour sensibiliser encore plus l’opinion publique aux dangers de l’exploitation irresponsable de la planète. Je voudrais mentionner ici le Patriarche Bartholomée et son prédécesseur Dimitrios, qui pendant de nombreuses années se sont prononcés constamment contre le péché de provoquer des dommages à la création, attirant l’attention sur la crise morale et spirituelle qui est à la base des problèmes environnementaux et de la dégradation. Répondant à l’attention croissante pour l’intégrité de la création, la Troisième Assemblée Œcuménique Européenne (Sibiu, 2007), proposait de célébrer un « Temps pour la Création » d’une durée de cinq semaines entre le 1 er septembre (mémoire orthodoxe de la divine création) et le 4 octobre (mémoire de François d’Assise dans l’Église catholique et dans certaines autres traditions occidentales). A partir de ce moment cette initiative, avec l’appui du Conseil Mondial des Églises, a inspiré de nombreuses activités œcuméniques dans diverses parties du monde. Ce doit être aussi un motif de joie le fait que dans le monde entier des initiatives similaires, qui promeuvent la justice environnementale, la sollicitude envers les pauvres et l’engagement responsable à l’égard de la société, font se rencontrer des personnes, surtout des jeunes, de divers contextes religieux. Chrétiens et non-chrétiens, personnes de foi et de bonne volonté, nous devons être unis pour montrer de la miséricorde envers notre maison commune – la terre – et valoriser pleinement le monde dans lequel nous vivons comme lieu de partage et de communion.

1. La terre crie…

Avec ce Message, je renouvelle le dialogue avec chaque personne qui habite cette planète au sujet des souffrances qui affligent les pauvres et la dévastation de l’environnement. Dieu nous a fait don d’un jardin luxuriant, mais nous sommes en train de le transformer en une étendue polluée de « décombres, de déserts et de saletés » (Enc. Laudato si’ , n. 161). Nous ne pouvons pas nous résigner ou être indifférents à la perte de la biodiversité et à la destruction des écosystèmes, souvent provoquées par nos comportements irresponsables et égoïstes. « A cause de nous, des milliers d’espèces ne rendront plus gloire à Dieu par leur existence et ne pourront plus nous communiquer leur propre message. Nous n’en avons pas le droit » ( ibid. n. 33).

La planète continue à se réchauffer, en partie à cause de l’activité humaine : 2015 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée et probablement 2016 le sera encore plus. Cela provoque sécheresse, inondations, incendies et événements météorologiques extrêmes toujours plus graves. Les changements climatiques contribuent aussi à la crise poignante des migrants forcés. Les pauvres du monde, qui sont aussi les moins responsables des changements climatiques, sont les plus vulnérables et en subissent déjà les effets.

Comme l’écologie intégrale le met en évidence, les êtres humains sont profondément liés les uns aux autres et à la création dans son ensemble. Quand nous maltraitons la nature, nous maltraitons aussi les êtres humains. En même temps, chaque créature a sa valeur propre intrinsèque qui doit être respectée. Écoutons « tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres » ( ibid. n. 49), et cherchons à comprendre attentivement comment pouvoir assurer une réponse adéquate et rapide.

2. …parce que nous avons péché

Dieu nous a donné la terre pour la cultiver et la garder (cf. Gn 2, 15) avec respect et équilibre. La cultiver « trop » – c’est-à-dire en l’exploitant de manière aveugle et égoïste –, et la garder peu est un péché.

Avec courage le cher Patriarche Œcuménique Bartholomée a, à maintes reprises et prophétiquement, mis en lumière nos péchés contre la création : « Que les hommes détruisent la diversité biologique dans la création de Dieu ; que les hommes dégradent l’intégrité de la terre en provoquant le changement climatique, en dépouillant la terre de ses forêts naturelles ou en détruisant ses zones humides ; que les hommes polluent les eaux, le sol, l’air : tout cela, ce sont des péchés ». En effet, « un crime contre la nature est un crime contre nous-mêmes et un péché contre Dieu ». “2”

Face à ce qui arrive à notre maison, puisse le Jubilé de la Miséricorde appeler les fidèles chrétiens « à une profonde conversion intérieure » (Enc. Laudato si’ , n. 217), soutenue de façon particulière par le Sacrement de la Pénitence. En cette Année jubilaire, apprenons à chercher la miséricorde de Dieu pour les péchés contre la création que jusqu’à maintenant nous n’avons pas su reconnaître et confesser ; et engageons-nous à accomplir des pas concrets sur la route de la conversion écologique, qui demande une claire prise de conscience de notre responsabilité à l’égard de nous-mêmes, du prochain, de la création et du Créateur (cf. ibid. nn. 10 ; 229).

