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Sur la levée de l’excommunication

  Publié le mardi 3 février 2009 , par Yann de Rauglaudre

1. Communiqué de Mgr Rey à la suite de la levée de l’excommunication des évêques consacrés par Mgr Lefebvre sans mandat pontifical.

2. Note canonique sur la levée de l’excommunication des quatre évêques consacrés par monseigneur Lefebvre sans mandat pontifical.

3. Note de la secrétairerie d’Etat le 4 février.

Retrouvez aussi l’émission "Autour de l’évêque" sur RCF Méditerranée où Mgr Rey est interrogé par Yann de Rauglaudre.


Communiqué de Mgr Rey

La décision du Pape de lever l’excommunication des évêques de la Fraternité Saint Pie X constitue d’abord et avant tout un geste de miséricorde paternelle au service de l’unité de l’Eglise. Lors de l’inauguration de son Pontificat en 2005, Benoît XVI avait déjà déclaré : « faisons tout notre possible pour parcourir la route vers l’unité ». L’une des motivations qu’il donna au Motu proprio Summorum pontificum sur l’usage du Missel de Jean XXIII était la volonté de réconciliation. La décision du Pape est d’ailleurs intervenue de manière significative pendant la semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

Cette décision s’inscrit par ailleurs dans une procédure canonique c’est-à-dire juridique. L’excommunication des quatre évêques concernés avait automatiquement suivi leur consécration intervenue sans mandat du Pape. Mais une excommunication est toujours, dans l’Eglise, une sanction médicinale c’est-à-dire dont le but est l’amendement de la personne excommuniée. Le Pape a estimé que les démarches des évêques concernés, notamment le lettre du supérieur de la Fraternité Saint Pie X du 15 décembre dernier, déclarant leur souffrance devant cette situation, manifestaient leur désir de se réconcilier avec l’Eglise.

La levée de leur excommunication en prend acte. Elle est un premier pas vers une éventuelle et complète réconciliation. Elle ne signifie absolument pas réintégration. Celle-ci nécessitera la définition précise du statut de la Fraternité Saint Pie X. Sur la voie de cette réconciliation, le Pape a demandé aux intéressés « d’accomplir les pas nécessaires à la réalisation de la pleine communion avec l’Eglise, faisant ainsi preuve d’une fidélité et d’une reconnaissance véritables envers le magistère et l’autorité du pape et du Concile Vatican II » (audience du 28/1/09). Il faut distinguer cette décision du Pape qui n’a en vue que l’unité de l’Eglise et la situation spirituelle de tous ceux qui sont liés à la Fraternité Saint Pie X, d’une part, de la démarche individuelle et des déclarations négationnistes inadmissibles et scandaleuses de Mgr Williamson, qui ont été récusées par le supérieur de la Fraternité Saint Pie X, d’autre part. Le 12 septembre dernier, à Paris, Benoît XVI a déclaré que « l’Église s’élève contre toute forme d’antisémitisme dont aucune justification théologique, n’est recevable. Le théologien Henri de Lubac, dans une heure « des ténèbres » comme disait le Pape Pie XII (Summi Pontificatus, 20.10.1939), a compris qu’être antisémite était aussi être antichrétien (cf. Un nouveau front religieux, publié en 1942 dans : Israël et la Foi Chrétienne, p. 136). Une fois encore, je tiens à rendre un profond hommage à ceux qui sont morts injustement et à ceux qui ont œuvré pour que les noms des victimes restent en mémoire. Dieu n’oublie pas ! » Lors de l’audience générale du 28 janvier, Benoît XVI a rappelé son affection et son « indiscutable solidarité envers nos frères destinataires de la Première Alliance ». Il a émis le souhait que « le souvenir de la Shoah pousse l’humanité à méditer sur l’imprévisible puissance du mal lorsqu’il a conquis le cœur de l’homme ». Il y a bien continuité entre les positions de Jean-Paul II et celles de Benoît XVI concernant le mystère d’Israël.

Dans une note de la Secrétairie d’Etat [1] du 4 février 2009, les clarifications suivantes ont été apportées :

D’une part, "la pleine reconnaissance du Concile Vatican II et du magistère des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et de Benoît XVI est la condition indispensable à une future reconnaissance de la Fraternité Saint-Pie X".

