Le
projet Pastoral
Préambule
Le
Buisson qui brûlait dans le
désert sans se consumer (Ex 3) était une annonce et un
appel. Dans l’expérience
du Buisson Ardent, Moïse entend la Révélation du Nom
de Dieu : il s’agit
d’une annonce qui lui permet de mieux connaître le Seigneur. Mais
il est aussi
envoyé en mission : c’est l’appel qui l’invite à
prendre sa place dans le
Peuple de Dieu et dans l’histoire du Salut.
C’est
une expérience semblable que
nous voudrions proposer aux jeunes du Var. Notre action doit leur faire
parvenir une annonce et un appel. Une annonce : celle de la Bonne
Nouvelle
de Jésus qui leur permettra de mieux le connaître ;
un appel :
prendre leur place dans l’Eglise et dans le monde. Annoncer l’Evangile
du
Christ, c’est entrer dans une dynamique missionnaire, faire retentir
l’appel de
Dieu, c’est s’engager dans une démarche vocationnelle.
Ainsi
toute
action pastorale vers les jeunes de notre diocèse doit avoir
cette double
approche missionnaire et vocationnelle. Ces deux dimensions ne sont ni
alternatives ni concurrentes, mais c’est dans leur
complémentarité que se
trouve la fécondité de chacune. Cependant, pour mieux
définir les objectifs,
nous choisissons de les présenter l’une après l’autre.
Titre I.
Dimension missionnaire de
la
Pastorale
des Jeunes
Dans
sa dimension missionnaire, notre action vise à
« témoigner de ce que nous avons vu et
entendu »
A)
Objectifs missionnaires
Nous
nous inscrivons ici dans la
démarche du diocèse initiée par la Lettre
Pastorale « L’actualité de la
Mission ». Notre évêque nous donne cinq
critères pour la mission :
1.
Une
imprégnation d’évangile, en
étant présent au monde des jeunes, une présence
parfois interrogeante et
novatrice : il s’agit pour nous de rejoindre le maximum de
jeunes là
où ils vivent
2.
Le
témoignage fraternel, pour que
les jeunes se sentent chez eux dans l’Eglise : il s’agit pour
nous de
proposer des groupes chaleureux et ouverts où
s’expérimentent la vie
fraternelle, la vie de prière et où chacun trouve sa
place.
3.
Le
renouveau paroissial où se vit
l’accueil, la liturgie, la guérison, la transmission de la foi
et la solidarité :
il s’agit de permettre aux jeunes de s’insérer dans la vie des
paroisses.
4.
Par de
nouvelles formes de la
mission : des missions ponctuelles, la collaboration entre
prêtres et
laïcs, le bénévolat et de grands rassemblements :
il nous faut pour
cela organiser des événements qui fassent date dans
l’histoire personnelle des
jeunes.
5.
La
formation, une formation
humaine dans toutes ses dimensions : pour cela nous devons
proposer
des sessions et des outils de formation.
B)
les moyens de la mission vers les jeunes
B
1. Pour rejoindre les jeunes du Var, nous avons besoin :
*
Dans les
établissements publics
d’enseignement secondaire, de personnes qui fassent le relais avec les
communautés chrétiennes existantes. Il peut y avoir
plusieurs situations :
-
Il y a des
établissements où,
statutairement, l’aumônerie n’existe pas. Il s’agit alors de voir
s’il est
opportun de s’engager dans une démarche d’ouverture qui passera
nécessairement
par une mobilisation des parents d’élèves.
-
Il y a des
établissements où l’aumônerie
ne peut se manifester que sous forme d’affichage et d’information. Il
faudra
alors trouver des personnes qui puissent rencontrer
réguliérement les
responsables pour manifester l’existence de l’aumônerie et
faciliter la
communication. Ce sera généralement entre une fois par an
et une fois par
trimestre.
-
Il y a des
établissements où l’on peut
envisager une présence dans l’enceinte scolaire. Le
correspondant de
l’aumônerie veillera à entretenir de bonnes relations avec
les autorités, et
assurera des activités régulières selon les
modalités prévues (permanence,
réunions, simple présence sur la cour). Lorsque les
prêtres ne peuvent assurer
cette présence, ils solliciteront un laïc
bénévole pour assumer cette précieuse
mission.
*
Dans
les
établissements
catholiques d’enseignement secondaire, de prêtres capables de
s’investir et de
soutenir les équipes d’animation. La situation de notre
église ne permet plus
une implication du même type que celle du siècle dernier.
Pour autant, le
ministère presbytéral reste un signe précieux de
l’intérêt que nous portons à
l’évangélisation par l’éducation. On attend, d’un
prêtre :
-
Une participation aux
conseils qui
déterminent les grandes orientations, manifestant ainsi son
intérêt réel pour
l’établissement et sa capacité à entrer dans un
projet qu’il n’a pas initié.