3. Examen de conscience et repentir

Le premier pas sur ce chemin est toujours un examen de conscience, qui « implique gratitude et gratuité, c’est-à-dire une reconnaissance du monde comme don reçu de l’amour du Père, ce qui a pour conséquence des attitudes gratuites de renoncement et des attitudes généreuses […] Cette conversion implique aussi la conscience amoureuse de ne pas être déconnecté des autres créatures, de former avec les autres êtres de l’univers une belle communion universelle. Pour le croyant, le monde ne se contemple pas de l’extérieur mais de l’intérieur, en reconnaissant les liens par lesquels le Père nous a unis à tous les êtres » ( ibid. n. 220).

A ce Père plein de miséricorde et de bonté, qui attend le retour de chacun de ses enfants, nous pouvons nous adresser en reconnaissant nos péchés envers la création, les pauvres et les générations futures. « Dans la mesure où tous nous causons de petits préjudices écologiques », nous sommes appelés à reconnaître « notre contribution, petite ou grande, à la défiguration et à la destruction de la création »“3”. C’est le premier pas sur le chemin de la conversion.

En l’an 2000, qui fut aussi une Année jubilaire, mon prédécesseur saint Jean-Paul II a invité les catholiques à reconnaître leurs torts pour l’intolérance religieuse passée et présente, ainsi que pour les injustices commises envers les Juifs, les femmes, les peuples indigènes, les immigrés, les pauvres et les enfants à naître. En ce Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, j’invite chacun à faire de même. Comme individus, désormais habitués à des styles de vie entraînés soit par une culture mal comprise du bien-être soit par un « désir désordonné de consommer plus qu’il n’est réellement nécessaire » ( ibid. n. 123), et comme participants d’un système « qui a imposé la logique du profit à n’importe quel prix, sans penser à l’exclusion sociale ou à la destruction de la nature »“4”, repentons-nous du mal que nous faisons à notre maison commune.

Après un sérieux examen de conscience et habités par ce repentir, nous pouvons confesser nos péchés contre le Créateur, contre la création, contre nos frères et nos sœurs. « Le catéchisme de l’Église catholique nous fait voir le confessionnal comme un lieu où la vérité nous rend libres pour une rencontre »“5”. Nous savons que « Dieu est plus grand que notre péché »“6”, que tous les péchés, y compris ceux contre la création. Nous les confessons parce que nous sommes repentants et que nous voulons changer. Et la grâce miséricordieuse de Dieu que nous recevons dans le Sacrement nous aidera à le faire.

4. Changer de route

L’examen de conscience, le repentir et la confession au Père riche en miséricorde conduisent à un ferme propos de changer de vie. Et cela doit se traduire en attitudes et comportements concrets plus respectueux de la création, comme par exemple de faire un usage raisonnable du plastique et du papier, de ne pas gaspiller l’eau, la nourriture et l’énergie électrique, de trier les déchets, de traiter avec soin les autres êtres vivants, d’utiliser les transports publics et de partager un même véhicule entre plusieurs personnes, et ainsi de suite (cf. Enc. Laudato si’ , n. 211). Nous ne devons pas croire que ces efforts sont trop petits pour améliorer le monde. Ces actions « suscitent sur cette terre un bien qui tend à se répandre toujours, parfois de façon invisible » ( ibid. , n. 212) et encouragent « un style de vie prophétique et contemplatif, capable d’aider à apprécier profondément les choses sans être obsédé par la consommation » ( ibid. , n. 222).

Egalement l’intention de changer de vie doit imprégner notre manière de contribuer à construire la culture et la société dont nous faisons partie : en effet« la préservation de la nature fait partie d’un style de vie qui implique une capacité de cohabitation et de communion » ( ibid. , n. 228). L’économie et la politique, la société et la culture ne peuvent pas être dominées par une mentalité du court terme et de la recherche d’un gain financier ou électoral immédiat. Elles doivent au contraire être d’urgence réorientées vers le bien commun, qui comprend la durabilité et la sauvegarde de la création.