D’autre part, "Pour être admis à des fonctions épiscopales dans l’Eglise, Mgr Williamson devra aussi prendre ses distances de manière absolument sans équivoque et publique vis-à-vis de ses positions relatives à la Shoah, lesquelles positions n’étaient pas connues du Saint-Père au moment de la levée de l’excommunication."

Ecouter l’émission



Emission sur RCF Méditerranée


Note canonique

Note ayant reçu l’accord de monseigneur Dominique Rey

1°) L’excommunication de 1988 L’excommunication est une peine du droit canon. Elle recherche l’intégrité spirituelle et morale de l’Eglise dans son ensemble et le bien du coupable en particulier. Elle n’est pas une exclusion de l’Eglise mais une privation de certains biens spirituels. Le canon 1382 prévoit l’excommunication de tout évêque qui consacre un évêque sans mandat du Pape. Celui qui est consacré évêque est également excommunié. Or, le 30 juin 1988, Mgr Lefebvre a consacré quatre évêques sans mandat de Jean-Paul II et contre sa volonté. Tous les cinq ont donc été excommuniés, en application du canon 1382 et du canon 1364.1 qui punit le schisme.

Cette excommunication n’a pas remis en cause l’ordination des évêques, qui ont été validement ordonnés et sont effectivement évêques. Mais elle a entraîné pour eux l’interdiction prévue au canon 1331 de participer à la célébration des sacrements en tant que ministres, de célébrer les sacrements et de les recevoir, de remplir un office dans l’Eglise.

L’objectif d’une excommunication est toujours d’amener la personne excommuniée à la contrition, au repentir et au désir de réconciliation avec l’Eglise. La fin poursuivie par une procédure d’excommunication est d’amener l’excommunié à une réhabilitation éventuelle.

2°) La levée de l’excommunication en 2009 En application du canon 1358, le fidèle excommunié a droit à la remise de sa peine s’il ne persiste plus dans l’intention de commettre le délit ayant justifié son excommunication et s’il veut s’amender. Il doit alors s’adresser à l’autorité compétente, en l’espèce le Siège apostolique. Il doit démontrer qu’il est venu à résipiscence et qu’il désire la réconciliation. C’est ce qu’a fait Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité Saint Pie X, en son nom et en celui des trois autres évêques concernés, notamment dans sa lettre du 15 décembre dernier mentionnée dans le décret levant l’excommunication. Le Pape y a vu un engagement suffisant d’amorcer une démarche de solution des problèmes à l’origine de la division.

La décision de Benoît XVI en 2009 ne remet donc pas en cause les actes adoptés en 1988 sous l’autorité de Jean-Paul II. Elle tire les conséquences de l’évolution et de la demande des évêques de la Fraternité Saint Pie X et constitue le premier pas vers la réhabilitation souhaitée. La levée de l’excommunication ne signifie pas qu’il y a pleine communion ; elle ne signifie pas réhabilitation ; mais elle rend possible l’accomplissement des pas ultérieurs nécessaires pour y parvenir.

3°) Les étapes nécessaires au rétablissement de la pleine communion Le Saint-Siège, et le Pape directement et publiquement, ont indiqué quel chemin le rétablissement de la pleine communion devait emprunter. Le décret du 21 janvier dernier levant l’excommunication « espère que ce pas sera suivi de la réalisation rapide de la pleine communion avec l’Eglise de toute la Fraternité de Saint Pie X, témoignant ainsi de la vraie fidélité et de la vraie reconnaissance du Magistère et de l’Autorité du Pape avec la preuve de l’unité visible ». Le Pape a déclaré le 28 janvier dernier que cela incluait une reconnaissance de l’autorité du concile Vatican II.

Le décret a par ailleurs des effets limités aux 4 évêques concernés, et porte exclusivement sur la levée de l’excommunication. En conséquence, il ne règle pas le sort des clercs et fidèles de la Fraternité Saint Pie X. En particulier, il n’organise pas le statut des évêques et clercs de la Fraternité Saint Pie X dans l’Eglise. Au regard du droit de l’Eglise, ils ne peuvent donc pas, en principe, exercer les pouvoirs d’ordre (célébration des sacrements) et de juridiction.


