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Pape François : un livre en déjà sept chapitres.

Paroisse Saint-Pie X, 49 rue Henri Poincaré, 83000 Toulon

  Publié le lundi 18 mars 2013 , par Patrice Quesnel

Après trois jours de pontificat, sept chapitres dans le nouveau livre de l’Eglise que le pape François nous engage à rédiger avec lui.



Dans un précédent article de cette rubrique, nous avions analysé les débuts de ce pontificat selon douze signes donnés par le Pape dans ses paroles et son comportement [1].

Ce dimanche 17 mars, au cinquième soir après son élection, il nous semble utile d’élargir l’angle de vue et de regrouper en sept thèmes majeurs les premières leçons que nous a données Sa Sainteté François ... dans l’attente de ce qu’il enseignera lors de la messe d’inauguration du pontificat, le mardi 19 mars en la fête de saint Joseph, protecteur de Jésus et de Marie sa mère, patron et protecteur de l’Eglise. [2].

Jésus Christ par la Croix : Cheminer, édifier et confesser, dans la Miséricorde divine et la Charité

Refusant les croix de poitrine préparées pour son élection, le pape François a choisi de conserver celle qu’il portait déjà comme archevêque de Buenos Aires ; il souligne ainsi la continuité de sa mission comme pape aujourd’hui.

Et dans sa première homélie, il a insisté sur l’importance des croix comme de la Croix : "Sans la Croix, nous ne sommes pas les disciples du Seigneur. Nous sommes des mondains. Nous sommes des évêques, des prêtres, des cardinaux, des papes... mais nous ne sommes pas des disciples du Seigneur."

C’était l’une de ses premières phrases lorsqu’à la loggia de Saint-Pierre le nouveau pape apparaissait pour la première fois au monde le mercredi 13 mars au soir : "Nous commençons un chemin..." .

"Cheminer" : c’est l’un des trois termes sur lesquels il a insisté durant sa première homélie en tant que Pape : "Cheminer, édifier, confesser", trois mots, trois actions, trois mouvements, à l’identique de ce que fut saint Pierre.

Cheminer mais aussi "Edifier" : Bâtir, comme Pierre édifia l’Eglise, comme saint François d’Assise entendit l’appel du Christ à "rebâtir l’Eglise en ruines". Le cardinal Bergoglio est devenu Pierre lui-même, pour cette mission de construction/édification de l’Eglise qui ne sera probablement achevée qu’à la fin des Temps.

Et, synthèse des deux précédents : "confesser, proclamer" le Christ avec la Croix, en la Croix ; car qui ne proclame pas le Christ proclame le démon, le diable : « L’Eglise tout en étant une institution humaine, historique, avec tout ce que cela comporte, n’a pas une nature politique, mais essentiellement spirituelle : c’est le peuple de Dieu qui marche à la rencontre de Jésus Christ (…) Le Christ est au centre, la référence fondamentale, le cœur de l’Eglise. Sans lui, Pierre et l’Eglise n’existeraient pas et n’auraient pas de raison d’exister. » (Entretien avec la presse le samedi 16 mars2013.)

Ces éléments théologiques fondamentaux ne sauraient être de simples rappels catéchétiques. Ils se traduisent en deux réalités que le Pape a proclamées au monde entier, profitant du formidable écho médiatique dont il disposait :

- Dieu est Miséricorde :

"Certes il n’est pas aisé de s’en remettre à la miséricorde de Dieu. C’est un abysse impossible à comprendre. Mais nous devons le faire ! Mon père, si vous saviez ! Qu’as-tu fait ? Des choses très graves. Parfait, c’est mieux ! Va à Jésus qui t’écoutera avec grande attention. Raconte-lui tout. Il sait tout oublier, tout effacer. Il t’embrassera en te disant qu’il ne te condamne pas. Va, te dira-t-il, et ne pèche plus. Un simple conseil. Et si un mois plus tard tu es au même pont, reviens vers lui et recommence. Le Seigneur ne se lasse jamais de pardonner. Demandons la grâce de ne jamais nous lasser de demander pardon. Lui ne se lasse jamais d’accorder sa miséricorde !". [3]

Sans le pardon, le monde n’existerait plus.

Et

"Le Seigneur vous bénisse, Marie vous protège. Et n’oubliez jamais que le Seigneur ne se lasse jamais de pardonner. Nous, nous nous lassons de lui demander pardon. Bon dimanche et bon appétit !" [4]

- Dieu est Amour, Charité, pour les pauvres et par les pauvres :

"Ah ! Combien je voudrais une Eglise pauvre, pour les pauvres !". (Audience aux représentants des médias, samedi 16 mars.)