Un cas concret est celui de la “dette écologique” entre le Nord et le Sud du monde (cf. ibid. , nn. 51-52). Sa restitution demanderait de prendre soin de l’environnement des pays plus pauvres, leur fournissant des ressources financières et une assistance technique qui les aident à gérer les conséquences des changements climatiques et à promouvoir le développement durable.

La protection de la maison commune demande un consensus politique croissant. En ce sens, c’est un motif de satisfaction qu’en septembre 2015 les pays du monde aient adopté les Objectifs de Développement durable, et que, en décembre 2015, ils aient approuvé l’Accord de Paris sur les changements climatiques, qui fixe l’objectif exigeant mais fondamental de contenir l’augmentation de la température globale. Maintenant les gouvernements ont le devoir de respecter les engagements qu’ils ont pris, tandis que les entreprises doivent assumer leur part de façon responsable, et il revient aux citoyens d’exiger qu’il en soit ainsi, et qu’on vise même des objectifs toujours plus ambitieux.

Changer de route consiste donc à « respecter scrupuleusement le commandement originel de préserver la création de tout mal, soit pour notre bien soit pour le bien des autres êtres humains »“7”. Une question peut nous aider à ne pas perdre de vue l’objectif : « Quel genre de monde voulons-nous laisser à ceux qui nous succèdent, aux enfants qui grandissent » (Enc. Laudato si’ , n. 160).

5. Une nouvelle œuvre de miséricorde

« Rien n’unit davantage à Dieu qu’un acte de miséricorde – qu’il s’agisse de la miséricorde avec laquelle le Seigneur nous pardonne nos péchés, ou qu’il s’agisse de la grâce qu’il nous accorde pour pratiquer les œuvres de miséricorde en son nom »“8”.

Paraphrasant saint Jacques, « la miséricorde sans les œuvres est morte en elle-même. […] A cause des mutations de notre univers mondialisé, certaines pauvretés matérielles et spirituelles se sont multipliées : laissons donc place à l’imagination de la charité pour distinguer de nouvelles modalités d’action. De cette façon, la voie de la miséricorde deviendra toujours plus concrète »“9”.

La vie chrétienne inclut la pratique des œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles traditionnelles“10”. « Il est vrai que nous pensons d’habitude aux œuvres de miséricorde, séparément, et en tant que liées à une œuvre : hôpitaux pour les malades, cantines pour ceux qui ont faim, maisons d’accueil pour ceux qui sont dans la rue, écoles pour ceux qui ont besoin d’instruction, le confessionnal et la direction spirituelle pour celui qui a besoin de conseil et de pardon… Mais si nous les regardons ensemble, le message est que l’objet de la miséricorde est la vie humaine elle-même et dans sa totalité »“11”.

Évidemment la vie humaine elle-même et dans sa totalité comprend la sauvegarde de la maison commune. Donc, je me permets de proposer un complément aux deux listes traditionnelles des sept œuvres de miséricorde, ajoutant à chacune la sauvegarde de la maison commune.

Comme œuvre de miséricorde spirituelle, la sauvegarde de la maison commune demande « la contemplation reconnaissante du monde » (Enc. Laudato si’ , n. 214) qui « nous permet de découvrir à travers chaque chose un enseignement que Dieu veut nous transmettre » ( ibid. , n. 85). Comme œuvre de miséricorde corporelle, la sauvegarde de la maison commune demande les « simples gestes quotidiens par lesquels nous rompons la logique de la violence, de l’exploitation, de l’égoïsme […] et se manifeste dans toutes les actions qui essaient de construire un monde meilleur » ( ibid. , nn. 230-231).

