"A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis. Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui." Martin Luther King
Selon un sondage Ifop publié le 22 mars dans La Croix, 65% des catholiques pratiquants estiment (...) Lire +
Yann de Rauglaudre

15 janvier 2002
Mgr Dominique Rey
Les diocésains de Toulon ont hâte de vous connaître. Pouvez-vous déjà leur dévoiler le prêtre et l’homme que vous êtes ? Comment vous caractériseriez-vous ?
Je suis un homme de contacts et de relations que je désire simples et directs. J’ai toujours cherché à créer des espaces et à générer des initiatives qui permettent à l’Église de sortir d’un cadre trop identitaire pour aller rencontrer la société telle qu’elle est. Les gens ont besoin à la fois de références claires, d’intériorité, de formation, du Magistère. Mais, en même temps, il faut construire des passerelles pour tous ceux qui n’osent plus s’approcher de l’Église ou ne pensent pas à le faire.
À titre personnel, mais aussi comme pasteur, le monde des artistes et de la culture me semble être un lieu de passage. Dans ma paroisse, j’ai, par exemple, suscité de nombreux concerts gospels, raps ou classiques et la création d’ateliers artistiques. La beauté est certainement un moyen de s’acheminer vers Dieu ou de pressentir Sa Présence.
Dans l’église de la Sainte Trinité, vous avez également organisé de grands débats sur l’Amour, la mort ou encore sur le travail, avec Frank Riboud, PDG de Danone, Daniel Bernard, PDG de Carrefour et le journaliste Ivan LEVAÏ...
C’est toujours la même logique aller à la rencontre de personnes qui n’osent plus venir à l’Église, en leur proposant une réflexion sur les grands sujets qui les touchent. J’y suis d’autant plus sensible que j’ai de nombreux amis agnostiques, athées, ou appartenant à d’autres traditions spirituelles (musulmans ou juifs en particulier).
Comme chaque prêtre de la Sainte Trinité (9°), Dominique REY passe une soirée par semaine à servir au "Bistrot du Curé", le restaurant de la paroisse situé Bd. de Clichy en plein quartier Pigalle. Ces actions pastorales seront-elles les souvenirs que vous garderez de la paroisse de la Sainte Trinité ?
Notamment. Mais je crois que ce qui m’a le plus marqué durant ces cinq ans, ce sont les pauvres rencontrés dans les rues et à qui, avec le concours de paroissiens, nous avons pu trouver un logement et un boulot. Je pense par exemple à Ahmed, aujourd’hui en situation régulière, qui a logé plusieurs mois chez des paroissiens. Je pense à des jeunes comme Jean-Marie ou Fabrice qui s’en sont sortis.