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(Rituel de l’ordination)

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Montée vers Pâques, première soirée

Première soirée : Lumen gentium

  Publié le mardi 27 août 2013 , par Henri Gouraud

Samedi 16 février 2013 à Ste-Madeleine : « L’Eglise, un mystère... »




LUMEN GENTIUM

Première soirée - 16 février 2013

Introduction

par P Benoît Moradei

Nous sommes à un moment très particulier de l’histoire de l’Eglise :
-  50 ans de l’ouverture du concile Vatican II (1962-1965)
-  année de la foi, synode sur la nouvelle évangélisation
-  « démission » du pape Benoît XVI et élection d’un nouveau pape

Nous allons vivre au rythme de l’Eglise universelle.
Après le choc de l’annonce de Benoît XVI, nous entrons dans les derniers rendez-vous du pape avec son entourage. Ce jeudi 14 février, le pape, qui est d’abord évêque de Rome, a rencontré les prêtres et diacres de son diocèse. Et pendant 50 minutes il leur a parlé très librement du Concile Vatican II en disant ceci en particulier : il faut passer du Concile des Médias au Concile de la Foi.
Et alors que « le Concile des Pères se réalisait à l’intérieur de la foi », celui des journalistes « se réalisait à l’intérieur des catégories des médias d’aujourd’hui », c’est-à-dire dans une herméneutique « politique » qui voyait une « lutte de pouvoir entre les divers courants dans l’Eglise ».
Ce « Concile des médias » s’est imposé dans la société en créant de nombreux problèmes pour la mise en pratique du « vrai Concile » : « le Concile virtuel était plus fort que le Concile réel », a-t-il déploré. Mais Benoît XVI a souligné avec optimisme que « la force réelle du Concile » devient peu à peu la vraie force capable de renouveler l’Eglise » : aujourd’hui, a-t-il constaté, 50 ans après, « le concile virtuel s’efface » et « apparaît le vrai Concile avec toute sa force spirituelle ».
Il a invité, en cette Année de la foi, à « travailler pour que le vrai Concile, avec la force de l’Esprit Saint, se réalise », et que « l’Eglise se renouvelle » : « espérons que le Seigneur nous aide », a-t-il conclu, assurant qu’une fois « retiré dans la prière », il sera « toujours avec vous, et nous avançons avec le Seigneur, dans la certitude : le Seigneur vainc ».

Les 2 questions que je me poserai dans cette introduction à cette première soirée seront :
-  qu’est-ce que le Concile Vatican II ?
-  qu’est-ce que l’Eglise ?

Sur le 1er point, je viens de donner la position du pape actuel : nous n’allons pas lancer Vatican III étant donné que nous n’avons pas encore ni lu ni reçu Vatican II ! On dit qu’il faut 50 ans pour mettre un concile en application, Vatican II ne déroge pas à la règle. Pendant ce carême nous allons donc nous mettre au travail, un travail spirituel de lecture, de compréhension, d’approfondissement, de conversion… pour devenir tout simplement plus catholiques !
Car sur l’Eglise nous entendons tout et n’importe quoi !
Quelques chiffres intéressants sur l’Eglise catholique :
. les chrétiens sont 1/3 de la population mondiale (2,2 milliards en 2011, devant les musulmans) ; 51% 37% de protestants, 12% d’orthodoxes
. 1 milliard 200 millions de catholiques (18% des terriens, 28% en Amérique du Sud, 24% en Europe, 15% en Afrique)
. 5000 évêques
. 410 000 prêtres
. 40 000 diacres
. 720 000 religieuses…
Est-ce cela l’Eglise ? Des statistiques ? Des chiffres ? A la croix ils n’étaient plus que 4.

Le texte que nous allons voir ce soir nous parle de l’Eglise comme d’un mystère.
En 2000, l’alors Cal Ratzinger intervenait sur Lumen Gentium en disant : Je voudrais tout de suite anticiper ma thèse fondamentale : Vatican II a clairement voulu inscrire et subordonner le discours sur l’Église au discours sur Dieu : il a voulu proposer une ecclésiologie au sens proprement « théologique », mais la réception du Concile a jusqu’ici négligé cette caractéristique qualificative en faveur des seules affirmations ecclésiologiques particulières ; elle s’est jetée sur des paroles particulières qu’il était facile de rappeler et, ainsi, elle est restée en deçà des grandes perspectives des Pères conciliaires.
Les premiers n° de LG donnent d’emblée une vision trinitaire de l’Eglise : elle vient du Père, elle est récapitulée dans le Fils et conduite par l’Esprit Saint. Elle est mystère : elle est plus que visible ; sa réalité profonde est accessible à la foi seule. Sa lumière vient entièrement du Christ : le titre de la Constitution dogmatique « Lumen Gentium », « Lumière des peuples », ne parle pas de l’Eglise directement, mais du Christ. Il est lui la lumière des peuples (Is 49, 2ème chant du Serviteur), et cette lumière se reflète sur l’Eglise comme la lumière du soleil se reflète sur la lune.