6. En conclusion, prions

Malgré nos péchés et les terribles défis que nous avons face à nous, ne perdons jamais l’espérance : « Le Créateur ne nous abandonne pas, jamais il ne fait marche arrière dans son projet d’amour, il ne se repent pas de nous avoir créés […] parce qu’il s’est définitivement uni à notre terre, et son amour nous porte toujours à trouver de nouveaux chemins » ( ibid. , nn. 13 ; 245). En particulier le 1 er septembre, et ensuite pour tout le reste de l’année, nous prions :

« Ô Dieu des pauvres, aide-nous à secourir les abandonnés et les oubliés de cette terre qui valent tant à tes yeux. […] Ô Dieu d’amour, montre-nous notre place dans ce monde comme instruments de ton affection pour tous les êtres de cette terre ( ibid. , n. 246). Ô Dieu de miséricorde, accorde-nous de recevoir ton pardon et de transmettre ta miséricorde dans toute notre maison commune. Loué sois-tu. Amen. »

Du Vatican, 1 er septembre 2016

FRANÇOIS



Notes du texte

1 Lettre pour l’institution de la « Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création », 6 août 2015.
2 Discours à Santa Barbara, Californie (8 novembre 1997).
3 Bartholomée I, Message pour la Journée de prière pour la sauvegarde de la création (1 er septembre 2012).
4 Discours , II ème Rencontre mondiale des Mouvements populaires, Santa Cruz de la Sierra (Bolivie), 9 juillet 2015.
5 Troisième méditation , Retraite spirituelle à l’occasion du Jubilé des prêtres, Basilique Saint-Paul-hors-les murs, 2 juin 2016.
6 Audience générale , 30 mars 2016.
7 Bartholomée I, Message pour la Journée de prière pour la sauvegarde de la création (1 er septembre 2012).
8 Première méditation , Retraite spirituelle à l’occasion du Jubilé des prêtres, Basilique Saint-Jean de Latran, 2 juin 2016.
9 Audience générale , 30 juin 2016.
10 Les œuvres corporelles sont : donner à manger à ceux qui ont faim ; donner à boire à ceux qui ont soif ; vêtir ceux qui sont nus ; loger les pèlerins ; visiter les malades ; visiter les prisonniers ; ensevelir les morts. Les œuvres spirituelles sont : conseiller ceux qui doutent ; enseigner aux ignorants ; exhorter les pécheurs ; consoler les affligés ; pardonner les offenses ; supporter patiemment les personnes importunes ; prier Dieu pour les vivants et pour les morts.
11 Troisième méditation , Retraite spirituelle à l’occasion du Jubilé des prêtres, Basilique Saint-Paul-hors-les murs, 2 juin 2016.

[01352-FR.01] [Texte original : Italien]


En 2016, au niveau européen

Source : Site de l’Eglise de France

Un Temps pour la Création - Prions ensemble pour apprécier et prendre soin du don de la Création : Une déclaration commune du Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE), de la Conférence des Églises européennes (KEK) et du Réseau chrétien européen pour l’environnement (ECEN).

Le 29 août 2016.

Le respect, l’appréciation et la contemplation de la Création forment une préoccupation commune des Églises chrétiennes. A l’occasion de la Journée de la Création, le Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE) et la Conférence des Églises européennes (KEK) appellent à des prières communes et au renforcement du travail œcuménique de soin de la Création.

Selon l’Évangile, la responsabilité envers l’environnement ne peut jamais être détachée de la responsabilité envers les autres êtres humains : notre prochain, les pauvres, ou les laissés pour compte, le tout dans un véritable esprit de solidarité et d’amour. Respecter la Création ne signifie pas seulement la protection et la sauvegarde de la terre, de l’eau et d’autres parties du monde naturel. C’est aussi l’expression du respect des êtres humains qui partagent ces cadeaux et en portent la responsabilité. Nous nous efforçons par conséquent, en collaboration avec tous les chrétiens, à témoigner de Jésus-Christ avec joie, « car en lui tout a été créé, dans les cieux et sur la terre, » (Col. 1, 16).

Nous nous souvenons de la pensée de Dietrich Bonhoeffer que le problème le plus urgent auquel nos Églises sont confrontées est la façon dont nous vivons notre vie chrétienne face aux défis culturels et sociaux contemporains. Cela signifie que nous devons interagir les uns avec les autres dans le contexte du monde dans lequel nous vivons tous. Ceci est une définition originale de « oikos », qui signifie « la maison ». La « maison commune » dont nous prenons soin, est composée à la fois du monde naturel et des relations humaines.

