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Une conférence de Mgr Henri Teissier, archevêque émérite d’Alger

"Le dialogue islamo-chrétien en Algérie de 1830 à nos jours"

  Publié le mercredi 18 février 2015 , par Pierre Couette

Le Centre Spirituel Mariste de Toulon a accueilli le 5 juin 2014 l’ancien archevêque d’Alger (1988-2008) qui a relaté la riche, et parfois douloureuse, histoire des relations islamo-chrétiennes pendant et après la présence française en Algérie.



Cette rencontre, due à l’initiative d’une famille amie, a été organisée sous le patronage de la Diaconie du Var, de l’Église protestante luthéro-réformée de Toulon, du Groupe d’Amitié Islamo-chrétienne (GAIC), et de l’Association Culturelle des Musulmans de La Garde, ainsi que du Centre Spirituel Mariste. Au cours de ses paroles d’introduction, le Père mariste Olivier Laurent a déclaré notamment :

« Le dialogue interreligieux, et particulièrement la rencontre entre chrétiens et musulmans, font partie de notre histoire, et depuis le Concile Vatican II, ils constituent un des axes majeurs de la pastorale de l’Église. Aujourd’hui nous sommes ensemble dans nos quartiers, sur nos lieux de travail, nous partageons espoir et souffrance, joies et peines, et ce n’est pas toujours facile… Mais nous nous reconnaissons ensemble en Abraham notre Père, et nous croyons ensemble en Dieu le Miséricordieux, qui nous a voulu différents, et qui nous invite à faire route ensemble tout au long de notre pèlerinage sur la terre. »

Puis il présenta en ces termes le conférencier :

« Père Henri Teissier, vous êtes un témoin incontournable de cette longue histoire des rencontres entre musulmans et chrétiens dans l’Algérie d’hier, et dans l’Algérie en devenir. Et cette rencontre a été marquée de tant de souffrances, et de tant de joies ! Votre témoignage nous est précieux, et j’en suis certain, nous aidera à poursuivre notre route sans nous décourager, et à être ensemble, parce que nous sommes croyants, des artisans de justice et de paix dans la famille humaine. Vous avez été archevêque d’Alger pendant les « années de braise », nous n’oublions pas, tous ceux et celles, chrétiens et musulmans, qui ont payé de leurs vies leur engagement pour la fraternité. Leur exemple éclaire nos pas. »



L’émir Abd el Kader, un interlocuteur d’exception





Dans son intervention, le père Henri Teissier évoqua tout d’abord, pour retracer la longue histoire du dialogue islamo-chrétien en Algérie à partir de 1830, la haute figure de l’émir Abd el Kader. Il rappela à son auditoire varois que celui-ci, aussitôt après sa reddition en 1847, fut amené directement d’Alger à Toulon, où il fut enfermé comme prisonnier de longs mois, et dans des conditions difficiles, au Fort Lamalgue, qui domine encore la plage du Mourillon. Mais l’émir Abd el Kader ne fut pas seulement un chef de guerre s’affrontant aux armées françaises, mais aussi un dignitaire musulman sensible aux souffrances des combattants des deux camps.

C’est sur ce sujet que débuta véritablement le dialogue islamo-chrétien en Algérie, entre l’émir et Mgr Dupuch, le premier évêque d’Alger, qui demanda la libération d’un officier français fait prisonnier. L’émir répondit qu’il était disposé non seulement à libérer cette personne, mais également tous les autres soldats dans cette situation, et qu’en échange, entre hommes de Dieu préoccupés du bien de tous les hommes, l’évêque se devait d’obtenir que les algériens aux mains des Français soient aussi relâchés, et c’est ce qui fut fait peu de temps après par les états-majors.

