Je voudrais vous dire

"A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis. Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui." Martin Luther King

Selon un sondage Ifop publié le 22 mars dans La Croix, 65% des catholiques pratiquants estiment (...) Lire +

Yann de Rauglaudre

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Qui es-tu pour m’empêcher de mourir ?

Editions de l’Atelier - 208 pages - 17,50 €


19 mars 2008  envoyer un courriel à l'auteur Yann de Rauglaudre

La Castille (La Crau - Var) - Dimanche 18 mai
Cette question cinglante fut posée à l’auteur par un homme en détresse. Elle traduit le contenu et l’esprit de ces chroniques écrites du quotidien.

Gilles Rebèche y raconte sa vocation de diacre à Toulon et dans l’ensemble du département du Var.

En plus de quarante histoires pétillantes où affleurent joies, grandeurs et souffrances des personnes qui subissent la pauvreté, il révèle son itinéraire au service des "sans voix" dans la rue, dans les cités, auprès des responsables politiques. Avec humour, modestie et obstination. Au fil de ces récits se dessine le portrait d’un diacre. Celui qui, à l’image du Christ, se fait serviteur des plus fragiles. Il rappelle que la capacité de fraternité de la société et de l’Église se mesure à la place donnée aux pauvres. C’est ce que l’on appelle la diaconie.

Accessible à un très grand public, cet ouvrage dévoile des éclaircies du ciel, aperçues sous la paupière du quotidien.

A noter que Gilles a souhaité que les droits d’auteur soient tous reversés à la Fraternité Saint-Laurent.

couverture

Dédicaces

Gilles Rebêche dédicacera son livre les :

- 22 mars, 10h-12h à la "Petite Fatigue" place de la cathédrale,

- 29 mars, 12h30 à La Castille, au moment de l’assemblée générale de l’UDV,

- 3 avril, 15h-17h à librairie Saint-Louis - 6 rue Anatole France - 83000 Toulon,

- 6 mai, 16h30-18h à librairie Saint-Joseph - 675 avenue du 15° Corps - 83200 Toulon,

- 8 mai à Cotignac lors du pèlerinage du Partage

- 18 mai à La Castille lors du rassemblement diocésain Tous à Toi Jésus par Marie”

L’ouvrage sera disponible en permanence à l’accueil de la Fraternité Saint Laurent (centre diocésain du coeur de ville - 4 rue Pierre Semard - 83000 Toulon)

Tél 04 94 89 09 47 - courriel

Retour sur le parcours d’une vie au service des plus pauvres

Morceaux choisis : questions à Gilles Rebèche [1]

- Quels sont les raisons qui vous ont poussé à devenir diacre ?

J’étais volontaire à ATD Quart-Monde, c’est à ce moment là que monseigneur Barthe m’a proposé de devenir diacre en m’expliquant que dans la réforme du concile Vatican II, l’église avait choisi de rénover ce ministère pour assumer sa vocation : "devenir servante et pauvre, experte en humanité".

Mon engagement dans un mouvement de lutte contre l’exclusion tel qu’ATD Quart-Monde ne suffisait pas à répondre à la question du sens de la vie qui était pour moi centrale. J’ai répondu à l’appel de mon évêque car cela me permettait de concilier mon engagement dans la société civile et dans l’Eglise auprès des plus démunis. J’ai consenti au célibat consacré en réponse à un appel d’engagement radical auprès d’une population avec laquelle je me sens lié, comme par alliance. Le célibat consacré, c’était la plus grande communion à la pauvreté que je pouvais offrir.

-  Votre enfance, votre histoire, vous prédisposaient-elles à cette approche de la vie d’Eglise ?

Oui, j’ai grandi dans une famille nombreuse en cité HLM, ma mère était militante de la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) et nous a ouverts à l’attention aux autres, à un certain sens de la justice et à la prière.

Pour la petite histoire, quand nous avons ouvert l’association "Les amis de Paola" à Fréjus, j’ai retrouvé parmi les accueillis des copains d’enfance.

- Votre livre résonne comme un hommage aux nombreuses personnes rencontrées sur la route et aujourd’hui disparues qui ont marqué la construction de la diaconie. Pourquoi avoir choisi de présenter l’histoire sous cet angle original ?