-
Un accompagnement de
l’équipe éducative,
en particulier par la collaboration régulière avec ceux
qui participent à
l’animation pastorale.
-
La
célébration des sacrements au sein de
la communauté chrétienne, selon un rythme raisonnable.
-
Une certaine
disponibilité auprès des
élèves en rendant possible la rencontre avec un
prêtre.
*
Dans
les
universités et autres
établissements d’enseignement supérieur, de
chrétiens témoignant de la joie de
suivre le Christ. Etudiants, professeurs et intervenants divers sont
les
principaux acteurs de la mission. Nous devons les aider à
trouver les moyens
d’un témoignage joyeux et crédible.
*
D’activités
de
loisirs à
destination du grand public (camps, sorties, animations ...) ;
activités
vécues dans l’expérience et la sagesse chrétienne.
Il est important que la
proposition soit portée par un groupe affichant un projet
éducatif et
pédagogique clair. On peut citer quelques critères d’un
art de vivre marqué par
l’évangile dans le cadre des activités de loisir :
-
L’équilibre
entre les activités
culturelles, artistiques, sportives et spirituelles.
-
La proposition des
sacrements
(eucharistie et réconciliation) et de célébrations
non sacramentelles, annoncées
et inscrites dans le programme.
-
L’insistance soutenue
à l’unité et à
l’amitié fraternelle.
-
L’attention à
proposer des temps et des
moyens de parole, d’écoute et de dialogue.
-
La présence de
la Parole de Dieu et la
proposition de thèmes de réflexion en variant les moyens
pédagogiques.
-
L’institution d’une
charte de vie,
construite ensemble.
B
2. Pour des groupes chaleureux et ouverts, il faut veiller à
*
Des
occasions de
collaborations
entre les groupes différents.
*
L’intégration
des mouvements au
sein de la Pastorale des Jeunes diocésaine. Il faut que les
jeunes participants
à ces mouvements puissent avoir conscience d’appartenir à
une église locale,
dans le respect d’une spécificité plus
générale.
*
Un
répertoire
musical plus adapté
à la sensibilité des jeunes.
B
3. Pour permettre aux jeunes de s’investir dans les paroisses, nos
moyens
sont :
*
Au moins deux
pôles de
propositions fortes pour les jeunes par doyenné. La
géographie devra être
pensée en lien avec la restructuration en cours dans le
diocèse. Mais il est
important que, sur un territoire de proximité, l’église
n’ait pas qu’un seul
visage pour les jeunes.
*
L’institution
de
« messes de
jeunes » où les différents groupes de jeunes
se retrouvent pour partager
et manifester la complémentarité de leur action. C’est un
signe que la
communauté chrétienne sait accueillir les jeunes dans
leur sensibilité.
*
La
participation des
jeunes aux
actions et groupes de solidarité, en particulier en lien avec la
diaconie du
Var.
B
4. Pour l’organisation d’événements qui fassent date, il
faut.
*
Des
grands
rassemblements par
tranche d’âge. Il s’agit de rendez-vous annuels, respectant la
pédagogie et la
psychologie propre à chaque tranche d’âge :
-
Pour les
collégiens, on peut envisager ce
rassemblement sous forme d’une journée dans un lieu
marqué spirituellement, à
date fixe ou fixée dès le début de l’année.
On veillera à l’aspect festif, à la
dimension physique (marche, jeu ...) et à l’ouverture. La
préparation doit être
particulièrement soignée.
-
Pour les
lycéens, on peut envisager un
WE, peut-être sous forme d’un festival, avec différents
groupes, des temps de
réconciliation et la proposition d’une nuit de prière.
-
Pour les
aînés, cela peut être à
l’occasion d’actions significatives, avec des témoins marquants.
On visera à ce
que ce rassemblement affermisse les jeunes dans leur choix spirituel.
Outre le
prix, qui est souvent un obstacle pour les étudiants et jeunes
professionnels,
on veillera à ce que les différents groupes soient
invités, sachant qu’à cet
âge, pour la communication, il vaut mieux avoir des amis que des
tracts.
*
Des
permanents
laïcs dans chaque
doyenné, au service de la pastorale des jeunes et en lien avec
les
paroisses ; en commençant par les doyennés ruraux.
*
Des
missions
ponctuelles dans les
paroisses et les établissements catholiques.
B
5 Les moyens que nous prenons pour la formation sont :
*
Une
attention
soutenue à la Parole
de Dieu, pour en faciliter l’accès et en donner le
« goût ».