De ces premiers échanges est née une longue amitié entre les deux hommes, qui se manifesta ensuite lorsque l’émir s’étant constitué prisonnier et fut retenu cinq années en France, entre 1847 et 1852, Mgr Dupuch lui rendit souvent visite, à Pau puis à Amboise, qui succédèrent à Toulon comme lieux de détention.
L’émir eut enfin la liberté de s’installer, selon son voeu, en terre musulmane à Damas, où il se consacra essentiellement aux études religieuses. En 1860, lorsque les chrétiens de Syrie furent l’objet de violentes persécutions, il leur ouvrit généreusement sa maison et ses terres, les protégeant ainsi d’une mort certaine. Pour le remercier de cette action exceptionnelle, Mgr Pavy, le successeur à Alger de Mgr Dupuch, lui écrivit une lettre, auquel l’émir répondit en ces termes :

« Ce que nous avons fait de bien avec les chrétiens, nous nous devions de le faire, par fidélité à la foi musulmane et pour respecter les droits de l’humanité. Car toutes les créatures sont la famille de Dieu et les plus aimés de Dieu sont ceux qui sont les plus utiles à Sa famille. Toutes les religions apportées par les prophètes depuis Adam jusqu’à Mohamed reposent sur deux principes : l’exaltation du Dieu Très-Haut et la compassion pour ses créatures. »

En lisant cet extrait, le père Teissier fit remarquer que l’affirmation du respect des droits humains qui y figure très clairement, est tout à fait exceptionnelle pour l’époque, et riche de futurs développements…





Pères et sœurs blanches de Mgr Lavigerie au seul service des Algériens





Mgr Lavigerie, qui succéda aux deux évêques précités, fut vite conscient à son arrivée en Algérie en 1868 que le clergé catholique était trop préoccupé seulement par la population européenne, et que personne n’était disponible pour rencontrer les algériens. C’est pourquoi il fonda alors l’Ordre des Pères Blancs, et, plus tard, celui des Sœurs Blanches, car, pensait-il, l’Église n’est pas faite pour l’unique service des chrétiens, mais, avec tous les chrétiens, pour aider tous les hommes qui l’entourent. Il envoya donc ces religieux et religieuses dans des régions à peuplement essentiellement musulman, en particulier en Kabylie et au nord du Sahara, parlant la langue, vêtus et mangeant comme les habitants. Ils y ouvrirent des écoles et des dispensaires, et ont laissé un souvenir très vivant. Par exemple, lorsqu’en 1994, quatre d’entre eux furent assassinés à Tizi-Ouzou, une jeune femme avocate musulmane écrivit cette lettre à Mgr Teissier :

« Désormais, avec beaucoup de kabyles, je me sentirai orpheline. Pour beaucoup d’entre nous, ils étaient notre famille, notre refuge, un grand soutien moral. Tous ceux qui, hier, allaient vers eux afin de se confier et de leur demander conseil, se sentent aujourd’hui très seuls, et étreints d’une grande douleur. Avec un grand courage, ils sont restés parmi nous, pour tous ceux qui avaient besoin d’eux. Nous tous, nous leur rendons hommage. Je dis ma solidarité dans la souffrance avec tous ceux qui leur sont proches, et tous leurs nombreux amis. Ils faisaient partie des êtres que ne peuvent pas appartenir à une seule petite famille. »

Quant aux Sœurs blanches, elles se consacrèrent à la formation des jeunes filles algériennes au sein d’un mouvement appelé « La Ruche », une sorte de guidisme adapté à la société locale. Celles qui en ont bénéficié, et qui sont désormais des grands-mères, se réunissent encore parfois entre elles pour évoquer ce qu’elles ont reçu de leur part à l’époque de leur enfance et de leur adolescence.





Le père Charles de Foucauld, ermite au rayonnement universel







La haute figure du père Charles de Foucauld est inséparable du dialogue islamo-chrétien en Algérie. Officier à l’origine, puis entré chez les trappistes, il s’est installé en ermite d’abord à Beni-Abbès, dans le grand sud oranais, puis dans la région du Hoggar, auprès des touaregs. Il apprend la langue tamacheq, en réalise le premier dictionnaire, et y traduit les évangiles, pensant convertir ces nomades musulmans. Mais, peu à peu, il s’est rendu compte que ces populations, islamisées depuis plus de douze siècles, avaient leur propre façon d’aller à Dieu. Il s’est donc mis en quelque sorte à leur école, et à s’imprégner de leur culture. Plusieurs années après sa mort, l’ordre religieux des Petits Frères de Jésus, puis des Petites Sœurs a été fondé dans l’esprit de totale pauvreté du père de Foucauld. Ces ordres sont actuellement présents dans de très nombreux pays, y compris en Algérie, où de petites communautés de Soeurs ont même vécu sous la tente, auprès des nomades, jusque dans les années 1990. Des Petits Frères de Jésus sont toujours actifs parmi nous en Algérie, en particulier auprès des populations encore très défavorisées des bidonvilles. La mémoire de cet ermite est toujours vivante dans l’Algérie indépendante au point qu’un notable de Beni-Abbès, fasciné par son histoire, a fait réaliser récemment à ses frais un film retraçant la vie et l’œuvre du Père de Foucauld.





