Publié le mardi 2 juillet 2002 , par Paroisses d’Hyères
C'est la fête de l'eucharistie,
aujourd'hui. Une messe, pour célèbrer la messe. Encore, dira-t-on
! Mais la messe, c'est quoi ? C'est d'abord une nourriture: il faut se
nourrir pour ne pas mourir. On parlera d'un « amour dévorant
», « Je te croquerai », dit la maman à son jeune
enfant. Et c'est vrai que manger des carottes, ça rend aimable,
dit-on. Mais, dit-on aussi que manger le Corps du Christ, ça rend
« aimant » ? (Nicolas Grivet) Oui, manger le corps du Christ,
c'est recevoir Dieu chez soi. C'est aussi une présence. C'est enfin
une rencontre. Est-ce qu'on s'en rend compte ?
On dit que la messe représente la mort et la résuretion; oui, au sens qu'elle rend présente -représenter, c'est rendre présent-, la mort et la résurection, là, devant vous, comme sur un studio de TF1, en direct, pour vous.
Mais pourquoi Dieu a -t-Il
pris ce moyen de la messe, pour venir sur terre encore aujourd'hui ? Il
y a bien une raison.Vous connaissez l'histoire de Cyrill, 13 ans, qui fait
sa première communion ? On lui a dit quelques jours avant: «
Tu y crois encore, à « ça » (en lui parlant de
l'eucharistie) ? Et il a répondu tranquillement: « Oui. Dieu,
quand Il voit qu'un homme a peur de lui, ne sait jusqu'où se faire
petit, pour que cet homme n'ait plus peur de Lui. Alors, Il se fait tout
petit, Il vient dans l'hostie, Il vient dans l'eucharistie. Ainsi, on ne
peut pas avoir peur de Dieu.
Vous partez en voyage, vous
allez à l'étranger. Vous rammenez à vos enfants un
cadeau qui a souvent 2 caractéristiques: il est d'abord extraordinaire
-il faut en mettre plein la vue-; et il n'est pas trop cher, car il faut
pour le retour, il faut faire le plein du réservoir d'essence. Eh
bien, pour la messe, c'est tout le contraire. Dieu nous offre ce cadeau
qu'est l'eucharistie, qui est à la fois ce qu'il y a de plus ordinaire:
(comme matière,) c'est du pain; mais ça vaut aussi un prix
fou: le prix de sa vie; Il donne sa vie, à chaque messe, Il donne
la vie spirituelle; il a donné sa vie après la Cène,
tout de suite après, il va se faire tuer pour nous montrer jusqu'où
va l'amour vrai, qu'on n'oublie jamais.
Une messe vivante, c'est une
messe qui nous fait vivre, autrement.
Et une messe vivante, c'est
une messe qui nous fait vivre, autrement quelquefois.
Une belle messe, ce n'est pas une messe où quelqu'un a bien chanté, où quelqu'un a bien parlé. Une belle messe, c'est une messe qui embellit la vie.
On dit quelquefois: «
C'était une belle messe. » Pourquoi ? Parce que quelqu'un
a bien chanté ? Parce que quelqu'un a bien parlé ? Prenez
garde. Une bellemesse, c'est une messe qui embellit la vie. Sinon,
ce serait un moment de beauté religieuse, d'art sacré, qui
nous rassure à bon compte, au lieu de nous renouveller, et qui nous
évade, au lieu de nous entraider, au lieu de nous entraiuer.
C'est bien d'être croyants; c'est mieux d'être « croyables » !
Eh bien sommes-nous devenus
plus croyants ? En venant à la messe ? Encore faut-il être
croyables ! Et que par exemple, cette semaine, personne, autour de nous
ne se demande ce que nous sommes venus faire ce dimanche, à la messe.
La légende de Tagor: le grain de blé en or
Est-ce que vous connaissez
cette légende de Tagor, qui est tellement parlante. Ecoutez-la.
Vous la connnaissez. Ca se passe, en Inde, dans une région très
très pauvre. Un hiomme, plus pauvre que les autres, encore, mlarche
interminablement, sur les sentiers brulés de soleil. Et la légende
veut qu'il mendie de masure en masure, de maison, en maison. Il mendie
sa nourriture. Et la légende dit que cette nourriture, c'est du
blé. Mais, à la fin de la journée, cet homme voit
son sac de blé: il n'y a presque rien. Mais un jour, son coeur bat
très fort. Il aperçoit un attelage de poussière: 4
chevaux qui tiraient un carose. « Ah! Si ce prince daignait s'arrêter,
et jeter un regard sur moi ! Et s'il me donnait une pièce d'argent
ou d'or ? » Oui, l'attelage ralentit, les chevaux s'arrêtent.
La porte s'ouvre, et un homme au regard plein de bonté, fait signe
au mendiant de s'approcher. Il lui dit: « Donne-moi ton blé.
» Alors le mendiant est déconcerté. Il pense: «
Mais c'est moi qui mendie, ici. On renverse les rôles ! » Mais,
le mendiant tire, déconcerté, un petit grain de blé;
il le donne à ce riche inconnu. Et l'attelage repart, laissant le
malheureux, qui rentre chez lui encore plus pauvre que jamais. Mais le
soir, dans son petit sac, l'ayant ouvert, qu'elle n'est pas sa surprise;
quand il aperçoit un petit grain d'or. « Ah! Si seulement,
si seulement, j'avais concenti à donner tout le contenu du sac !
