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Sexe, religion et droit… Poncifs et mensonges d’un faux débat

  Publié le mardi 4 décembre 2012 , par Falk Van Gaver

Les discussions ont pour support l’orientation sexuelle des futurs candidats au mariage dont le plus cher désir est de devenir parents. Autrement dit, peut-on être homosexuel et bon parent… là n’est pas la question ! Voilà à mon avis les poncifs et mensonges d’un faux débat, comme en d’autres temps songeons aux discussions sur le divorce en 1970 ou sur l’avortement en 1975.


Brève par Mélina Douchy-Oudot, Professeur à l’Université du Sud Toulon-Var

Sur le mariage :

- Erreur dans la réflexion juridique

Deux hommes ou deux femmes doivent-ils avoir le droit de se marier ? Derrière cette question se pose la question du mariage ? Si le mariage est réduit à la conjugalité, comme l’est le concubinage ou le PACS, il n’y aurait pas de difficulté majeure, le droit ne s’intéressant pas à l’orientation sexuelle des individus, chacun fait ce que bon lui semble chez lui.

Mais le mariage n’est pas un PACS, il n’est pas un concubinage, le mariage est, dans notre Code civil, le lieu d’engendrement et d’éducation des enfants. Il est ce cadre familial donné à l’enfant attendu pour grandir, se construire et participer au bien commun de la société. Le père est encore réputé être le mari (Code civil, art. 312), et « époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille. Ils pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir » (Code civil, art. 213).

Là est la vraie difficulté, deux hommes ou deux femmes ne peuvent pas donner la vie, ils ne peuvent pas tout simplement parce qu’il n’y a pas l’altérité nécessaire au don de la vie. Ils sont deux être sexués identiques et ne peuvent se reproduire.

- Réponse du Catéchisme de l’Eglise Catholique :

« I. Le Mariage dans le dessein de Dieu

1602 L’Écriture Sainte s’ouvre sur la création de l’homme et de la femme à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26-27) et s’achève sur la vision des " noces de l’Agneau " (Ap 19, 7. 9). D’un bout à l’autre l’Écriture parle du mariage et de son " mystère ", de son institution et du sens que Dieu lui a donné, de son origine et de sa fin, de ses réalisations diverses tout au long de l’histoire du salut, de ses difficultés issues du péché et de son renouvellement " dans le Seigneur " (1 Co 7, 39), dans l’Alliance nouvelle du Christ et de l’Église (cf. Ep 5, 31-32).

Le mariage dans l’ordre de la création

1603 " La communauté profonde de vie et d’amour que forme le couple a été fondée et dotée de ses lois propres par le Créateur. Dieu lui-même est l’auteur du mariage " (GS 48, § 1). La vocation au mariage est inscrite dans la nature même de l’homme et de la femme, tels qu’ils sont issus de la main du Créateur. Le mariage n’est pas une institution purement humaine, malgré les variations nombreuses qu’il a pu subir au cours des siècles, dans les différentes cultures, structures sociales et attitudes spirituelles. Ces diversités ne doivent pas faire oublier les traits communs et permanents. Bien que la dignité de cette institution ne transparaisse pas partout avec la même clarté (cf. GS 47, § 2), il existe cependant dans toutes les cultures un certain sens pour la grandeur de l’union matrimoniale. " Car le bien-être de la personne et de la société est étroitement lié à la prospérité de la communauté conjugale et familiale " (GS 47, § 1).

1604 Dieu qui a créé l’homme par amour, l’a aussi appelé à l’amour, vocation fondamentale et innée de tout être humain. Car l’homme est créé à l’image et à la ressemblance du Dieu (cf. Gn 1, 27) qui est lui-même Amour (cf. 1 Jn 4, 8. 16). Dieu l’ayant créé homme et femme, leur amour mutuel devient une image de l’amour absolu et indéfectible dont Dieu aime l’homme. Il est bon, très bon, aux yeux du Créateur (cf. Gn 1, 31). Et cet amour que Dieu bénit est destiné à être fécond et à se réaliser dans l’œuvre commune de la garde de la création : " Et Dieu les bénit et il leur dit : ‘Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la’ " (Gn 1, 28).

