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Alors vous serez mes témoins"
(Actes 1, 8)
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Les tentations selon Saint Matthieu

  Publié le mardi 12 mars 2002 , par Paroisses d’Hyères

CHAPO

HOMELIE DE CAREME PREMIER DIMANCHE 2OO2

LES TENTATIONS SELON SAINT MATTHIEU


Les 3 tentations sont : le matériel, le sensationnel, et l’universel.

L’avoir, le savoir, le pouvoir.

Qui donnent un jour la pire des tentations : celle du doute sur Dieu.



La pénitence, c’est l’amour qui se débarrasse de tout ce qui le gêne !

Les vraies pénitences, c’est toutes celles qu’on n’a pas choisies : cette voiture qui ne démarre pas le matin ; c’est la carte de crédit qu’on ne retrouve pas ; c’est ce téléphone portable qu’on a perdu ; c’est cet enfant malade, alors qu’on devrait partir pour ce week-end programmé depuis 6 mois avec des amis ...


Si l’amour est un feu, la prière est le bois qui le recharge ! Stan Rougier

C’est fou ce que mes idées changent quand je les prie, confiait Bernanaos à ses amis !


Voir aussi en toute affaire, la présence de l’Adversaire.

Chaque jour contribue à nous construire, ou à nous détruire.

Chaque jour, nous choisissons d’être : égoïstes, et généreux,

lâches et courageux, tristes et joyeux !

« Si l’amour est un feu, la prière est le bois qui le recharge ! » Stan Rougier.

« Vous êtes ce qu’est votre désir ! » Marthe Robin


Les 2 efforts personnels, que je vous propose, en plus de celui de la paroisse :

chaque jour, rendre quelqu’un heureux ! Et : l’exercice du regard positif !

Ne signaler les ornières, que pour baliser la lumière. Cette vie a-t-elle un sens, là où son Auteur n’est plus présence ?





LE SENS DU CAREME ? NOUS LIBERER. L’HISTOIRE DU PETIT SINGE DE LA JUNGLE


Qu’est-ce que le carême ? C’est ce temps de désert, que nous faisons avec Jésus. Le désert, ce n’est pas vraiment le dessert. Il y fait chaud, il y fait froid la nuit ; on a faim, on a soif. Ce n’est pas drôle, le désert. Mais il y a une qualité dans le désert, c’est que je suis obligé de marcher. Sinon je meurs sur place. Pas d’immobilisme !


Si vous étiez allé il y a 1OO ans en Inde, dans la jungle, ou bien au Viet-Nam, et que dans un village, vous aviez été invité, on vous aurait placé à une très bonne place au repas : c’est une table très curieuse, car devant vous, sur la table, pas de couvert, mais un simple trou, et à la hautaur de vos pieds, un petit écrou. La viande arrive ; elle est vivante, et excusez-moi, c’est un peu cru comme histoire, c’est le cas de le dire, on coince le petit singe sur l’écrou, en bas ; en haut, la tête dépasse, et, sans que ça fasse mal au petit singe, on ouvre la tête : il paraît que c’est très bon. Il fallait être déjà un invité de marque pour être reçu de cette façon-là. Mais je ne vous raconte pas l’histoire pour que vous donniez cette recette à vos amis, sinon, vous risquez de les perdre tous, vos amis. On n’a pas cette habitude-là chez nous. C’est en fait maintenant que l’histoire commence.

Comment attrape-t-on le singe  ? On dispose en bas des arbres des longs paniers, où on dépose au fond, des dattes, des figues, des chocolats, des bananes, tout ce que le singe aime ; et de fait, il est malin, le singe, il ne prend que ce qu’il aime. Et, au moment de retirer la main, comme la main est pleine, et que le panier est étroit, et effilé, au bout, le singe ne peut plus retirer la main. Il est coincé, c’est alors que le chasseur arrive.

Eh bien, le singe, il croit prendre, dans sa main, mais de fait, il « est pris », par ce qu’il croyait prendre. Nous aussi, nous croyons prendre dans notre vie, et ...de fait, on est plus souvent pris par ce qu’on croit « prendre ». On « prend », on « possède » une voiture, mais est-ce que ce n’est pas la voiture qui nous possède ? On « croit prendre », possèder, une cigarette, mais est-ce que ce n’est pas la cigarette qui nous possède ? On croit prendre une maison, possèder, une maison, mais est-ce que ce n’est pas la maison qui nous « possède »  ? on n’est plus du tout libres.