Le Temps pour la Création du 1er Septembre au 4 Octobre (le jour de la fête de Saint François d’Assise dans la tradition occidentale) est une période spéciale dans les calendriers liturgiques pour un nombre croissant d’Églises en Europe. Au cours de cette période, nous nous souvenons du don de la Création et de notre relation avec elle. La célébration de ce temps et sa place dans le cycle de prières et de cultes chrétiens a été recommandée par la 3e Rassemblement œcuménique européen à Sibiu, en 2007. Le Réseau chrétien européen pour l’environnement (ECEN) a joué un rôle déterminant dans la promotion et l’encouragement des chrétiens à prier ensemble dans un esprit de coopération œcuménique et à agir pour le soin de la Création. L’initiative de célébrer une journée de prière pour la Création de Dieu le 1er Septembre qui, dans la tradition byzantine est le début de l’année liturgique, a commencé en 1989 par le Patriarche œcuménique Dimitrios. De même en 2015, le Pape François a déclaré le 1er Septembre Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création au sein de l’Eglise Catholique. Nous sommes confrontés aux défis urgents de la dégradation de l’environnement et du changement climatique, et encouragés par les paroles de l’encyclique du Pape François Laudato si, nous reconnaissons notre responsabilité partagée. Nous invitons chaleureusement tous les chrétiens européens, les Églises membres de la CEC et des Conférences épiscopales de CCEE, les paroisses et les communautés religieuses et toute personne de bonne volonté à se joindre au Temps pour la Création, pour célébrer ce Temps pour la Création ensemble, au sein de vos propres traditions liturgiques et souligner la foi chrétienne commune en Dieu le Créateur. Nous vous demandons, dans vos cadres respectifs, d’offrir des prières pour le don de la Création.

Rejoignez-nous dans une prière commune :

O Seigneur,

apprends-nous à prendre soin de toute la Création, protéger toute vie et partager les fruits de la terre.

Apprends-nous à partager notre travail humain avec nos frères et sœurs, surtout avec les pauvres et les personnes dans le besoin.

Accorde-nous de rester fidèle à ton Évangile à offrir avec joie à notre société dans différents pays à travers le continent l’horizon d’un avenir meilleur rempli de justice, de paix, d’amour et de beauté.

Amen.



En 2015

Dépêche de Radio Vatican du 10 août 2015 :

(RV) Une journée de prière commune pour la sauvegarde de la Création aura bien lieu : elle sera désormais célébrée le 1er septembre de chaque année.

Dans une lettre d’indiction adressée au cardinal Turkson président du Conseil Pontifical Justice et Paix et au cardinal Koch, président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, le Pape François explique son désir de répondre positivement à une demande qui avait été formulée par le patriarcat œcuménique de Constantinople. Une étape de plus dans l’appel à la conversion écologique des Chrétiens, quelques semaines après la publication de l’encyclique"Laudato Si".

« Je souhaite vous communiquer ma décision d’instituer également dans l’Église catholique une “Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création”. À partir de cette année, cette journée sera célébrée le 1er septembre, comme cela se produit déjà au sein de l’Église orthodoxe. »

C’est par ses mots que le Pape François a fait part de sa volonté de répondre positivement au métropolite Jean de Pergame, qui au nom du patriarcat de Constantinople avait émis le désir d’une journée commune. Dans cette lettre, le Pape rappelle, comme il l’a fait dans son encyclique Laudato Si, combien les chrétiens sont appelés à une « conversion écologique ».

« Cette journée de prière offrira à chacun des croyants et aux communautés la précieuse opportunité de renouveler leur adhésion personnelle à leur vocation de gardiens de la création, précise le Souverain Pontife, et sera surtout l’occasion de témoigner de notre communion croissante avec nos frères orthodoxes.  » Mais le Pape souhaite également que d’autres Églises et Communautés ecclésiales rejoignent cette initiative, en particulier que cette journée soit célébrée en accord avec les initiatives que le Conseil Œcuménique des Églises organise sur ce thème. Pour cela, le pape charge les conseils pontificaux Justice et Paix, et pour la Promotion de l’Unité des chrétiens, de sensibiliser à cette journée, pour qu’elle soit un temps fort de prière, de réflexion et de conversion.


Le texte intégral de la lettre du Pape

Voici le texte intégral en français de cette lettre, adressée aux cardinaux Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, et Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens.

« Partageant avec mon frère bien-aimé le Patriarche Œcuménique Bartholomée la même inquiétude pour l’avenir de la création (cf Lett. Enc. Laudato si’, 7-9), et accueillant la suggestion de son représentant, le Métropolite Jean de Pergame, qui est intervenu à la présentation de l’Encyclique Laudato si’ sur la protection de notre maison commune, je souhaite vous communiquer ma décision d’instituer également dans l’Église catholique une “Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création”. A partir de cette année, cette journée sera célébrée le 1er septembre, comme cela se produit déjà au sein de l’Église orthodoxe.

