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Saint Louis (1/4)

Première conférence

  Publié le mardi 24 février 2015

En introduction, le Père Jérôme lit un passage du Premier Livre des Rois (1Rois 3), texte liturgique de la fête de saint Louis, qui place le saint roi à l’image du roi Salomon. Puis il donne la parole à François Decaux qui développe un exposé foisonnant dont voici le compte rendu.


Introduction

Louis IX a eu une vie riche en événements, dont nous avons un témoignage direct par l’intermédiaire des chroniques de Joinville. En effet, il est « le premier roi de France qui parle » selon la formule de l’historien Jacques Le Goff. Les documents nous montrent comment il se construit, comment il construit son époque mais aussi comment il est construit par elle. La sanctification progressive de saint Louis doit être pour nous un rappel de notre vocation de baptisé.

L’exposé est axé sur la double dimension de l’homme et du roi.

I. 1226-1248 : Le roi prudhomme et l’affirmation de l’autorité royale

- Le contexte

Certains de nous ont une image erronée du moyen-âge, celle d’une époque obscurantiste. Cette période a pourtant produit toutes nos racines, et le XIIIème siècle en particulier est l’apogée culturelle de la France médiévale.

La victoire de Bouvines, menée par Philippe-Auguste et son fils Louis VIII (grand-père et père de saint Louis) marque une étape importante dans la constitution du royaume de France. La coalition anti capétienne est vaincue, le roi d’Angleterre est ainsi concurrencé. Cette victoire est due aux règles de la vassalité (les grands barons se fédéralisent) mais aussi aux stratégies de Philippe Auguste qui s’appuie sur les milices communales, et fait naître ainsi l’esprit national. Toute la politique menée à partir de là consiste à s’allier des villes par des chartes de privilèges (c’est-à-dire de libertés), en échange de sommes considérables qui permettent d’enrichir les caisses du royaume.

La chevalerie quant à elle est très efficace. Les vassaux sont fidèles et très attachés à leur roi. Lui-même ne rend hommage à personne sauf à Dieu. Il est un personnage sacré qui reçoit sa mission directement de Dieu lors de la cérémonie du sacre. Il est tout de même, dans la pratique, soumis aux lois de la vassalité.

La mort inattendue de Louis VIII en 1226, déroute la cour. Louis IX n’a pas été sacré en présence de son père. Il n’a que douze ans et le pouvoir va être donné à sa mère, Blanche de Castille, une étrangère, « femme par le sexe mais mâle par les desseins ». Elle s’empresse de faire adouber son fils puis de le faire sacrer roi à Reims. Mais elle ne s’appuie pas sur le conseil des barons, et bouscule ainsi les lois de la féodalité, ce qui va entraîner de fortes oppositions.

Au moment du sacre, la monarchie est donc affaiblie alors que les forces extérieures de la coalition sont toujours actives. Blanche de Castille, en fine politique, va alors tenter de s’attacher les barons rebelles en faisant passer l’attachement au roi avant celui à leur suzerain.

Mais les barons essaieront d’enlever le jeune roi, alors âgé de 14 ans, qui se réfugiera dans la tour de Montlhéry, et ce sont les petits vassaux et les habitants des communes qui le libéreront. Blanche de Castille va aussi obtenir l’intégration progressive des pays de langue d’Oc dans le Royaume, ce qui permettra l’accès à la Méditerranée.

- L’affirmation du jeune roi et sa Formation : « Croire en Dieu et l’aimer avant tout chose »

Enfant, il reçoit une éducation physique, morale et religieuse solide, stricte et rigoureuse. Les ordres mineurs, que sa mère a attachés à son instruction, vont insister sur l’attachement à la vertu, la maîtrise de soi (il était particulièrement fougueux), le goût de la charité, l’attrait de la pauvreté. Le roi assiste aux messes, il un confesseur attitré, il sert les pauvres, en se cachant. Ses éducateurs lui inculquent aussi le sens de la pénitence qui ira jusqu’à des mortifications importantes. Sa conception du métier de roi se trouvera ainsi très liée à celle du roi biblique.
A vingt ans, Louis IX épouse Marguerite de Provence, avec laquelle il formera un couple exemplaire.

En 1242, Henri III d’Angleterre débarque à Royan. Lors de la bataille de Saintonge, Louis IX remporte une victoire éclatante et démontre ses qualités guerrières de chevalier.