LA COMMUNION DES SAINTS OU LA COMMUNION DES SINGES  ?

Le monde nous invite à la communion des singes. Nous sommes alors coincés par des désirs qui ne nous construisent pas toujours, et il faut parfois nous poser la question : est-ce que nous ne serions pas parfois un peu comme des singes ? Où nous « faisons » comme tout le monde. Mais le carême nous invite à la reflexion personnelle, au sens critique, plus qu’à l’esprit critique ; il nous invite à fuir le prêt à penser, l’opinion toute faite déjà. Le chrétien ce n’est pas forcément celui qui vit comme tout le monde, c’est celui qui vit « avec » tout le monde.


Le carême, c’est le temps où je me désencombre, de tout ce qui m’alourdit, sinon, on ne peut plus marcher librement ...


LES 3 TENTATIONS

Les 3 tentations, c’est le matériel, l’universel, et le sensationnel. C’est l’avoir, le savoir, le pouvoir. Dans le sensationel, Jésus refuse la fascination, pour emporter l’adhésion. « Vous êtes ce qu’est votre désir », disait très justement Marthe Robin ».



LE MATERIEL

Dans la première tentation, c’est le matériel. J’ai une amie dentiste en région parisienne, quand elle revient le soir de son cabinet, elle est fatiguée, stressée après une journée surchargée, surtout le mercredi, où elle reçoit les enfants ; elle a une petite Amélie, 6 mois, et Amélie ne se nourrit pas. Pourquoi ? Parce qu’Amélie est très sensible au stress de sa mère, et qu’elle ne peut plus très bien manger, ça ne passe plus, elle est bloquée, comme sa maman d’ailleurs. « L’homme ne vit pas seulement de pain ... » c’est déjà vrai sur le plan humain : l’homme se nourrit d’abord de tendresse, et d’amour.


LE SENSATIONNEL

2° tentation. Le sensationnel. « Jette-toi, en bas du temple, et tout le monde te croira... » Le démon l’ammène au dessus du temple. Le temple, c’est le lieu de la prière, c’est la prière, de fait. Comme pour lui dire : « Tu es au dessus de tout ça ! » « Tu es au dessus de la prière... à quoi ça te sert ? De prier ? On est d’ailleurs en vacances.... on n’a pas le temps, on doit visiter encore ce musée, on doit faire encore cette ballade ... » On ne vous le dit jamais, ça, quand vous êtes en vacances ? Si l’amour est un feu, la prière : c’est le bois qui la recharge. Si dans les livres on cherche Dieu, dans la prière on Le trouve. « Mais c’est fou ce que mes idées changent quand je les prie, confiait Bernanos à ses amis ! » Le carême, c’est d’abord le temps de la prière, où je prends de longs moments chez mon Père.


L’UNIVERSEL. LA REUSSITE

3° tentation : la réussite à tout prix. « Regarde tous ces royaumes, je te les donnerai ! » dit le démon. « ce qui compte, c’est de réussir, dans la vie ! Ôtez -vous de là, dégagez, je vais réussir. Réussir, même à n’importe quel prix ! Au prix de tricher, d’écraser, d’éliminer autour de moi. » Vous savez, il y a 2 réussites. D’abord réussir dans la vie, c’est ce que viens de dire. Et puis, réussir sa vie. On est tous appelés à réussir sa vie, mais il y en a très peu qui réussissent dans la vie. Réussir dans la vie, c’est réussir dans le regard des autres ; mais réssir sa vie, c’est réussir sous le soleil de Dieu, et c’est beaucoup mieux.


LA VRAIE PENITENCE



La vraie pénitence pour moi, ce n’est pas se priver de chocolat, ou de friandise, tout le carême. La vraie pénitence, c’est l’amour qui se débarrasse de tout ce qui le gêne. On est tous arrivés ces dernières années, à la fête de Pâques avec un « cimetière de résolutions », prises au début de carême, et jamais tenues, où à peine commencées. Pour moi, les vraies pénitences, c’est celles qu’on n’a pas choisies : c’est la clé de contact qui ne tourne pas dans le moteur, le matin. C’est la carte de crédit qu’on ne retrouve pas ; c’est l’aspirateur qui ne marche pas ; c’est le téléphone qui sonne alors que vous êtes en train de sortir pour une course oubliée et urgente ; c’est l’enfant malade le samedi matin, qui vous empêche de partir pour un week-end programmé depuis 6 mois avec vos amis, c’est tout ça, les vraies pénitences de la vie.


