"Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire".
Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens
Publié le jeudi 16 septembre 2010 , par

« Que rien ne te trouble
que rien ne t’épouvante
tout passe
Dieu ne change pas
la patience triomphe de tout
celui qui possède Dieu
ne manque de rien
Dieu seul suffit ! »
La vie de sainte Thérèse d’Avila
Thérèse d’Avila (Teresa de Cepeda y Ahumada) est née en Espagne, à Avila, le 28 mars 1515, troisième enfant d’une famille qui en comptera douze.

Sa jeunesse est partagée entre la prière et la fréquentation de ses nombreux frères et cousins. Elle est intelligente, se passionne pour de nombreux sujets, et a le goût de la lecture. Elle est coquette à cette époque, selon ses propres aveux.
Elle perd sa mère à l’âge de 14 ans ; elle poursuit ses études au couvent des Augustines. A 17 ans, elle ne se sent pas vraiment faite pour la vie religieuse, mais pas davantage pour le mariage.
C’est la lecture des "Epîtres de saint Jérôme" qui provoque chez elle l’envie d’entrer dans la vie monastique. Son père n’est pas d’accord et lui demande d’attendre sa mort pour faire ce qu’elle veut. Elle n’attendra pas, car en 1535, à 20 ans, elle se rend au Carmel de l’Incarnation, monastère non cloîtré, qui suit la "règle mitigée", permettant aux religieuses de sortir et de recevoir des visites.
Elle prend l’habit le 2 novembre 1536, et s’en trouve satisfaite. Elle "fait profession" un an plus tard, en déclarant : "Je demande la miséricorde de Dieu et la compagnie de mes soeurs."
En 1538, gravement malade, elle rentre dans sa famille. Elle reçoit l’extrême onction, une tombe est même creusée, quand elle sort d’un coma de plusieurs jours. Elle retourne au monastère et reste dans un état de souffrance pendant 3 ans. Implorant daint Joseph (dont elle dira plus tard que "les âmes gagnent beaucoup à se confier à lui") elle se remet à marcher. Elle a alors 25 ans.

En 1554, elle voit, dans l’oratoire, une statue de Jésus couvert de plaies et en est profondément troublée ; elle se met alors à genoux et supplie d’être "fortifiée".
Cette année, elle lit les "Confessions" de saint Augustin et se découvre des points communs avec lui. Ces deux événements marquent un autre tournant dans sa vie. En cette année également, la crainte du "Démon" l’obsède, et divers Jésuites s’étant installés à Avila, l’aident à sortir de ce mauvais passage.
En 1555, après des exercices religieux de plus en plus stricts, elle a diverses visions, dont celles de Jésus.
En 1556, elle rencontre le père Baltazar Alvarez qui devient son confesseur et dont elle dira qu’elle a fait de grands progrès avec lui.

Un soir d’avril 1560, un ange apparaît à ses côtés et lui transperce le coeur avec un "dard en or".
Après la mort de sainte Thérèse, les médecins confirmeront que le coeur avait bel et bien été atteint.
(voir le § Mort de sainte Thérèse).
Au mois d’août de la même année, elle rencontre Pierre d’Alcantara, futur saint, mais déjà reconnu comme tel, qui "l’éclaire immensément".
En août 1562, préoccupée depuis longtemps par le "relâchement de discipline qui règne chez les carmélites", elle fonde le couvent de saint Joseph d’Avila avec l’autorisation de Rome et l’appui de Pierre d’Alcantara.
Dans ce couvent, les carmélites doivent observer la règle primitive du Carmel. La population et les autorités locales y sont hostiles ; toutefois, mais après de nombreuses difficultés, cette réforme approuvée par Rome s’étendra à toute l’Espagne.
Pierre d’Alcantara meurt en octobre 1562 et lui apparaît quelques temps après "dans une immense gloire" pour lui donner conseil.
A partir de 1565, elle vit des expériences de lévitation qu’elle ne peut empêcher, mais demande aux sœurs qui en sont témoins de ne rien dire.

Deux ans plus tard, débute la création de seize Carmels féminins qui durera près de vingt ans, avec sa contribution et celle de saint Jean de la Croix, qui devient son ami. Elle dit de lui : "S’il est petit par la taille, il est grand, je le sais, aux yeux de Dieu."
Elle aura beaucoup d’ennuis de la part des autorités ecclésiastiques locales des divers monastères (tout comme saint Jean de la Croix), avec les moniales aussi ; elle voyagera par tous les temps, ce qui l’affaiblira progressivement.
La mort de sainte Thérèse d’Avila
Sentant sa fin proche en septembre 1582, elle désire rentrer à Avila, mais on lui demande de faire un détour à Alba pour l’accouchement de la duchesse d’Albe. Elle perd connaissance, vomit du sang et reste clouée au lit dans le monastère de l’Annonciation de Notre-Dame du Carmel. Elle ne retournera pas à Avila, rendant son dernier soupir le 4 octobre.
Neuf mois après sa mort, le cercueil est ouvert, et son corps est trouvé intact.
L’œuvre de sainte Thérèse d’Avila
Sainte Thérèse d’Avila est considérée comme un maître de la spiritualité chrétienne ; elle a redonné à l’église catholique, avec saint Jean-de-la-Croix, une authenticité, une humilité et une discipline qui lui faisaient défaut à ce moment.
Elle a laissé des écrits humbles dans un style direct, proche de la conversation.
Le "Livre de la vie", écrit en 1562-1565 est une véritable autobiographie spirituelle.
Elle décrit son action en 1573 dans le "Livre des fondations" (publié en 1610) ; pour les moniales du couvent d’Avila, elle donne des conseils pour suivre le "Chemin de la perfection" (commencé en 1562, publié en 1583).

Le "Livre des demeures ou le Château intérieur" (1577, publié en 1588) est une description des sept degrés que l’âme doit franchir pour parvenir à l’union avec Dieu. "Ce château a de nombreuses demeures... au centre se trouve la principale où se passent les choses les plus secrètes entre Dieu et l’âme."
Canonisée en 1622, elle a été la première femme à être proclamée docteur de l’Eglise en 1970.