*
Des
stages de
formation des
responsables et des animateurs comportant des modules bibliques,
théologiques,
pédagogiques, administratifs.
*
Des
formations
institutionnelles
(BAFA, BAFD ...).
Titre
II.
Dimension
vocationnelle de
la
Pastorale des Jeunes
Dans
sa dimension vocationnelle,
nos actions cherchent à « permettre à ce qui
existe d’éclore et de se
développer ».
C)
Objectifs vocationnels
Visant
un
public plus volontaire qui s’est déjà mis en
marche,
l’aspect vocationnel de
notre action doit aider à trouver sa place dans l’Eglise et dans
le monde, en
réponse à l’appel original de Dieu. Les objectifs sont
les suivants :
1.
Proposer un
accompagnement spirituel et
affectif des jeunes qui acceptent de cheminer dans le temps avec nous.
2.
Favoriser la
participation responsable à
la vie de l’Eglise, par une présence dans les différentes
communautés
chrétiennes où se manifeste la confiance que l’on fait
à l’action de l’Esprit
qui souffle aussi dans le coeur des jeunes.
3.
Promouvoir une
éducation citoyenne, dans
le respect des institutions de notre pays et de son fonctionnement, et
qui
permette de se sentir utile à la société des
hommes.
4.
Mettre en place une
pédagogie de
l’engagement, qui permette de répondre avec compétence et
enthousiasme à
l’appel discerné.
D)
Les moyens de l’accompagnement vocationnel
D
1. L’accompagnement des jeunes ne se fera pas sans :
*
Un programme
éducatif adapté à
l’âge respectant la progression du jeune. On peut tracer les
grandes lignes de
principe :
-
Pour les
collégiens, l’idéal serait de
pouvoir faire une proposition par classe, en variant les techniques
pédagogiques selon les âges. On peut éventuellement
rassembler deux années
consécutives. En 4° et 3° on insistera sur des grands
thèmes, en tenant compte
de la maturation affective différente des garçons et des
filles. Les temps
forts, l’écoute et la dimension ludique de l’animation sont des
points
d’attention particulièrement importants.
-
Pour les
lycéens, on s’efforcera de
garder un lien avec le programme scolaire (histoire, français,
philosophie). Il
faut prendre les moyens pour ouvrir les groupes à une autre
dimension que la
classe et soigner les lieux d’expression (dans le cadre, par exemple,
de débat,
de rencontres de témoins, voire du partage de la Parole). Il
faut viser à
proposer une cohérence de fond par trimestre, en choisissant
trois thèmes
d’orientation sur l’année.
*
La
redécouverte du sacrement de la
réconciliation.
*
Des
propositions
nouvelles pour
l’éducation affective afin de former des hommes et des femmes
capables d’aimer
et de se donner à l’image du Christ.
*
La
formation
d’accompagnateurs
capable de répondre au besoin de suivi individuel des jeunes.
D
2. La participation responsable à la vie de l’Eglise sera mise
en oeuvre
par :
*
Le
recensement de
propositions
réalistes pour que les jeunes soient acteurs dans les
communautés paroissiales.
*
La
découverte
de lieux forts dans
le diocèse et hors du diocèse (communautés
religieuses ...)
*
La
multiplication des
liens entre
les établissements catholiques d’enseignement et les paroisses.
Les paroisses
ne peuvent ignorer ce que vivent les jeunes au sein de cette autre
communauté
chrétienne qu’est l’école catholique ; d’un autre
côté, les écoles doivent
permettre aux jeunes de connaître des communautés
chrétiennes qui les
accueilleront lorsqu’ils auront dépassé l’âge de la
scolarité.
D
3. Une éducation citoyenne suppose :
*
Le
développement du partenariat
avec les collectivités locales et les administrations. Notre
pratique vis-à-vis
des institutions civiles signifiera mieux que tout discours notre
conception de
la citoyenneté.
*
La
proposition aux
jeunes
professionnels de rencontres avec des chrétiens affermis dans
leurs choix.
*
L’institution
d’actions
humanitaires et de solidarité, qui permettent
l’intégration de la charité (au
sens fort du terme) dans toutes ses dimensions.
D
4. La pédagogie de l’engagement passe par :
*
Une
prise de
responsabilité
progressive au sein des différents groupes.
*
La
proposition
d’engagements de
service et de prière pour un an.
*
La
sollicitation
à la fidélité et
au respect de la parole donnée.
Titre
III.
