"A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis. Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui." Martin Luther King
Selon un sondage Ifop publié le 22 mars dans La Croix, 65% des catholiques pratiquants estiment (...) Lire +
Yann de Rauglaudre

22 avril 2008
Françoise Girard
"Je n’étais personnellement pas trés motivé pour aller en Pologne, n’en ayant pas gardé un bon souvenir des JMJ passées. J’ai bien vite compris que ce serait une belle expérience pour moi, outre la joie fraternelle bien réelle propre à ces voyages "jeunes prêtres".
Tout d’abord à Czestochova, pendant deux jours et tout au long de la semaine, j’ai vu un peuple croyant, fervent. A force de vivre en France, on oublie ce que peut être un pays chrétien.
La ferveur du peuple polonais, tant les jeunes venus confier leurs examens à la Vierge de Jasna Gora que les plus anciens m’ont touchés. Je garde l’image du sanctuaire de Jasna Gora, à 15h, plein à craquer de jeunes chantant à pleine voix (et moi qui pensait que je pourrais me trouver un petit coin tranquille pour prier au calme !) ou encore la messe au sanctuaire de la Divine Miséricorde, avec cette foule de plusieurs milliers de personnes chantant tous d’un seul cœur.
Je me suis réjouis aussi de voir que l’Eglise ne se contentait pas d’entretenir cette ferveur, sans se soucier de la sécularisation grandissante, et de voir se mettre en place dans des paroisses une double pastorale : classique d’une part, et de type "nouvelle évangélisation" d’autre part (notamment avec des communautés du chemin néo-catéchuménal).
Enfin, je retiendrais cette joie d’avoir cheminé avec Jean-Paul II tout au long de ces jours, d’avoir vu combien son culte est déjà bien vivant sur place. Aller sur les lieux de sa vie et de son ministère a renforcé les liens de communion avec lui déjà bien forts. Bref, j’en reviens regonflé dans ma joie d’être prêtre, heureux de servir une Eglise aussi belle !... et plus que jamais motivé et prêt au réveil de celle en France !"
"Ce pèlerinage, guidé par le père Paul Morka, jeune prêtre paulin en ministère à Saint-Maximin, a d’abord été caractérisé par la communion fraternelle qui régnait entre tous ces prêtres de provenances si diverses ; le programme des visites favorisait les longs temps de partage entre les uns et les autres et permettait de manifester la cohésion des prêtres de cette génération, tous engagés au service de notre diocèse.
En outre, nous avons vécu une expérience spirituelle très forte, au contact d’une Eglise qui témoigne encore d’une grande vitalité et par les pèlerins réunis en grand nombre au sanctuaire de la divine Miséricorde, le dimanche même de la Miséricorde, pour la messe solennelle présidée par le cardinal Stanislas Dziwisz, archevêque de Cracovie et ancien secrétaire de Jean-Paul II.
Les communautés, les prêtres ou évêques, les laïcs rencontrés nous ont montré en même temps que cette Eglise, qui peut se targuer d’une pratique religieuse s’élevant encore de 30 à 60% de la population selon les régions, avec 7000 séminaristes, prend conscience des avancées de la sécularisation qui vient de l’Occident.
Le chemin de croix très émouvant dans le camp d’extermination de Birkenau et la visite, dans le camp d’Auswisz, du bunker de la faim où saint Maximilien Kolbe a offert sa vie, la vénération de la tombe du père Popieluszko et de celle du cardinal Wyszinski, le grand "Primat du Millénaire", l’évocation de la vie de Jean-Paul II si marquée par l’histoire douloureuse de sa patrie, nous ont permis de vérifier l’adage : "sanguis martyrum, semen christianorum [1]". L’Eglise de Pologne a une responsabilité par rapport à l’Europe tout entière, tant de l’Est que de l’Ouest et nous sommes heureux de pouvoir bénéficier dans notre diocèse de la collaboration missionnaire de nombreux prêtres polonais."
Un grand merci aux pères Leonardo Caceres et Lionel Dalle pour leurs photos !
[1] en français, "sang des martyrs, semence des chrétiens", expression de Tertullien