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Ne pas « escamoter » l’accompagnement du deuil !

  Publié le samedi 23 décembre 2006 , par Gilles Rebêche

En France, l’évolution rapide des pratiques funéraires a conduit de nombreux diocèses à mettre en place une pastorale du deuil adaptée à ces nouveaux défis : privatisation de la mort, éclatement des demandes de ritualisation, multiplicité des discours sur l’au-delà, nouvelles « prestations » des sociétés funéraires qui peuvent proposer un éventail très large de prise en charge — convention obsèques, pratiques de conservation et de présentation des corps (thanatopraxie), « hommages au défunt » orchestrés par des « maîtres de cérémonie » professionnels dans les salles omni-cultes, etc. — Dans ce contexte, le développement de la pratique de la crémation n’est pas sans incidence sur la cohésion sociale et culturelle de notre société.


La loi n°2008-1350, dite loi Sueur, réformant la législation funéraire a été adopté en première lecture par le Sénat en juin puis définitivement adoptée le 19 décembre 2008.

Le but de cette loi est de répondre à la question : « que faire des cendres du défunt ? »

Elle encourage au respect des « restes humains » qui dans toute civilisation est le b. a. ba du vivre ensemble. Toutefois, il semble important de veiller à ce que ce texte n’accentue pas la privatisation et l’occultation de la mort, ainsi que la mise à l’écart des églises au profit d’un monopole des entreprises funéraires.

La Communion Saint-Lazare a fait une proposition pour amender cette loi. Qu’en est-il ?

Depuis plusieurs siècles, l’Eglise catholique accompagne les familles en deuil. Celles qui « utilisent » les crematoria sont majoritairement des Chrétiens, puisque ni les Juifs, ni les Musulmans n’autorisent la crémation. A travers l’expérience de plusieurs diocèses, l’Eglise catholique peut témoigner de la nécessité de ne pas « escamoter » l’accompagnement du deuil en veillant à ce que la crémation n’occulte pas la ritualisation du dernier adieu, l’installation d’un « lieu de mémoire » digne et personnalisé.

Qu’elle est l’utilité du reposoir funéraire, tel qu’il existe à l’église saint Louis par exemple ?

Dans le cadre de l’accompagnement des familles en deuil, la Communion Saint-Lazare a été très vite confrontée, à la détresse de nombreuses familles qui avaient choisi la crémation.
En effet, refusant de disperser les cendres dans un lieu trop peu personnalisé et appelé pompeusement « jardin du souvenir », elles ne peuvent pas non plus ramener l’urne au domicile. Il leur faut du temps pour prendre une décision et en parler avec les différents membres de la famille, parfois divisée : elles ne savent plus que « faire ».

« Il leur faut du temps pour prendre une décision »

Alors que traditionnellement dans le parcours funéraire « maison, église, cimetière », le rythme en trois temps permettait d’amorcer paisiblement un processus de deuil, avec la crémation, les familles se trouvent démunies et « stressées » par une décision à prendre, peu préparées pour gérer ces « restes humains » qui leur sont rendus. Certaines, de manière précipitée, parfois avec une émotivité exacerbée, dispersent rapidement les cendres… et se trouvent ensuite encore plus désemparées sans lieu de mémoire réel pour se recueillir et entamer un processus de deuil. Très peu, ont pris la décision immédiate d’aller déposer les cendres au cimetière !

Le diocèse de Fréjus-Toulon a donc été conduit à réaliser dans une église du centre ville de Toulon, un reposoir funéraire où les familles peuvent venir gratuitement déposer les cendres, le temps de prendre une décision possible sur leur dernière demeure.

Ce lieu permet aux familles de venir se recueillir et prier ; elles y sont accueillies et écoutées.

« Ce lieu permet aux familles de venir se recueillir et prier ; elles y sont accueillies et écoutées. »

C’est aussi le lieu où une parole peut être à nouveau possible au sein de familles déchirées par les conflits ou les épreuves. Les conflits sont parfois exacerbés par l’expérience même de la mort.
Cette expérience de reposoir funéraire est soutenue et bien vécue par les entreprises funéraires qui y voient une complémentarité de leur « métier ».

Pourquoi la Communion Saint-Lazare a-t-elle proposé un amendement à la loi Sueur ?

Sans cet amendement, ce type d’initiative deviendrait illégal et passible d’amende. Il serait regrettable qu’une loi si utile soit en même temps liberticide pour l’Eglise.

Dans le diocèse de Fréjus-Toulon, plusieurs sanctuaires (Cotignac, Notre-Dame de Consolation…) font déjà l’expérience d’accueillir ainsi les familles en deuil pour un dépôt provisoire d’urnes et souhaitent l’institutionnaliser. Un projet de chapelle funéraire a proximité du crematorium de Vidauban a été étudié avec la paroisse locale.

D’un point de vue pastoral, les fruits sont inestimables en termes d’accompagnement spirituel, de transmission de la foi et de prise en charge par la proximité et la compassion des personnes et des familles.

En fait, la Communion Saint-Lazare souhaite donner du temps aux familles ?

Tout à fait. Dans toutes les civilisations, le lieu de mémoire des défunts est le reflet des rapports sociaux. Dans notre société marquée par l’efficacité, l’immédiateté et la rentabilité, il y a fort à parier que si la loi donne à choisir entre « une dispersion rapide » et des démarches à effectuer pour déposer l’urne au cimetière, c’est la dispersion qui l’emportera avec tout ce que cela implique de frustrations sur l’absence d’un lieu de mémoire, de dissolution du lien social, et de « bricolages rituels » pour accompagner ces dispersions.

Nous mesurons l’importance des reposoirs funéraires et donc de cet amendement pour la pastorale du deuil dans de nombreux diocèses.

Le fait d’autoriser les Eglises à organiser des « reposoirs funéraires temporaires » pour permettre aux familles de prendre le temps de la réflexion et du recueillement, n’était pas une remise en cause de la loi mais un amendement de « perfectionnement ».

Si cet amendement n’avait pas été obtenu, ce serait un pan entier de la pastorale du deuil qui aurait été remis en cause dans de nombreux diocèses et ce serait vraiment dommageable [1].

A l’heure de la nouvelle évangélisation comment ne pas être attentif à ces nouvelles pratiques, ces nouveaux défis qui exigent de nos Eglises une nouvelle inscription sociale pour oser à temps et à contre temps redire une Parole de Salut.

Il est important que les « Eglises » ne soient pas « occultées » du texte de loi et qu’elles soient reconnues comme des partenaires de l’accompagnement du deuil et non pas comme des « prestataires cultuels » en voie de disparition des entreprises funéraires !


[1] Dans la loi portée par monsieur J.-P. Sueur, la Communion Saint Lazare suggérait de modifier l’article 15 en y intégrant l’autorisation faite à certaines Eglises, de recueillir temporairement les urnes dans un lieu adapté.






Picto adresse postaleCommunion Saint Lazare - 55 Place de la Cathédrale - 83000 Toulon
+334 94 89 48 18
-  Courriel à la Communion Saint Lazare

Accueil du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h

 




 
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