Un ennemi clairement nommé

"Quand on ne marche pas, on s’arrête. Quand on n’édifie pas sur les pierres qu’est ce qui arrive ? Il arrive ce qui arrive aux enfants sur la plage quand ils font des châteaux de sable, tout s’écroule, c’est sans consistance. Quand on ne confesse pas Jésus Christ, me vient la phrase de Léon Bloy : « Celui qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable ». Quand on ne confesse pas Jésus Christ, on confesse la mondanité du diable, la mondanité du démon." (Première homélie, jeudi 14 mars)

"C’est le Christ qui guide l’Eglise par voie de l’Esprit. Il est l’âme de l’Eglise, doté d’une force vivifiante et unificatrice car il constitue à partir de la diversité le corps mystique du Christ. Ne cédons pas au pessimisme et à l’amertume que le Diable nous offre chaque jour, ni au découragement. Ayons la ferme certitude de ce que l’Esprit offre à l’Eglise." (Allocution aux cardinaux, le 15 mars.)

Marie

Le Pape en a (relativement !) peu parlé. Probablement parce que c’est une évidence : Marie avec nous, Marie Mère de l’Eglise. Mais les gestes ont en quelque sorte suppléé les paroles :

- dès l’aurore, le lendemain de son élection, le jeudi, le Saint Père s’est rendu à la basilique Sainte-Marie-Majeure, pour y prier devant la "Salus Populi Romani", antique icône mariale protectrice de Rome, puis devant l’autel majeur sous lequel sont conservées les reliques de la Crèche. [5]

- en terminant son allocution aux représentants des médias, le lendemain vendredi, le pape François les a confiés, discrètement mais sans équivoque, à Notre Dame de Guadalupe [6] en invoquant la Bienheureuse Vierge Marie, Etoile de l’évangélisation. [7].

- puis le samedi, il s’est rendu dans les jardins du Vatican, à la grotte de Notre Dame de Lourdes [8] pour se recueillir et prier devant la statue de Notre Dame. Ainsi, en trois jours, de la Rome de l’Eglise primitive à Lourdes des temps modernes, en passant par l’Amérique latine du XVI° siècle, le Pape a décrit en une ellipse universelle la catholicité de Marie et donc de l’Eglise.

François

Elu comme successeur de Pierre, le cardinal Jorge Mario Bergoglio a choisi un nom pontifical inédit avant lui [9]. Il se place ainsi dans une nouvelle chaîne de filiation tutélaire à saint Pierre qui prend comme référence saint François d’Assise, le "Poverello", le saint le plus connu en Italie [10] et probablement dans le monde.

"François est l’homme de la paix, l’homme qui aime et protège la Création, et en ce moment où nous avons une relation qui n’est pas si bonne avec la Création... Il est l’homme qui nous donne cet esprit de paix, l’homme pauvre… Ah comme je voudrais une Eglise pauvre, pour les pauvres ! (Ah, come vorrei una Chiesa povera e per i poveri !)." (Entretien avec la presse le samedi 16 mars 2013.)

Le pape François nous a révélé pourquoi il a choisi ce nom ; c’est bien pour toute la symbolique de la pauvreté qui s’y attache, dont il a eu l’intuition à la fois cordiale et raisonnée après que le cardinal Hummes lui ait glissé à l’oreille, alors qu’il obtenait le nombre de voix requises pour son élection : "N’oublies pas les pauvres".

François, c’est bien sûr le Poverello d’Assise, mais c’est aussi le saint qui a entendu l’appel du Christ à "rebâtir l’Eglise en ruines", comme nous l’avons évoqué précédemment.

C’est également l’homme qui, vers la fin de sa vie, reçoit les stigmates, qui sont notamment marques d’humilité, au monastère de la Verna, où le Christ lui apparaît crucifié sous la forme d’un séraphin. [11]

Et nous pourrions également ajouter à cette courte évocation du saint, la belle anecdote qui est généralement citée comme symbolique de sa simplicité : « Oiseaux, mes frères, arrêtez de chanter, jusqu’à ce que nous ayons achevé les laudes. », dit saint François. Les oiseaux se turent immédiatement, et une fois les laudes terminées, François les autorisa à chanter et ils reprirent leurs gazouillis habituels. [12]

Evêque de Rome

A aucun moment lors de son apparition à la loggia mercredi 13 mars au soir Sa Sainteté François n’a prononcé le mot de "pape", ni pour désigner son prédécesseur ni pour lui-même. C’est comme "évêque de Rome" [13] qu’il s’est présenté à la foule, affichant aussi son espérance de voir ce lien entre les fidèles de son diocèse et lui "porter du fruit pour l’évangélisation de Rome". Il a enfin rappelé que le rôle de Rome n’était pas de diriger l’Eglise mais de "présider à la charité de toutes les Eglises".
Au delà des arguties juridiques, qui soulignent que "Pape" est une appellation et "Evêque de Rome" un titre, on peut noter que le terme épiscopal employé est moins prosélyte que l’appellation papale, ce qui constitue un signe particulièrement fort vers les autres Eglises, voire religions, à très grande dimension œcuménique.

La primauté de la Prière ; et le Service

L’image d’un pape qui s’incline devant la foule afin qu’elle prie pour lui et le bénisse, dans un silence impressionnant de profondeur, restera comme un symbole d’une immense force. Avant de délivrer le moindre message, il a voulu faire prier l’assemblée. Avant de la bénir, il lui a demandé de lui accorder sa propre bénédiction. Dans les deux cas, le pape François fait passer sa personne au second plan : donnant la priorité à Dieu, saluant son prédécesseur et courbant la tête devant les fidèles, il a rappelé que le rôle du pape était bien d’être d’abord le "serviteur des serviteurs de Dieu".

