Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

"Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire".

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var



Une jeune femme torturée et tuée pour sa Foi

  Publié le jeudi 18 juin 2009 , par Paroisse Saint-François de Paule

Rubrique "A propos de l’Islam" du bulletin de mai 2009


Fatima, 26 ans. Martyre chrétienne en Arabie Saoudite

d’après différents sites de convertis au christianisme et un article d’Alain Sanders.

« L’affaire n’a pas fait la une de la « grosse presse » occidentale. Elle mérite pourtant d‘être racontée. Un homme des Moutawaa, cette milice islamique redoutable chargée de faire respecter la charia, a assassiné sa propre sœur au motif qu’elle s‘était convertie au christianisme. Il l’a lapidée. Il lui a coupé la langue. Il l’a brûlée vive, la laissant agoniser dans d’horribles souffrances. Elle s’appelait Fatima Bint Mohammed BenOthman al-Matiri. Elle avait 26 ans.

Une vie sans histoire. Jusqu‘à ce jour où, au cours d’une conversation avec sa famille, elle va dire son admiration pour Jésus-Christ. A partir de là, son frère va la traquer. Il va d’abord s’emparer de l’ordinateur de Fatima et y découvrir des textes louangeurs sur le Christ. Convertie, la jeune femme participait – sous divers pseudonymes – à des forums de chrétiens, notamment des Coptes. Dans ces textes, Fatima défend « la liberté religieuse », ce qui est déjà insupportable pour un Saoudien et plus encore pour un sicaire des Moutawaa, mais elle critique aussi l’islam et son intolérance.

Dans l’une de ses contributions, elle commet l’irréparable : comparer Jésus-Christ à Mahomet, exaltant les enseignements pacifiques du premier et stigmatisant la vie plus qu‘équivoque du second… En Arabie Saoudite, comme dans de nombreux pays musulmans, c’est littéralement se condamner à mort. Pour le frère de Fatima, aucune hésitation : la mort, en application de la charia dont il se trouve être l’un des gardiens les plus farouches. Et les plus sanglants.

Se sachant découverte et, de ce fait, condamnée, Fatima va envoyer son dernier message au forum des Chrétiens arabes. Pour dire sa peur. Mais aussi son espérance : « Jésus est ma lumière, il sera mon compagnon, je ne crains rien. » Les conditions de sa mise à mort ont été si effroyables que son assassin a été arrêté et mis au secret. Dans le souci d‘étouffer l’affaire. Sur un site de Dubaï, on peut lire : « En effet, de telles révélations sont dommageables et l’image de l’Arabie Saoudite pourrait en pâtir si la communauté internationale s’emparait de ce meurtre. Les proches de la victime tentent de leur côté de présenter le meurtre comme une affaire de mœurs.

Mais le fait que plusieurs sites internet s’en soient emparés risque de porter préjudice au pouvoir saoudien et à l’institution religieuse.

Extrait du site www.forumcatholique2.blogspot.com

Témoignage du père X..., prêtre en terre d’Islam

Du 4 au 6 novembre, a lieu, au Vatican, le premier forum catholiques-musulmans, destiné à mettre en place une instance de dialogue avec des intellectuels musulmans. Pour montrer l’urgence de l’échange, voici, en exclusivité, le témoignage d’un prêtre qui vit en terre d’islam. Ce récit poignant n’est pas la réalité de tous les chrétiens en pays musulmans, mais il illustre bien celle de nombreux convertis au christianisme, qui appellent de leurs vœux un véritable dialogue fondé sur la réciprocité.

Entre 9 et 11 millions de chrétiens vivent en terre d’islam. Leurs conditions de vie varient d’un pays à l’autre. Le Liban (photo Greg Demarque CIRIC) est le seul pays à majorité musulmane où ils jouissent des mêmes droits. Ailleurs, les petites communautés sont tolérées à condition de ne pas évangéliser. Depuis la montée de l’islamisme et l’arrivée des troupes occidentales en Afghanistan (2001) et en Irak (2003), les agressions antichrétiennes se sont multipliées dans la plupart des pays musulmans. Si les chrétiens sont admis et reconnus dans la majorité de ces pays, il en est tout autrement pour les convertis, victimes de persécutions. Et même si le Coran honore Jésus et les chrétiens dans plusieurs de ses versets, l’islam interdit la conversion d’un musulman. L. B.

Le témoignage

"Je ne vous donnerai ni mon nom ni de renseignement sur le pays d’où je viens, car je dois être prudent. Pour moi et pour mes amis. Je suis prêtre et j’habite en terre d’islam depuis un demi-siècle. Dans mon pays, alors que la communauté était florissante avant l’arrivée de l’islam, il reste très peu de chrétiens. Là où je vis, comme dans la plupart des pays musulmans, les chrétiens sont tolérés, mais à des conditions inacceptables. Ainsi nous est-il interdit de témoigner de notre foi dans la langue du pays. Nous n’avons ni séminaire ni monastère. Nous ne pouvons pas non plus construire d’églises. Quant aux conversions, elles sont passibles de la peine de mort. Pour l’islam, tout musulman qui veut le baptême est un traître à reconvertir ou à tuer.