Comme effort de carême, on nous propose le jeûne, la prière et le partage. Les sociologues ont voulu étudier la vie des français en regardant leurs poubelles ; très interessant ! Ils ont vu qu’en 25 ans, la poubelle des français par an, et par tête d’habitant, est passée de 27O kilogs à 4OO kilogs ! Dingue. Donc, le gaspillage, et le partage !


Et, le jeûne, on nous demande une heure au moins entre la dernière chose avalée, et la communion. Le jeûne chrétien, c’est d’abord en vue de la communion. La première des nourritures, c’est l’eucharistie.C’est Dieu qui me nourrit d’abord . Le jeûne est très mal vu dans notre société de consommation. Et pourtant, les sportifs ne mangent pas n’importe quoi, avant leurs compétitions ; ils ne mangent pas trop non plus. Mais, chez nous, le jeûne, c’est pour préfèrer. On préfère « la » nourriture par excellence, c’est Dieu lui-mème ; on Le préfère, à toutes les autres nourritures, qui sont bonnes, si on sait les mettre à leur place.

De toute manière, on peut tous jeûner de paroles de dérision à tout propos. On peut jeûner si on parmi les personnes âgées, en ne se plaignant pas de notre santé, pouir s’interesser à la vie des autres. On peut jeûner, si on est jeunes, de walk-man, de bruits incessants, pour entendre la vie, le sens de la vie.

On peut tous jeûner 3 fois par jour : de télévision excessive, de cigaresstes, (ce sera tout bénéf. Poour notre santé d’ailleurs. Comme vous le voyez, il n’y a pas que le jeûne de nourriture ou de viande.

Par contre vous le savez aussi, il n’y a pas de joie sans victoire ; il n’y a pas de victoire sans combat.


Je voudrais terminer par un texte qui a bouleversé ma vie. Je ne peux plus vivre comme avant, depuis que j’ai lu ça. Je vous le lis :






ILS SONT SI BIEN ELEVES LES GOSSES QUI MEURENT DE FAIM


« Ils sont si bien élevés, les gosses qui meurent de faim :

ils ne parlent pas la bouche pleine,

ils ne gâchent pas leur pain.

Ils ne jouent pas avec la mie pour en faire des boulettes,

ne font pas des petits tas au bord de leur assiette.

Ne font pas des caprices, ne disent pas : « J’aime pas ça ! »,

ne font pas des grimaces quand on enlève un plat.


Eux, ils ne trépignent pas pour avoir des bonbons,

ils ne donnent pas aux chiens le gras de leur jambon,

ne courent pas dans vos jambes, ils ne grimpent pas partout...

ils ont le coeur si lourd, et le corps si faible, qu’ils vivent à genoux...

Pour avoir leur repas, ils attendent sagement...

ils pleurent parfois, mais ça ne dure pas longtemps...

Non, non, rassurez-vous, ils vont pas crier :

ces petits-là, ils sont si bien élevés...

Ils pleurent sans bruit, on ne les entend pas,

Ils soint si petits, qu’on ne les voit même pas ...

Ils savent qu’ils ne peuvent rien attendre de leur père, de leu mère ...

ils cherchent stoïquement leur riz dans la poussière,

mais ils ferment les yeux quand l’estomac se tord,

quand la douleur atroce irradie tout leur corps.


Non, non, soyez tranquilles, ils ne vont pas crier,

ils n’en ont pas la force :

seuls leurs yeux peuvent parler...

ils vont croiser leurs bras sur leur ventre gonflé,

ils vont prendre la pose pour faire un bon cliché...

ils mourront doucement, sans bruit, sans déranger...

ces petits enfants-là, ils sont si bien élevés !


Oui ! ils sont si bien élevés, les gosses qui meurent de faim. »


Cité de : François Drevillet.



Un double effort que je vous invite à faire tout au long de ce carême : chaque jour, rendre quelqu’un heureux. Ca, c’est possible, de le faire, c’est à notre portée, non ? Et puis, l’exercice du regard positif. Voir dans notre journée, le soir, d’abord ce qui a « marché » ; voir dans notre couple, voir dans notre famille, d’abord ce qui est positif. Voir d’abord dans les événements, dans les autres, ce qu’il y a de beau, de grand, de fort. Alors nous arriverons tous au port ! Ne signaler les ornières, que pour baliser la lumière ! Dites : notre monde a -t-il un sens, là où son Auteur n’est plus présence ? Bon carême ! Bon « Car j’aime » !









 

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