Evangélisation et nouvelle évangélisation

Le pape François l’a évoquée lorsqu’il a parlé de Rome, également lorsqu’il a prié la bienheureuse Vierge Marie, Etoile de l’évangélisation, ou, en substance, lorsqu’il a prêché sur le mot "édifier".

Sa culture jésuite, aussi bien que ses actes comme évêque puis cardinal, laissent à penser que le thème missionnaire, où l’on voit bien sûr le souvenir de saint François-Xavier, sera l’un des tout prochains sujets qu’il abordera.

Humilité, Simplicité et Dépouillement, Fraternité et Proximité

L’homme ne changera pas en ceignant l’étole de Pierre : il est bien décidé à conserver ces qualités comportementales qui, si elles ne sont pas stricto sensu des vertus ni des dons de l’Esprit, y ressemblent cependant fortement, tout au moins pour la sagesse populaire.

Pour ceux qui en douteraient encore, le pape François, pape aux chaussures noires, s’est présenté à la foule simplement vêtu de sa soutane blanche. Ce n’est qu’au moment de bénir la foule qu’il a revêtu l’étole rouge brodée aux effigies de Pierre et Paul, et il l’a retirée après ce geste, distinguant ainsi son apparition publique de sa fonction liturgique.

Déjà les services de sécurité du Saint-Siège ont eu fort à faire pour s’adapter au style de ce pape qui avait pour habitude de circuler dans Buenos Aires en transports en commun. Ses premiers mots à la foule auront en tout cas témoigné de sa grande proximité avec les gens : "Buona sera - (Bonsoir)", a-t-il simplement lancé en saluant la foule. En deux mots, la place Saint-Pierre entière a aimé son pape, ce premier soir. Et encore plus lorsqu’il a terminé l’Angélus par "Bon dimanche et bon appétit !".

Le pape François a multiplié les gestes de simplicité depuis son élection, manifestant ostensiblement qu’il ne souhaitait pas être traité différemment des autres cardinaux, qu’il appelle "mes frères".

Là également, comme en matière de proximité et de fraternité, il ne changera pas sa façon d’être. Il s’est déjà "échappé" pour un "bain de foule" le dimanche 17 mars, et il a assuré au monde le soir de sa première apparition : "Nous commençons un chemin de fraternité, évêque et peuple", avec un geste qui semblait signifier que l’un et l’autre marcheraient main dans la main.

Et probablement commençons-nous, ensemble, la rédaction de ce livre de Foi, d’Espérance et de Charité à laquelle il nous propose de coopérer.






[1] _
Une simplicité de très haute densité !

[2] Sources principales textes et photos : Service d’Information du Vatican (VIS et News.va ; "La Vie" ; LaCroix.fr ; KTO dont éditoriaux de P. de Saint-Pierre ; Wikimedia et sites associés ; Aleteia.org ; documentation personnelle. Rédacteur : Patrice Quesnel.

[3] Homélie de la messe du dimanche 17 mars (Evangile : Jésus et la femme adultère : « Va, et ne pèche plus » - Jn 8, 1-11).

[4] Angélus du dimanche 17 décembre à Saint-Pierre de Rome.

[5] http://www.news.va/fr/news/premier-...

[6] Le site de l’apparition de la Sainte Vierge au Mexique est le premier sanctuaire marial du monde, en termes de fréquentation, avec plus de 13 millions de visiteurs et pèlerins par an, pour 7 millions à Lourdes. Notre Dame de Guadalupe, patronne de l’Amérique latine, a été établie Reine du Mexique et Impératrice des Amériques par Jean-Paul II en 2000.

[7] Expression déjà utilisée par Jean-Paul II en 1979, puis reprise par lui sous la forme "Etoile de la première et de la nouvelle évangélisation" en 1992.

[8] Reproduction de la grotte des apparitions de Lourdes, offerte par les catholiques français au pape Léon XIII en 1902.

[9] Ce qui ne s’était plus fait depuis le pape Landon en 913, si on excepte Jean-Paul Ier, dont le nom était la double reprise de Jean XXIII et Paul VI, ses prédécesseurs.

[10] Dont il est le saint patron ; "Le plus italien des saints, et le plus saint des Italiens".

[11] Llittéralement, l’ange qui « brûle » d’ardeur.

[12] D’après la "Légende dorée" de Jacques Voragine, citée par Jean-Pierre de Rycke, l’Osservatore Romano du 16 mars 2013.

[13] Évêque de Rome : Titre primordial du pape, celui qui commande tous les autres titres ; même si dans la pratique la gestion du diocèse de Rome est confiée à deux cardinaux vicaires généraux (Mgr Vallini pour Rome-ville et province, Mgr Comastri pour la Cité du Vatican). C’est, symboliquement, en tant que prêtres et diacres du diocèse de Rome que les cardinaux élisent le pape.
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