1605 Que l’homme et la femme soient créés l’un pour l’autre, l’Écriture Sainte l’affirme : " Il n’est pas bon que l’homme soit seul " (Gn 2, 18). La femme, " chair de sa chair " (cf. Gn 2, 23), son égale, toute proche de lui, lui est donnée par Dieu comme un " secours " (cf. Gn 2, 18), représentant ainsi le " Dieu en qui est notre secours " (cf. Ps 121, 2). " C’est pour cela que l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux deviennent une seule chair " (Gn 2, 24). Que cela signifie une unité indéfectible de leur deux vies, le Seigneur lui-même le montre en rappelant quel a été, " à l’origine ", le dessein du Créateur (cf. Mt 19, 4) : " Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair " (Mt 19, 6) ».

Et il faut bien comprendre :

« 1620 Les deux, le sacrement du Mariage et la virginité pour le Royaume de Dieu, viennent du Seigneur lui-même. C’est Lui qui leur donne sens et leur accorde la grâce indispensable pour les vivre conformément à sa volonté (cf. Mt 19, 3-12). L’estime de la virginité pour le Royaume (cf. LG 42 ; PC 12 ; OT 10) et le sens chrétien du Mariage sont inséparables et se favorisent mutuellement :

Dénigrer le mariage, c’est amoindrir du même coup la gloire de la virginité ; en faire l’éloge, c’est rehausser l’admiration qui est due à la virginité ... Car enfin, ce qui ne paraît un bien que par comparaison avec un mal ne peut être vraiment un bien, mais ce qui est mieux encore que des biens incontestés est le bien par excellence (S. Jean Chrysostome, virg. 10, 1 : PG 48, 540A) ; cf. FC 16) ».

Sur le droit à l’enfant :

- Admission d’un droit à l’enfant par le droit

Faudrait-il reconnaître aux couples par nature stériles, car non différenciés sexuellement, l’accès à l’enfant en les autorisant à recourir à l’Assistance médicale à la procréation ou à l’Adoption, et consécutivement les admettre au mariage ?

Le droit a déjà répondu positivement en présence de personnes de sexe différent, les couples stériles par pathologie, peuvent recourir à l’Assistance médicale à la procréation ou à l’Adoption. Il existe un droit à l’enfant qui consiste dans l’hypothèse de l’AMP avec tiers donneur à priver l’enfant de ses origines avant même sa conception. C’est déjà faire croire que l’enfant n’est pas pour partie ce qu’ont fait de lui ses géniteurs et que ce qu’il a reçu des gênes de ses parents n’a pas une incidence sur ce qu’il sera. Ce qui est faux. Si le déterminisme est une erreur conceptuelle, l’affirmation selon laquelle seules notre volonté et notre liberté permettent de construire ce que nous sommes est tout aussi fausse. Le droit a reconnu un droit à l’enfant contre « les droits de l’enfant » ! Le principe n’a strictement rien à voir en matière adoptive ou l’enfant a été privé, de façon non préméditée, de ses parents pour une cause postérieure à sa conception. Il s’agit de pallier une absence parentale non organisée à l’origine. Les droits de l’enfant sont respectés puisque le droit va donner à l’enfant une famille alors qu’il en était privé.

On comprend dès lors la revendication des personnes de même sexe qui observant ce droit à l’enfant reconnu par le droit positif, demandent à ce que ce droit leur soit aussi octroyé. L’enfant a déjà été instrumentalisé par le droit, il a fait radicalement l’objet d’une réification par le droit, les parents ont fait passer leur désir d’enfant avant le bien de l’enfant désiré. Alors pourquoi le désir de personnes de même sexe ne pourrait-il pas se porter sur cet enfant. Le projet parental est à l’origine de la démarche dans les deux cas.

- Réponse du Catéchisme de l’Eglise Catholique :

Sur le lien nécessaire de la sexualité et de la potentialité de l’enfant :

I. " Homme et femme, il les créa... "

2331 " Dieu est amour. Il vit en lui-même un mystère de communion et d’amour. En créant l’humanité de l’homme et de la femme à son image ... Dieu inscrit en elle la vocation, et donc la capacité et la responsabilité correspondantes, à l’amour et à la communion " (FC 11).

" Dieu créa l’homme à son image ... homme et femme, il les créa " (Gn 1, 27) ; " Croissez et multipliez-vous " (Gn 1, 28) ; " le jour où Dieu créa l’homme, à la ressemblance de Dieu il le fit, homme et femme il les créa : il les bénit et les appela du nom d’homme le jour où ils furent créés " (Gn 5, 1-2).

