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Le premier projet Pastoral (2004)

  Publié le vendredi 10 septembre 2004












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Leprojetpastoral

Le projet Pastoral


Préambule

 

projet pastoralLe Buisson qui brûlait dans le désert sans se consumer (Ex 3) était une annonce et un appel. Dans l’expérience du Buisson Ardent, Moïse entend la Révélation du Nom de Dieu : il s’agit d’une annonce qui lui permet de mieux connaître le Seigneur. Mais il est aussi envoyé en mission : c’est l’appel qui l’invite à prendre sa place dans le Peuple de Dieu et dans l’histoire du Salut.

C’est une expérience semblable que nous voudrions proposer aux jeunes du Var. Notre action doit leur faire parvenir une annonce et un appel. Une annonce : celle de la Bonne Nouvelle de Jésus qui leur permettra de mieux le connaître ; un appel : prendre leur place dans l’Eglise et dans le monde. Annoncer l’Evangile du Christ, c’est entrer dans une dynamique missionnaire, faire retentir l’appel de Dieu, c’est s’engager dans une démarche vocationnelle.

 

Ainsi toute action pastorale vers les jeunes de notre diocèse doit avoir cette double approche missionnaire et vocationnelle. Ces deux dimensions ne sont ni alternatives ni concurrentes, mais c’est dans leur complémentarité que se trouve la fécondité de chacune. Cependant, pour mieux définir les objectifs, nous choisissons de les présenter l’une après l’autre.


Titre I.

Dimension missionnaire de laprojet pastoral

Pastorale des Jeunes

Dans sa dimension missionnaire, notre action vise à « témoigner de ce que nous avons vu et entendu »

A) Objectifs missionnaires

Nous nous inscrivons ici dans la démarche du diocèse initiée par la Lettre Pastorale « L’actualité de la Mission ». Notre évêque nous donne cinq critères pour la mission :

1.      Une imprégnation d’évangile, en étant présent au monde des jeunes, une présence parfois interrogeante et novatrice : il s’agit pour nous de rejoindre le maximum de jeunes là où ils vivent

2.      Le témoignage fraternel, pour que les jeunes se sentent chez eux dans l’Eglise : il s’agit pour nous de proposer des groupes chaleureux et ouverts où s’expérimentent la vie fraternelle, la vie de prière et où chacun trouve sa place.

3.      Le renouveau paroissial où se vit l’accueil, la liturgie, la guérison, la transmission de la foi et la solidarité : il s’agit de permettre aux jeunes de s’insérer dans la vie des paroisses.

4.      Par de nouvelles formes de la mission : des missions ponctuelles, la collaboration entre prêtres et laïcs, le bénévolat et de grands rassemblements : il nous faut pour cela organiser des événements qui fassent date dans l’histoire personnelle des jeunes.

5.      La formation, une formation humaine dans toutes ses dimensions : pour cela nous devons proposer des sessions et des outils de formation.

B) les moyens de la mission vers les jeunes

B 1. Pour rejoindre les jeunes du Var, nous avons besoin :

*     Dans les établissements publics d’enseignement secondaire, de personnes qui fassent le relais avec les communautés chrétiennes existantes. Il peut y avoir plusieurs situations :

-         Il y a des établissements où, statutairement, l’aumônerie n’existe pas. Il s’agit alors de voir s’il est opportun de s’engager dans une démarche d’ouverture qui passera nécessairement par une mobilisation des parents d’élèves.

-         Il y a des établissements où l’aumônerie ne peut se manifester que sous forme d’affichage et d’information. Il faudra alors trouver des personnes qui puissent rencontrer réguliérement les responsables pour manifester l’existence de l’aumônerie et faciliter la communication. Ce sera généralement entre une fois par an et une fois par trimestre.

-         Il y a des établissements où l’on peut envisager une présence dans l’enceinte scolaire. Le correspondant de l’aumônerie veillera à entretenir de bonnes relations avec les autorités, et assurera des activités régulières selon les modalités prévues (permanence, réunions, simple présence sur la cour). Lorsque les prêtres ne peuvent assurer cette présence, ils solliciteront un laïc bénévole pour assumer cette précieuse mission.