Le plan du texte ne laisse pas de doute à cette vision théologique, spirituelle de l’Eglise :
1. Le mystère de l’Eglise
2. Le peuple de Dieu
. La Nouvelle Alliance et le Peuple nouveau
. Le sacerdoce commun
. L’exercice du sacerdoce commun dans les sacrements
. Le sens de la foi et les charismes dans le peuple chrétien
. L’universalité ou « catholicité » de l’unique Peuple de Dieu
. Les fidèles catholiques
. Les liens de l’Église avec les chrétiens non catholiques
. Les non-chrétiens
. Le caractère missionnaire de l’Église
3. La constitution hiérarchique de l’Église et en particulier l’épiscopat
4. Les laïcs
5. La vocation universelle à la sainteté dans l’Église
6. Les religieux
7. L’Église en marche : son caractère eschatologique et son union avec l’Église du ciel
8. La bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l’Église
. Préambule
. Le rôle de la Sainte Vierge dans l’économie du Salut
. La bienheureuse vierge et l’Église
. Le culte de la sainte Vierge dans l’Église
. Marie, signe d’espérance certaine et de consolation pour le peuple de Dieu en marche

Un mot sur le Concile.
2200 évêques, 53 observateurs chrétiens (non catholiques) au début, 106 à la fin. 13 auditeurs laïcs (40 à la fin, dont 7 femmes).
Annoncé en 1959, il s’étale sur 4 sessions de deux à trois mois (septembre – décembre) en 1962, 1963, 1964, 1965 (4 années).
La 1ère session (oct-dec 62), ouverte par Jean XXIII a établi le plan de travail. Jean XXIII meurt en juin 63, Paul VI est élu et reprend le travail.
La 2ème session (oct-dec 63) publie le texte sur la liturgie et les médias.
La 3ème session (sept-oct 64) publie les textes sur l’Eglise, l’œcuménisme, les Eglises orientales catholiques.
La 4ème session (sept-dec 65) publie de nombreux textes (les évêques, la formation des prêtres, les religieux, les écoles catholiques, l’interreligieux, la mission des laïcs, les rapports entre Eglise et monde, les prêtres, la mission, la liberté religieuse).

Il s’appelle « Vatican II » parce qu’il a eu lieu au Vatican (les conciles réunissent les évêques du monde entier autour du pape et prennent le nom de la ville où ils se tiennent ; les synodes sont des réunions de délégués d’évêques seulement, pour faire court). Ensuite il fait suite au concile Vatican I qui avait été interrompu par la guerre de 1870 et n’avait pu traiter que la question de l’infaillibilité pontificale. Le concile interrompu, il a toujours été question de le reprendre pour le compléter, mais aucun pape n’avait osé le faire (vues les circonstances politiques en particulier). Pendant tout le 20ème siècle la question de l’Eglise s’est approfondie (Newman déjà au 19ème, puis de Lubac, Congar, Journet, Balthasar, Ratzinger…) En 1943 Pie XII avait publié une encyclique sur l’Eglise, Mystici Corporis, modifiant substantiellement la vision d’une Eglise uniquement hiérarchique, société visible parfaite…

Réponses aux questions

Par Alain Grau (résumé)


Question sur les dons hiérarchiques et charismatiques (§4) : on n’a pas l’habitude de considérer la hiérarchie comme un charisme, et on oppose volontiers hiérarchie (le pape, les évêques) et les charismes, une organisation hiérarchique de l’Eglise et une vision plus charismatique et spontanée de l’Eglise. Or l’Ecriture dit clairement que le gouvernement et le pouvoir dans l’Eglise sont des services, donc des charismes. Il nous faut passer d’une vision "politique" de l’Eglise à une vision plus spirituelle et charismatique.


Question sur le choix et les prédestinés (§3) : Y aurait-il des élus et des réprouvés ? Dieu choisit certains (le peuple juif par exemple, les apôtres et les chrétiens ensuite) non parce qu’ils sont meilleurs ou plus intelligents. Il les choisit pour les envoyer vers les autres. Si certains sont "élus" ou "choisis" ou "prédestinés", c’est pour servir d’intermédiaire entre Dieu et les autres hommes. C’est un choix de manifestation et de mission, et non pas d’exclusion. Ils sont "engendrés pour le salut du monde" : ils font l’expérience d’être fils et filles de Dieu, pour que Dieu étende par eux ce salut au monde entier.


Question sur l’Eglise comme sacrement (§1) : on a une vision assez figée des sacrements, entendus comme les 7 sacrements (baptême, eucharistie, confirmation, confession, onction des malades, mariage, ordre). Mais qu’est-ce qu’un sacrement ? Un signe et un moyen. Signe du salut de Dieu et moyen d’opérer ce salut. En ce sens l’Eglise est un "sacrement primordial" : elle est signe du salut réalisé par Jésus-Christ, et moyen de ce salut. Le premier texte que le Concile a écrit lors de sa 2ème session (oct-nov 1963) porte justement sur la liturgie ("Sacrosanctum Concilium") : car tout ce que l’Eglise vit et croit part de ce qu’elle célèbre dans les sacrements, dans la liturgie. Après avoir pendant des siècles parlé du Christ et de Dieu, au Concile Vatican II l’Eglise parle enfin d’elle-même, et elle en parle comme d’une réalité sacramentelle, capable de manifester Dieu et de l’apporter au monde.


A retenir comme phrases essentielles de ces passages :

"L’Eglise est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain" (§1).

"L’Eglise universelle apparaît comme un peuple qui tire son unité de l’unité du Père et du Fils et de l’Esprit Saint" (§4).










 

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