L’année du festival de l’espérance, en 2005, cinq personnes très proches sont décédées en un mois et demi. Ces morts ne pouvaient pas être absurdes. J’ai voulu leur rendre témoignage. C’est alors qu’ont défilé dans ma mémoire tous les visages de ceux qui m’avaient aidé à vivre jusqu’à présent. Ce livre est donc bien un hommage à toutes ces personnes qui nous ont précédées et qui nous aident à comprendre l’action qui a été menée jusqu’ici : elles éclairent l’avenir et m’aident à répondre à la question qui me taraude " comment vivre intensément tout le temps qui m’est donné par Dieu ? "

- Après 25 années de mission au service de la diaconie du Var, vos convictions ont-elles évolué au rythme de la société ?

Les intuitions de base (l’esprit de Taizé, le mouvement d’ATD, la lettre de mission de monseigneur Barthe…) me semblent d’une étonnante actualité. Par contre le contexte de la société a beaucoup changé (la mondialisation, le rapport au religieux, les nouvelles techniques d’information et de communication…) les repères sont différents.

Quand il n’y a rien, il faut bien monter des structures pour que les pauvres puissent être accueillis, écoutés, logés, soignés. Mais si c’était à refaire aujourd’hui, je n’agirais pas de la même manière car, en 25 ans, de nombreuses lois et tout un arsenal administratif ont été mis en place pour prendre en compte la réalité de la précarité.

Il y a des choses qui avancent dans le bon sens, par exemple récemment la loi Dalo a permis aux gens de prendre conscience qu’ils ont des droits (au logement) c’est une réelle avancée comme l’avait été la loi contre les exclusions. Ceci dit, la multiplication des structures sociales risque de conduire à une politique de gestion de la misère alors que l’on devrait lutter pour la faire disparaître.

Qu’en est-il dans le Var ?

Sur notre territoire varois, les efforts de ces dernières années ont permis de relever des défis qui étaient inimaginables. Quand on a commencé il n’y avait pas d’accueils de jour, peu de structures d’hébergement d’urgence ni de banque alimentaire, encore moins d’actions d’insertion. Le lancement de la diaconie diocésaine a stimulé les créativités et créé une sorte d’effervescence associative grâce à laquelle le territoire s’est aménagé en termes de solidarité.

Le plus difficile est de conserver les intuitions de base, c’est un défi permanent. Rendre les personnes actrices de leur propre développement, c’est là qu’était notre originalité. Avec l’obligation de s’adapter aux évolutions en devenant de plus en plus professionnels vient la tentation de devenir des techniciens de l’insertion et de l’action sociale alors que nous somme aussi militants des droits de l’homme et animateurs des relations humaines.

Quel est le défi des 25 prochaines années pour la diaconie du Var ?

Ce sera sans hésiter de concilier (ou réconcilier) la nécessaire professionnalisation et les intuitions qui ont permis de fonder la diaconie. C’est en concentrant nos efforts sur la formation et le recrutement pour remettre au centre le partenariat effectif avec les plus pauvres que l’on réussira à relever ce défi : ne pas "faire pour" ni seulement "faire avec" mais faire "à partir de".


La diaconie

Le mot Diaconie, d’origine grecque, peut signifier à la fois "service communautaire", "entraide fraternelle", "organisation de la charité", ou "ministère des diacres".

La diaconie est donc la manière d’être, de vivre la relation à l’autre naturelle de l’Eglise même si elle n’est pas forcément nommée ainsi.

Quand on parle de la diaconie diocésaine, on évoque la mise en place de moyens humains et ecclésiaux pour organiser et dynamiser la diaconie sous toutes ses formes : tous les gestes, les événements, les organisations, les attitudes et les visages qui permettent à une église locale de s’engager en revêtant sa tenue de service pour se faire proche des plus pauvres, des plus souffrants, des laissés pour compte dans une démarche d’unité, sur des bases résolument œcuméniques et permettant au non chrétien et à l’incroyant de trouver sa place dans ce service.

En savoir plus : La Diaconie de l’Eglise de Fréjus Toulon

[1] Gilles Rebèche est diacre du diocèse de Fréjus-Toulon. Après des études de sociologie et de théologie, il crée avec son évêque la diaconie du Var, initiative originale en Europe, qui intervient dans les domaines de la santé, du logement, de l’animation des quartiers, de l’économie solidaire, de la culture, et de l’accompagnement des familles en deuil… Il est membre du conseil national de la solidarité de l’Eglise de France.


- Sur le site des Editions de l’Atelier





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Eglise de Fréjus-Toulon n° 118 - mai 2008