Note de la secrétairerie d’Etat

Le 4 février 2009, la Secrétairerie d’Etat du Vatican a publié une note suite aux réactions provoquées par le décret de la Congrégation pour les évêques du 21 janvier 2009. Nous en proposons une traduction non officielle (source Eglise Catholique en France).

Suite aux réactions provoquées par le récent décret de la Congrégation pour les évêques, levant l’excommunication de 4 prélats de la Fraternité Saint-Pie X, et en lien avec les déclarations négationnistes ou réductionnistes sur la Shoah faites par Mgr Williamson, de cette même Fraternité, il a été jugé opportun de clarifier certains aspects de cette affaire.

1. Levée de l’excommunication Comme cela a déjà été publié auparavant, le décret de la Congrégation pour les évêques, daté du 21 janvier 2009, a été un acte par lequel le Saint-Père répondait simplement à des demandes répétées faites par le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X.
Sa Sainteté a voulu lever un obstacle empêchant l’ouverture du dialogue. Elle attend désormais que les 4 évêques expriment la même disponibilité, en pleine adhésion à la doctrine et à la discipline de l’Eglise.
La peine très grave d’excommunication Latae sententiae, que les évêques en question ont encourue le 30 juin 1988, et qui a été ensuite formellement déclarée le 1er juillet de la même année, était la conséquence de leur ordination illégitime par Mgr Marcel Lefebvre.
La levée de l’excommunication a libéré les 4 évêques d’une peine canonique extrêmement grave mais n’a pas changé la situation juridique de la Fraternité Saint-Pie X qui, à l’heure actuelle, ne bénéficie d’aucune reconnaissance canonique dans l’Eglise catholique. Ajoutons que, les 4 évêques, bien que libérés de l’excommunication, n’ont pas de fonction canonique dans l’Eglise et n’y exercent pas licitement de ministère.

2. Tradition, doctrine et Concile Vatican II
La pleine reconnaissance du Concile Vatican II et du magistère des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et de Benoît XVI est la condition indispensable à une future reconnaissance de la Fraternité Saint-Pie X. Comme cela a déjà été affirmé dans le décret du 21 janvier 2009, le Saint-Siège ne manquera pas d’approfondir les questions encore en suspens avec les intéressés, de la manière qu’il jugera opportune, de manière à pouvoir parvenir à une solution complète et satisfaisante aux problèmes qui ont été à l’origine de cette douloureuse fracture.

3. Déclarations sur la Shoah
Les positions de Mgr Williamson sur la Shoah sont absolument inacceptables et fermement réfutées par le Saint-Père, comme ce dernier l’a lui-même affirmé le 28 janvier dernier lorsque, faisant référence à cet épouvantable génocide, il a réaffirmé sa pleine et indiscutable solidarité avec nos Frères destinataires de la Première Alliance, et a affirmé que la mémoire de ce terrible génocide devait conduire ’l’humanité à réfléchir sur la puissance imprévisible du mal lorsqu’il conquiert le cœur de l’homme’, ajoutant que la Shoah demeure ’pour tous un avertissement contre l’oubli, contre la négation ou le réductionnisme, car la violence faite contre un seul être humain est une violence contre tous’.
Pour être admis à des fonctions épiscopales dans l’Eglise, Mgr Williamson devra aussi prendre ses distances de manière absolument sans équivoque et publique vis-à-vis de ses positions relatives à la Shoah, lesquelles positions n’étaient pas connues du Saint-Père au moment de la levée de l’excommunication.
Le Saint-Père demande que la prière de tous les fidèles l’accompagne pour que le Seigneur éclaire le chemin de l’Eglise. Puisse l’engagement des pasteurs et de tous les fidèles s’accroître pour soutenir la mission délicate et lourde du successeur de l’Apôtre Pierre en tant que ’gardien de l’unité’ dans l’Eglise".


[1] NDLR : voir ci-dessous










 
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