» On est loin de la messe, semble-t-il. Eh bien non. Car à
nous aussi, le Seigneur nous demande à la messe de Lui donner notre
blé; de lui donner notre pain quotidien. Autrement dit, quelque
chose de notre vie quotidienne. Et c'est ce que symbolise l'hostie, que
le prêtre offre au moment de l'offertoire.
Mais qu'est-ce que nous offrons,
est-ce que nous confions quelque chose de notre vie personnelle à
l'autel ? Rappelez-vous la multiplication des pains: Jésus multiplie
les pains, à partir de presque rien: 5 pains, et 2 petits poissons.
Quelle est notre « mise » ? Puisque pour gagner au tercé,
il faut avant, qu'on donne « la mise. » Une ou deux fois, en
montagne, j'étais parti célèbrer la messe avec des
jeunbes. On avait oublié les hosties. Eh bien, on n'a pas pu célèbrer
la messe du tout. Pas d'hosties ? Donc, pas de messe.
Le Père Varillon raconte que avant la messe il aime prendre une hostie non consacrée dans la main. Il médite sur le semeur, le laboureur, le meunier, le minotier, sur l'usine qui a construit la moissonneuse-batteuse, les tracteurs ......
Le Père Varillon, dans un livre, raconte: « Moi, avant de célèbrer la messe, j'aime bien prendre dans mes mains, prendre une hostie non consacrée, j'aime méditer sur ce bout de pain. Et si je peux le tenir dans les mains, il a fallu le travail du laboureur, du semeur, du minotier, du meunier, du boulanger, le travail des usines, qui ont fabriqué la moissonneuse batteuse, le tracteur, etc ...
Alors, vous voyez, ce qu'on
offre à la messe, ce n'est pas le travail des autres, mais notre
vie personnelle, notre pain quotidien. Et qui est fait de nos joies, de
nos peines. De nos responsabilités, et de nos amours.
Pourquoi ? Pour transformer notre vie quotidienne, dans sa propre vie. « Nous sommes aussi les hosties que Dieu veut changer en Lui, disait Thérèse de Lisieux.
C'est l'offertoire: «
Nous te le présentons, pour qu'il devienne le pain de la vie! »
Ce pain devient divinisé.
Quand nous nous nourrissons de ce pain,
nous recevons l'Esprit Saint.
La messe
nous dit aussi de ne jamais juger sur les apparences: puisque les apparences
sont trompeuses; après la consécration, ce n'est plus du
pain, c'est la Présence du Bien Aimé, du Réssuscité.
L'intérieur échappe à nos yeux; il est sous le regard
de DieuIl est devenu comme nous, pour qu'on puisse devenir comme Lui.
Un moteur à essence, sans essence
On me dit: « Moi je ne
vais pas à la messe, je ne suis pas pratiquant, mais je suis croyant.
» Et je réponds: « Vous avez vu un moteurf à
essence, fonctionner sans essence ? » Moi, jamais. Si on veut avancer,
si on veut des énergies, alors, recevons l'eucharsitie. On me dit
aussi: « Mais, moi, j'ai pas envie d'aller à la messe. »
Et je réponds: « Mais Jésus a peut-être envie
que tu y ailles ? » On regarde toujours à sens unique. Mais
il y a aussi l'autre, quand on aime.
La partie de foot
Moi, je dis qu'une mese, c'est
un peu comme une partie de foot. Le match ne peut commencer, que quand
tout les joueurs sont arrivés. Pas avant. Et tant qu'il manque encore
un joueur sur le terrain, le match ne peut pas commencer. Tant qu'il manque
encore une personne à la messe, on ne peut pas commencer. Et nous
célèbrons la victoire de l'amour. A la coupe du monde, à
Paris, les français ont brandi devant leur triomphe une coupe en
or. A la messe, le prêtre soulève aussi la coupe en or, à
chaque messe (le calice), à la consécration. C'est une victoire,
mais éternelle, qui ne connaitra plus jamais de défaite comme
à Séoul.
ALORS ? LA MESSE, OBLIGATOIRE ? NECESSAIRE !
Enfin, la messe n'est pas d'abord
obligatoire. Elle est d'abord necessaire. J'en ai besoin, pour vivre bien.
Elle n'est pas necessaire parce qu'elle est obligatoire. Non. Elle est
obligatoire parce qu'elle est necessaire, et c'est très différent.
On ne peut plus aller à la messe alors de temps en temps. Vous avez
vu des amoureux, qui s'aimeraient « de temps en temps ? » Impossible.
« le coeur de Jésus a battu dans mon coeur. » C'est
une parole de Marthe Robin, après la communion. Si on allait aussi
loin ?
C'est pas une corvée,
la messe. C'est un rendez-vous d'amour. C'est le ciel sur la terre. Si
on savait tout sur la messe, on en mourrait, disait le saint Curé
d'Ars. On en mourrait d'amour. Heureusement qu'on ne sait pas tout ...
c'est vraiment trop fou !
Hyères, ce 8 Juin 2OO2. Fête-Dieu.