Son sens de la justice le mènera à lancer des enquêtes de réclamation, pour recevoir les plaintes de ses sujets et réparer tout abus de confiscations de biens, même celles procédées par les souverains précédents. Son sens de la charité le mènera à multiplier les œuvres, la construction d’hôpitaux comme celui des Quinze-Vingts. Son aspiration est l’imitation de Jésus Christ.

Ainsi Louis IX correspond bien à l’idéal social et moral de l’époque, celle du prud’homme : bon guerrier, mais bien vêtu, et de bonne compagnie, celui qui suit la voie médiane : celle de l’équilibre en toutes choses.

II. Tournant du pèlerinage d’outre-mer 1248-1252

- L’appel au pèlerinage de la Croix

Pour exaucer un serment fait alors qu’il était malade, saint Louis répond à l’appel du pèlerinage de la Croix. Ces pèlerinages étaient armés pour s’assurer la sécurité et pouvoir entrer dans des terres impossibles d’accès. Mais cette septième croisade se solde par un échec militaire, le roi ayant été mal conseillé par son frère. Il contacte le typhus, est capturé puis libéré sous rançon. Mais il décide de rester en Terre Sainte pour gérer des problèmes politiques, économiques. C’est à ce moment-là qu’il acquiert, tel Salomon, sa réputation de « roi de sagesse ».

- Hyères : la rupture majeure

De retour, Louis débarque à Hyères et assiste à un prêche d’Hugues de Digne (frère de sainte Douceline), Franciscain qui appelle à la réalisation ici-bas d’un état de justice et de paix qui préfigure le Paradis. Le roi va alors traverser une crise morale où il se perçoit pécheur, pense entrer en religion mais décide finalement de garder sa charge de roi, sous l’influence de sa femme Marguerite et des Franciscains qui l’entourent. Il s’attache donc à son devoir d’Etat.

III. Le roi de justice et de paix – Législateur et pacificateur : 1254-1270

Saint Louis a dorénavant une perception renouvelée de sa responsabilité fondée sur des ascèses toujours plus importantes, sur la contemplation mais aussi sur l’action. Il est ainsi poussé à agir pour la gloire de Dieu et le bien de son peuple. Dès lors, si l’autorité royale vient directement de Dieu, elle est fondée en foi et en raison (Salomon et Aristote), une raison qui respecte les coutumes. Ainsi l’état a sa propre logique fondée sur le bien commun. Le roi va s’entourer d’un groupe d’intellectuels et d’hommes non aristocrates, qui préfigurent les hauts fonctionnaires de l’état naissant.

- Le pacificateur

Saint Louis est convaincu de la monstruosité de se faire la guerre entre chrétiens. Il va ainsi être un arbitre écouté dans les affaires conflictuelles de toute la chrétienté où il saura imposer des mesures pacificatrices (Flandre, Angleterre …)

- Le législateur

Louis IX va introduire de nombreuses réformes : des règles de conduite très strictes pour les baillis et les sénéchaux afin d’éviter qu’ils ne s’enrichissent avec l’argent du royaume ; l’interdiction des jeux de hasard, de la fréquentation des tavernes, l’interdiction du blasphème pour tout sujet ; l’interdiction des guerres privées ; la mise en place d’enquêteurs royaux permanents ; l’interdiction des ordalies (ou « Jugements de Dieu », qui consistaient à soumettre les plaidants à une épreuve dont l’issue désignait la personne justifiée - pratique qui a toujours été condamnée par l’Eglise) : le droit doit primer sur la force.

- La mort de Louis IX

Comme la situation en Terre Sainte a empiré, le roi décide de mener une nouvelle croisade. Mais cette idée soulève peu d’enthousiasme ; Joinville critique son manque de discernement. Le roi et ses troupes débarquent en Tunisie pour tenter de convertir le sultan mais surtout pour tenter d’affaiblir l’Egypte. A Carthage, une épidémie de dysenterie tue le roi et son fils. Louis IX meurt le 25 août 1270 comme un Roi Christ. Il peut être présenté comme le « double » laïc de saint François d’Assise. Quelques années après, en 1297, il est canonisé, en tant qu’homme - et non en tant que roi.

- Télécharger le texte de la conférence

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