L’action sociale au service du dialogue

Après ces rappels historiques, Mgr Teissier a évoqué l’action, beaucoup plus modeste, mais essentielle, de quelques laïcs ou religieux qui se sont mis au service des habitants des quartiers les plus difficiles, dans le cadre de l’action sociale, en particulier dans les bidonvilles qui se sont créés à la périphérie des grandes villes du fait de l’exode rural.

Ce fut le cas, par exemple, dans les années 50, c’est-à-dire même pendant la guerre d’indépendance, pour Marie-Renée Chéné, infirmière et assistante sociale venue de France, qui travailla dans la banlieue pauvre d’Alger, à Hussein Dey, dans un bidonville nommé Boubsila. Quelqu’un de sa famille, présent dans cette salle, a écrit sa biographie.

De même, une protestante, Soeur Renée, de la communauté de Grandchamp en Suisse, qui est décédée à Alger il y a quelques mois, a été pratiquement toute sa vie aux côtés des femmes algériennes les plus démunies. Une universitaire et chercheuse algérienne, Barkahoum Ferhati, qui enquête justement sur ces chrétiens et chrétiennes d’Algérie qui sont restés dans l’ombre, a publié à son décès, dans le journal El Watan, un grand article sur la vie de Soeur Renée, consacrée aux plus pauvres, et au dialogue islamo-chrétien tissé dans l’amitié et l’action quotidienne. Mais très souvent, en Algérie, surtout dans les grandes villes, les européens chrétiens vivaient séparés de la population musulmane. Quelqu’un a bien décrit cette situation : c’est Mgr Pierre Claverie, dominicain, qui fut évêque d’Oran de 1981 à son assassinat le 1er août 1996 :



« J’ai passé mon enfance dans la « bulle coloniale », non qu’il n’y ait eu des relations entre les deux mondes, loin de là ; mais, dans mon milieu social, j’ai vécu dans une bulle, ignorant l’autre, ne rencontrant l’autre que comme faisant partie du paysage ou du décor que nous avions planté dans mon existence collective. Peut-être parce que j’ignorais l’autre ou que je niais son existence, un jour, il m’a sauté à la figure […] L’émergence de l’autre, la reconnaissance de l’autre, l’ajustement à l’autre sont devenus pour moi des hantises. C’est vraisemblablement ce qui est à l’origine de ma vocation religieuse. Je me suis demandé pourquoi, durant toute mon enfance, étant chrétien - pas plus que les autres - fréquentant les églises - comme d’autres - entendant des discours sur l’amour du prochain, jamais je n’avais entendu dire que l’Arabe était mon prochain. Peut-être l’avait-on dit, mais je ne l’avais pas entendu. Je me suis dit : désormais, plus de murs, plus de frontières, plus de fractures. Il faut que l’autre existe, sans quoi nous nous exposons à la violence, à l’exclusion, au rejet. »

Nouveaux coopérants après 1962

Après l’indépendance, et le départ de la plupart des européens d’Algérie, de nombreux coopérants français sont venus travailler dans le nouvel État en construction. Ce fut le cas en particulier d’instituteurs et de professeurs, dont certains se réunirent autour de quelques prêtres en « Équipes enseignantes » - une personne qui faisait partie de ces équipes m’a salué tout à l’heure à mon arrivée. D’autres, proches en France de la JOC ou de la JEC, se sont rassemblées dans des mouvements nommés là-bas « Vie et Jeunesse », ou « Équipes d’Amitié », où se retrouvaient en bonne intelligence à la fois des européens et des algériens. C’est ainsi que la présence chrétienne en Algérie a continué modestement.

En 1976, le gouvernement algérien a décidé de nationaliser tout le secteur de l’enseignement. Beaucoup des prêtres et religieux qui y travaillaient ont accepté d’être intégrés dans les établissements publics. C’est ainsi par exemple que le Frère mariste Henri Vergès, d’abord enseignant, s’occupa ensuite dans la casbah d’Alger d’animer une bibliothèque pour lycéens, où il fut assassiné en mai 1994.