Modalités
d’évaluation et d’application
Pour
que ce projet pastoral ne reste pas un exercice de
style incantatoire, nous devons nous donner les moyens d’une
application
pratique et d’une évaluation régulière des actions
proposées.
a)
Niveau diocésain
Les
instances diocésaines
*
Le
Bureau de la
Pastorale des
Jeunes, réuni autour du Délégué
Diocésain à la Jeunesse nommé par
l’évêque est
chargé d’assurer le suivi pédagogique et pastoral. Pour
cela il se réunit régulièrement
pour s’informer de ce qui se fait, favoriser les occasions de
collaboration et
de participation aux événements qui pourraient avoir une
dimension plus large,
promouvoir toutes les initiatives susceptibles d’aider les
différents acteurs
de la pastorale des jeunes dans leurs tâches.
*
L’association
J.P.V
est chargée
d’assurer le cadre administratif et légal des propositions
diocésaines en
matière de pastorale des jeunes. Pour cela elle s’efforcera
d’asseoir sa
crédibilité auprès des instances civiles de
tutelle et de fournir aux
différentes associations et aumôneries un pôle de
ressources pour faciliter le
respect des lois et règlements de notre pays.
Actualisation
*
Au
vu des
différentes actions et
propositions réalisées chaque année, le Bureau de
la Pastorale des Jeunes
soumettra à l’Assemblée plénière du
troisième trimestre scolaire, un certain
nombre de priorités pour l’année à venir. Ces
priorités déclineront les moyens
suggérés par le projet pastoral, de manière
à ce que tous les objectifs de
celui-ci aient été honorés dans une période
de cinq ans au plus.
*
Si
le besoin s’en
faisait sentir, le
projet pastoral dans son ensemble pourrait être remodelé
de manière à répondre
mieux aux sollicitations de l’évêque et aux attentes des
jeunes. Ce travail
doit être envisagé dans un délai de cinq ans au
moins, et de dix ans au plus.
Le
suivi des personnes
*
Les
responsables des
services et
mouvements sont chargés de l’accompagnement et du suivi des
personnes oeuvrant
dans leur domaine propre d’activité. Le
Délégué Diocésain à la Jeunesse,
pour
sa part, s’efforcera de rencontrer au premier trimestre tous les
prêtres et
responsables diocésains nouvellement nommés, de
manière à faire le point sur
leurs joies et leurs difficultés. Au cours du deuxième et
du troisième
trimestre il pourra rencontrer les prêtres et responsables
diocésains en place
depuis plusieurs années.
*
Chaque
responsable de
groupe ou
d’aumônerie veillera aussi à rencontrer au moins une fois
par an les animateurs
qui travaillent avec lui, de manière à évaluer
leur action et permettre de
surmonter ensemble les difficultés qui pourraient subvenir.
*
D’une
manière
générale, il est
demandé que, dans le cadre de la Pastorale des Jeunes du Var,
les missions
soient limitées dans le temps. Un premier mandat d’un an
permettra à chacun de
vérifier l’adéquation des compétences aux
sollicitations. Les mandats suivants
seront, si possible, de trois ans renouvelables, pour assurer une
stabilité des
personnes et une continuité de l’action.
b)
Niveau local
Chaque
groupe ou
aumônerie s’efforcera de décliner et d’adapter le projet
pastoral diocésain à
sa situation propre. Même si le choix est fait d’adopter un autre
ordre de
présentation, on veillera à ce que les deux dimensions
missionnaire et
vocationnelle soient honorées, et que dans la mesure du possible
on y retrouve
l’ensemble des objectifs et la majorité des moyens
proposés.
La
rédaction
de ce projet pastoral local n’est pas une charge supplémentaire
imposées aux
personnes généreuses qui consacrent leur temps à
la Pastorale des Jeunes, il
sera, au contraire, une aide efficace préalable à
l’action : celui qui veut construire une tour, ne
commence-t-il pas par s’asseoir pour calculer la dépense et voir
s’il a de quoi
aller jusqu’au bout ?
c)
Critères d’évaluation
*
Au
début de
l’année scolaire, une
lettre du Service Diocésain de la Jeunesse rappellera les
priorités de l’année
et précisera les modalités concrètes des
différents événements.
*
Au
début du
troisième trimestre,
le Bureau de la Pastorale des Jeunes proposera une grille,
inspirée du Projet
Pastoral Diocésain et tenant compte des priorités
décidées, pour aider chaque
groupe à faire le bilan de l’année. Chaque groupe aura
alors à coeur de faire
un rapport moral de l’année écoulée
(intégrant les projets d’activités pour les
vacances d’été).
*
Lors
de
l’Assemblée Plénière de
fin d’année scolaire, sur la base des évaluations et
avant la proposition des
priorités de l’année à venir, les
différents acteurs feront remonter au Service
Diocésain de la Jeunesse leurs projets, leurs attentes et leurs
besoins pour
mettre en oeuvre de manière plus efficace ce projet pastoral.
P. Charles Mallard
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