Or, je m’occupe d’accompagner les convertis, de les former jusqu’au baptême. J’en connais un grand nombre, que je ne suis pas allé chercher avec une épuisette, mais qui ont frappé un jour à ma porte, en me demandant que je leur parle de Jésus-Christ. Des personnes qui, après avoir étudié le Coran, ont choisi librement l’Evangile pour rencontrer Dieu. J’ai accepté de témoigner pour que les chrétiens de France sachent la détresse dans laquelle vivent ces convertis. Et pour que les responsables réunis à Rome pour dialoguer avec des musulmans n’oublient pas les difficultés qui frappent les minorités chrétiennes en pays d’islam. 

J’aimerais vous raconter l’histoire d’Ahmed*, étudiant de 25 ans. Pour lui, tout a débuté par un songe. Un homme en blanc lui mettait la main sur l’épaule. Chez nous, sur cette terre d’Orient où Dieu s’est révélé aux hommes, les rêves jouent un rôle capital. A partir du moment où Ahmed a eu ce songe, il n’a eu de cesse d’en chercher la signification. Grâce à Internet, il a découvert un Evangile dans sa langue et l’a lu. Puis il m’a rendu visite après des heures de voyage. « J’ai plein de questions sur l’Evangile », m’a-t-il lancé. Il n’avait pas d’Evangile. Trop dangereux. « Mais j’ai un téléphone portable. » Et là, stupéfait, j’ai découvert tout l’Evangile, enregistré dans son téléphone. Durant des heures, il m’a posé des questions sur Jésus et sur la prière. 

Ahmed n’est pas une exception. Rachid est arrivé chez moi, saisi lui aussi par Jésus grâce à un songe. Il devait, selon ses mots, « poursuivre son chemin jusqu’au bout ». Il m’a demandé le baptême. Je l’ai freiné, car je ne baptise qu’après trois ans de formation. « Il faut savoir si l’appel de Jésus est vraiment solide, ai-je rétorqué. Si ton rêve vient vraiment de Dieu. » C’est toujours ainsi que je procède. 

« Vous aurez du mal à vous marier »

Je dis aussi à ces personnes les difficultés qui les attendent. « Une fois baptisé, vous devrez vivre votre foi dans la clandestinité, vous cacher de vos voisins, voire de votre famille. Vous aurez du mal à vous marier. Si les autorités découvrent que vous êtes convertis, vos enfants seront placés chez des musulmans pour être rééduqués. » L’histoire de Fatima illustre ces problèmes. Cette jeune femme issue d’une famille de notables musulmans, s’est vue, en songe, crucifiée sur la croix. Ce rêve la hantait. Elle finit par découvrir Jésus, trouve un Evangile dans sa langue, le lit, le médite. Elle se fait baptiser, mais elle est dénoncée. Son mari l’enferme dans sa chambre sans nourriture, jusqu’à ce qu’elle perde l’enfant qu’elle attendait. Comme elle refuse de renier le Christ, il la jette dehors. Ses parents la battent. Son père menace de la tuer. Elle parvient à s’enfuir. Depuis, elle vit cachée, dans une extrême pauvreté mais heureuse. Elle veut devenir religieuse. 

Chaque année, j’accompagne une cinquantaine de convertis. Nous organisons des réunions, en étant très méfiants. Dans nos groupes, personne ne sait comment s’appelle son voisin. Ainsi, si l’un de nous est arrêté, il ne peut rien révéler. Une fille nous aide aussi. Elle prend l’Eucharistie et la met sous son voile pour aller donner la communion. L’on se demande souvent pourquoi ces musulmans deviennent chrétiens. Il n’y a pas d’explication rationnelle. C’est une rencontre d’amour foudroyante. La plupart sont jeunes et insatisfaits avec l’islam, imposé ici par la force. Et puis, ils se posent des questions. Les contradictions du Coran les travaillent. 

« Si je dois me soumettre, que vaut le dialogue ? »

On me fait souvent le reproche d’évangéliser. « Vous nuisez au dialogue. » Cela m’a été dit par des autorités dans l’Eglise, qui m’accusent de mettre des gens en danger, de provoquer des divisions dans les familles. Un jour, le nonce apostolique m’a reproché mon prosélytisme. « Ce ne serait pas l’Esprit saint qui ferait du prosélytisme ? ai-je répondu. Qui mène l’Eglise, sinon Lui ? Si je ne porte pas la bonne nouvelle, ma mission de prêtre est inutile. Et si je refuse la confrontation avec les autorités musulmanes, en restant dans les limites qu’elles me fixent, que vaut le dialogue ? » Je demande aux responsables chrétiens qui, à Rome, dialoguent avec des dignitaires musulmans, de ne pas tenir des propos tièdes. Le dialogue interreligieux est indispensable, mais il se doit d’être chrétien, solidaire avec les Eglises persécutées. Il faut affirmer haut et fort les valeurs des Eglises d’Orient. Elles sont en dialogue depuis des siècles, mais persécutées depuis l’arrivée de l’islam sur leurs terres. Il les a réduites à l’état de petit reste silencieux et stérile. Ces Eglises ne peuvent accueillir aucun converti ! Que nos amis musulmans d’Occident qui réclament des droits exigent de leurs coreligionnaires, en pays d’islam, les mêmes droits à l’égard des minorités chrétiennes. C’est cette réciprocité, nécessaire pour un franc dialogue, que rappelle souvent Benoît XVI. »

* Tous les prénoms ont été changés. Recueilli par L.B. et S.L

Extrait du site www.pelerin.info.fr










 

Conception et développement : bonnenouvelle.fr