2332 La sexualité affecte tous les aspects de la personne humaine, dans l’unité de son corps et de son âme. Elle concerne particulièrement l’affectivité, la capacité d’aimer et de procréer, et, d’une manière plus générale, l’aptitude à nouer des liens de communion avec autrui. 2333 Il revient à chacun, homme et femme, de reconnaître et d’accepter son identité sexuelle. La différence et la complémentarité physiques, morales et spirituelles sont orientées vers les biens du mariage et l’épanouissement de la vie familiale. L’harmonie du couple et de la société dépend en partie de la manière dont sont vécus entre les sexes la complémentarité, le besoin et l’appui mutuels.

2334 " En créant l’être humain homme et femme, Dieu donne la dignité personnelle d’une manière égale à l’homme et à la femme " (FC 22 ; cf. GS 49, § 2). " L’homme est une personne et cela dans la même mesure pour l’homme et pour la femme, car tous les deux sont créés à l’image et à la ressemblance d’un Dieu personnel " (MD 6).

2335 Chacun des deux sexes est, avec une égale dignité, quoique de façon différente, image de la puissance et de la tendresse de Dieu. L’union de l’homme et la femme dans le mariage est une manière d’imiter dans la chair la générosité et la fécondité du Créateur : " L’homme quitte son père et sa mère afin de s’attacher à sa femme ; tous deux ne forment qu’une seule chair " (Gn 2, 24). De cette union procèdent toutes les générations humaines (cf. Gn 4, 1-2 ; 25-26 ; 5, 1).

2336 Jésus est venu restaurer la création dans la pureté de ses origines. Dans le Sermon sur la montagne, il interprète de manière rigoureuse le dessein de Dieu : " Vous avez entendu qu’il a été dit : ‘Tu ne commettras pas d’adultère’. Eh bien ! moi je vous dis : ‘Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis, dans son cœur, l’adultère avec elle :’ " (Mt 5, 27-28). L’homme ne doit pas séparer ce que Dieu a uni (cf. Mt 19, 6).

La Tradition de l’Église a entendu le sixième commandement comme englobant l’ensemble de la sexualité humaine.

Sur l’homosexualité :

- Indifférence de la question en droit

Le refus jusqu’à présent de reconnaître aux couples de même sexe ce « droit à l’enfant » serait dit-on consécutif à l’orientation sexuelle de ces couples. L’homosexualité serait un obstacle à l’adoption ou un obstacle au recours à l’assistance médicale à la procréation. En somme, le droit serait d’une certaine manière, coincé, peu libéré, voire homophobe.

L’analyse est inexacte, le droit se moque des choix intimes de celui qui va adopter. L’homosexualité n’est pas, et c’est regrettable, un obstacle à l’adoption d’un enfant par une personne seule.

Pourquoi dès lors s’opposer à la demande faite par les couples de même sexe de recourir à l’assistance médicale à la procréation ou à l’adoption, et consécutivement leur interdire le mariage ?

La solution juridique distincte qui doit être à notre avis maintenue tient au fait que chez un couple homosexuel, il n’y en a pas un qui joue le rôle de l’homme pour les femmes, ou de la femme pour les hommes. Les homosexuels restent et pour les uns totalement femmes, et pour les autres totalement hommes, or l’enfant pour grandir a besoin du pôle masculin et du pôle féminin que seul un couple composé d’un homme et d’une femme pourra offrir.

- Réponse du Catéchisme de l’Eglise Catholique :

« Chasteté et homosexualité

2357 L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que " les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés " (CDF, décl. " Persona humana " 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.

2358 Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition.

2359 Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne ».

En conclusion un catholique se rappellera sur le témoignage de la vérité : 2472 Le devoir des chrétiens de prendre part à la vie de l’Église les pousse à agir comme témoins de l’Evangile et des obligations qui en découlent. Ce témoignage est transmission de la foi en paroles et en actes. Le témoignage est un acte de justice qui établit ou fait connaître la vérité (cf. Mt 18, 16) : Tous les chrétiens, partout où ils vivent, sont tenus de manifester ... par l’exemple de leur vie et le témoignage de leur parole, l’homme nouveau qu’ils ont revêtu par le baptême, et la force du Saint-Esprit qui les a fortifiés au moyen de la confirmation (AG 11).

Mélina Douchy-Oudot







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