Les années noires du terrorisme (1991-1999)

Pendant cette période très difficile pour tous, algériens et étrangers, la solidarité entre communautés n’a pas faibli. Lorsque deux sœurs ont été tuées à Bab el Oued, le journal francophone El Watan a publié par exemple la chronique suivante :

« Depuis ce dimanche, ma pensée ne cesse de tourner autour de l’assassinat des deux religieuses espagnoles. Comment et pourquoi peut-on tirer sur deux femmes, deux religieuses, deux créatures de Dieu, qui en ce dimanche allaient dans la chapelle, en toute confiance, prier le Créateur ? Pourquoi ? Deux femmes qui allaient vers Dieu demander grâce. Elles allaient sûrement y aller de leur petite prière pour nous, malheureux algériens, soumis aux fléaux. Peut-être qu’elles vont nous manquer longtemps ces petites prières de ces deux religieuses qui voulaient faire pencher la balance du côté de la paix et de la miséricorde. »

C’est pourquoi il n’est pas si étonnant qu’au moment des funérailles de Mgr Claverie, évêque d’Oran, une femme musulmane ait tenu aussi à s’exprimer publiquement en ces mots :

« Il existe en Algérie une ‘église musulmane’. Elle est composée de tous ces hommes, de toutes ces femmes, qui se reconnaissent dans son message d’amour universel, et son engagement pour une société plurielle et fraternelle. C’est pour cela que je trouve injuste et dommageable que l’on dise : il n’y a plus de chrétiens, pourquoi donc envoyer du monde en Algérie ? En Algérie, nos sangs sont mêlés, c’est ce qu’aimait dire Pierre Claverie, qui a mêlé son sang avec celui de Mohamed [1]. Effectivement, il n’y a pas spécialement des chrétiens et des musulmans, il y a la révélation de Dieu à l’homme. L’homme de demain est en train de se construire, et l’Église d’Algérie est là pour cela. Je veux rendre hommage aux dix-neuf religieux et religieuses qui depuis quatre ans ont donné leurs vies pour que vive cette Algérie-là. Je rends en particulier hommage à Pierre Claverie notre évêque. Je remercie tous ceux et toutes celles qui ont choisi de rester, ou de nous rejoindre sur cette terre de partage. Merci à l’Église d’avoir laissé sa porte ouverte. Elle découvre l’homme nouveau, et ensemble nous découvrons Dieu, car Dieu n’est pas une propriété privée. »

Plus récemment, lorsque Pierre, un prêtre qui est resté très longtemps responsable de la bibliothèque à la faculté de médecine d’Alger est décédé, une jeune femme médecin algérienne a lu à ses obsèques, célébrées dans la Cathédrale d’Alger, le témoignage suivant, qui est un très bel exemple de dialogue islamo-chrétien authentique :

« Je pense que seuls tes mots, et ceux des personnes qui ont été tes modèles, te traduiront au plus vrai. Les premiers mots qui résonnent les plus forts à mes oreilles, et surtout dans mon coeur, c’est ta fameuse expression ‘don de soi ‘. Tu restais fasciné devant cette forme de don fait à l’autre, que le premier, Dieu fait à nous ; donc, pour toi, on devait le faire vis-à-vis de nos frères. Si je devais résumer ta vie, je dirais que c’est un don de toi à l’autre. Ta réussite, c’est la même que celle de Dieu : s’il se donne à nous, c’est qu’il nous aime. S’il t’a donné cette capacité de don, c’est qu’il ta donné avant tout un cœur aimant. »

Enfin, Mgr Teissier a terminé son intervention par ces mots, qui ont été très applaudis :

« Je voudrais que vous compreniez que cette relation islamo-chrétienne que nous vivons en Algérie a des harmoniques un peu différentes de celle du Maroc ou de la Tunisie. Au Maroc, par exemple, il y a des rencontres et des dialogues islamo-chrétiens organisés par les autorités dans une salle publique. En Algérie, ce n’est pas la même chose : c’est la vie en commun, l’engagement en commun, les risques courus en commun, les services vécus en commun qui font qu’on se sent proches et qu’on partage […] C’est une histoire qui a été dure, qui a été marquée par la période coloniale, par la guerre de 1954 à 1962, par le départ de la population européenne en 1962, par les troubles de 1991 à 1999, mais c’est une histoire aussi de fraternité, d’amitié, de reconnaissance réciproque. Merci d’être venus écouter cette histoire ! »