En tant que chrétiens, nous souhaitons offrir notre contribution à la résolution de la crise écologique à laquelle l’humanité est actuellement confrontée. Pour cela nous devons avant tout puiser dans notre riche patrimoine spirituel les motivations qui nourrissent la passion pour la sauvegarde de la création, en n’oubliant jamais que pour les croyants en Jésus Christ, Verbe de Dieu qui s’est fait homme pour nous, « la spiritualité n’est déconnectée ni de notre propre corps, ni de la nature, ni des réalités de ce monde ; elle se vit plutôt avec celles-ci et en elles, en communion avec tout ce qui nous entoure » (ibid., 216) . La crise écologique nous appelle donc à une conversion spirituelle profonde : les chrétiens sont appelés à une « conversion écologique, qui implique de laisser jaillir toutes les conséquences de leur rencontre avec Jésus-Christ sur les relations avec le monde qui les entoure » (ibid., 217). En effet, « Vivre la vocation de protecteurs de l’œuvre de Dieu est une part essentielle d’une existence vertueuse ; cela n’est pas quelque chose d’optionnel ni un aspect secondaire dans l’expérience chrétienne » (ibid).

La Journée Mondiale annuelle de Prière pour la Sauvegarde de la Création offrira à chacun des croyants et aux communautés la précieuse opportunité de renouveler leur adhésion personnelle à leur vocation de gardiens de la création, en rendant grâce à Dieu pour l’œuvre merveilleuse qu’Il a confiée à nos soins et en invoquant son aide pour la protection de la création, et sa miséricorde pour les péchés commis contre le monde dans lequel nous vivons. La célébration de cette Journée à la même date que l’Église orthodoxe sera une occasion profitable pour témoigner de notre communion croissante avec nos frères orthodoxes. Nous vivons à une époque où tous les chrétiens sont confrontés à des défis identiques et importants, auxquels nous devons apporter des réponses communes pour être plus crédibles et efficaces. C’est pourquoi je souhaite que d’autres Églises et Communautés ecclésiales puissent être impliquées elles aussi d’une manière ou d’une autre et que cette journée soit célébrée en accord avec les initiatives que le Conseil Œcuménique des Églises organise sur ce thème.

Je demande au Cardinal Turkson, Président du Conseil pontifical Justice et Paix, d’informer les Commissions Justice et Paix des Conférences épiscopales ainsi que les Organisations nationales et internationales engagées dans le domaine écologique, de l’institution de la Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création, afin qu’en harmonie avec les exigences et les situations locales, la célébration soit organisée comme il se doit avec la participation de tout le Peuple de Dieu : prêtres, religieux, religieuses et fidèles laïcs. Dans ce but, le Dicastère veillera, en collaboration avec les Conférences épiscopales, à mettre en place des initiatives opportunes de promotion et d’animation, afin que cette célébration annuelle soit un temps fort de prière, de réflexion, de conversion et d’adoption d’un style de vie cohérent.

Je demande au Cardinal Koch, Président du Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, de prendre les contacts nécessaires avec le Patriarcat Œcuménique et avec les autres instances œcuméniques afin que cette Journée Mondiale puisse devenir un signe du chemin parcouru ensemble par tous les croyants en Jésus Christ. Le Dicastère aura la charge d’assurer la coordination avec les initiatives similaires entreprises par le Conseil Œcuménique des Églises.

Alors que je souhaite la plus vaste collaboration pour le meilleur lancement et développement de la Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création, j’invoque l’intercession de la Mère de Dieu, la Très Sainte Vierge Marie, et de Saint François d’Assise dont le Cantique des Créatures pousse tant d’hommes et de femmes de bonne volonté à vivre dans la louange du Créateur et le respect de la Création. Je confirme ces vœux par la Bénédiction Apostolique que je vous donne de tout cœur, Messieurs les Cardinaux ainsi qu’à ceux qui collaborent avec votre ministère.

Cité du Vatican, 6 août 2015

Fête de la Transfiguration du Seigneur »

(Tratto dall’archivio della Radio Vaticana)








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