Questions

L’orateur se prêta ensuite aux questions de l’auditoire, qui portèrent sur divers sujets, comme par exemple le sort de l’ancienne communauté israélite d’Algérie, désormais quasiment inexistante, sur le christianisme implanté en Kabylie, et les communautés évangéliques, sur la liberté de conscience reconnue par la constitution algérienne dans un État s’affirmant cependant islamique, et qui interdit le prosélytisme. Mais, à chaque fois, Mgr Teissier a souligné que malgré ces difficultés, le dialogue fraternel et la rencontre amicale des personnes de confessions différentes sont toujours possibles, et même souvent chaleureuses, comme il en a apporté de nombreux exemples. A l’une des interrogations portant sur la pertinence de mot « colonie » employé à propos de l’Algérie, qui était pourtant constituée de « départements français », Mgr Teissier a répondu de la manière suivante :

« C’est bien là le drame qui s’est passé. La France a appelé cette région des départements français, et beaucoup d’européens sont venus s’y installer. Mais les algériens d’origine musulmane ne se sont pas reconnus dans cette affirmation, et cela a débouché sur cette guerre de 1954 à 1962. Et presque tous les européens ne se sont pas reconnu, eux, le courage de vivre sous la responsabilité de la majorité arabo-musulmane, et ils sont partis. Le rêve qu’avait eu la société française d’avoir créé des départements français au sud de la Méditerranée s’est effondré devant la réalité, c’est-à-dire la lutte des algériens qui ont refusé ce rêve. »

La rencontre s’est enfin conclue par la récitation à haute voix par Mgr Teissier, en arabe, langue liturgique de l’islam, du Notre Père, dont l’AMIN final a été repris en choeur par la salle debout.

A l’issue de la conférence, différents documents ont été mis à la disposition des participants : outre la lettre de l’émir Abd el Kader à Mgr Pavy, déjà citée, des extraits des déclarations publiques de Mgr Duval, archevêque d’Alger de 1954 à 1988, et prédécesseur de Mgr Teissier ; le testament spirituel du Frère Christian de Chergé, prieur du monastère de Tibhirine, assassiné avec six autres de ses frères en 1996 ; des textes extraits des homélies de Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran, victime d’un attentat la même année ; des notes personnelles du Frère mariste Henri Vergès, abattu en 1994 dans la biblothèque pour lycéens qu’il animait dans la casbah d’Alger ; un article du quotidien algérien El Watan rendant hommage à la Soeur protestante Renée Schmutz, qui consacra une très grande partie de sa vie aux femmes des bidonvilles ; des extraits de travaux universitaires d’une pionnière de l’action sociale dans l’Algérie des années 50, Marie-Renée Chéné, assistante sociale proche de Germaine Tillion.

Bibliographie :
- Église en Islam - Méditation sur l’existence chrétienne en Algérie (Le Centurion, 1984)
- La Mission de l’Église (Desclée de Brouwer, 1985)
- Lettres d’Algérie (Bayard, 1998)
- Chrétien en Algérie - Un partage d’espérance (Desclée de Brouwer, 2002)
- Martine de Sauto : Henri Teissier, un évêque en Algérie. De l’Algérie française à la crise islamiste (Bayard, 2006) • ainsi que d’autres livres traitant de la même thématique :
- Teissier H. Minassian Marie-Dominique : Tibhirine, la fraternité jusqu’au bout ((Signe, 2012)
- P. Lassausse Jean-Marie, Henning Christophe : Le Jardinier de Tibhirine, (Bayard, 2010)
- Christian Salenson, etc. : Le Verbe s’est fait frère - Christian de Chergé et le dialogue islamo-chrétien (Bayard, 2010)
- Jean-Jacques Pérennès : Pierre Claverie, un algérien par alliance (Cerf, 2000) _ _



[1] Un spectacle théâtral intitulé « Pierre et Mohamed », écrit en particulier à partir des homélies de Mgr Pierre Claverie, et du carnet de son chauffeur, Pierre Bouchikhi, tous deux tués dans un attentat à Oran en août 1996, a été donné à Toulon le 22 novembre 2014. Voir le compte-rendu de ce spectacle






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