    Dans les établissements catholiques d’enseignement secondaire, de prêtres capables de s’investir et de soutenir les équipes d’animation. La situation de notre église ne permet plus une implication du même type que celle du siècle dernier. Pour autant, le ministère presbytéral reste un signe précieux de l’intérêt que nous portons à l’évangélisation par l’éducation. On attend, d’un prêtre :

-         Une participation aux conseils qui déterminent les grandes orientations, manifestant ainsi son intérêt réel pour l’établissement et sa capacité à entrer dans un projet qu’il n’a pas initié.

-         Un accompagnement de l’équipe éducative, en particulier par la collaboration régulière avec ceux qui participent à l’animation pastorale.

-         La célébration des sacrements au sein de la communauté chrétienne, selon un rythme raisonnable.

-         Une certaine disponibilité auprès des élèves en rendant possible la rencontre avec un prêtre.

*     Dans les universités et autres établissements d’enseignement supérieur, de chrétiens témoignant de la joie de suivre le Christ. Etudiants, professeurs et intervenants divers sont les principaux acteurs de la mission. Nous devons les aider à trouver les moyens d’un témoignage joyeux et crédible.

*     D’activités de loisirs à destination du grand public (camps, sorties, animations ...) ; activités vécues dans l’expérience et la sagesse chrétienne. Il est important que la proposition soit portée par un groupe affichant un projet éducatif et pédagogique clair. On peut citer quelques critères d’un art de vivre marqué par l’évangile dans le cadre des activités de loisir :

-         L’équilibre entre les activités culturelles, artistiques, sportives et spirituelles.

-         La proposition des sacrements (eucharistie et réconciliation) et de célébrations non sacramentelles, annoncées et inscrites dans le programme.

-         L’insistance soutenue à l’unité et à l’amitié fraternelle.

-         L’attention à proposer des temps et des moyens de parole, d’écoute et de dialogue.

-         La présence de la Parole de Dieu et la proposition de thèmes de réflexion en variant les moyens pédagogiques.

-         L’institution d’une charte de vie, construite ensemble.

B 2. Pour des groupes chaleureux et ouverts, il faut veiller à

*     Des occasions de collaborations entre les groupes différents.

*     L’intégration des mouvements au sein de la Pastorale des Jeunes diocésaine. Il faut que les jeunes participants à ces mouvements puissent avoir conscience d’appartenir à une église locale, dans le respect d’une spécificité plus générale.

*     Un répertoire musical plus adapté à la sensibilité des jeunes.

B 3. Pour permettre aux jeunes de s’investir dans les paroisses, nos moyens sont :

   Au moins deux pôles de propositions fortes pour les jeunes par doyenné. La géographie devra être pensée en lien avec la restructuration en cours dans le diocèse. Mais il est important que, sur un territoire de proximité, l’église n’ait pas qu’un seul visage pour les jeunes.

*     L’institution de « messes de jeunes » où les différents groupes de jeunes se retrouvent pour partager et manifester la complémentarité de leur action. C’est un signe que la communauté chrétienne sait accueillir les jeunes dans leur sensibilité.

*     La participation des jeunes aux actions et groupes de solidarité, en particulier en lien avec la diaconie du Var.

B 4. Pour l’organisation d’événements qui fassent date, il faut.

*     Des grands rassemblements par tranche d’âge. Il s’agit de rendez-vous annuels, respectant la pédagogie et la psychologie propre à chaque tranche d’âge :

-         Pour les collégiens, on peut envisager ce rassemblement sous forme d’une journée dans un lieu marqué spirituellement, à date fixe ou fixée dès le début de l’année. On veillera à l’aspect festif, à la dimension physique (marche, jeu ...) et à l’ouverture. La préparation doit être particulièrement soignée.

-         Pour les lycéens, on peut envisager un WE, peut-être sous forme d’un festival, avec différents groupes, des temps de réconciliation et la proposition d’une nuit de prière.

-         Pour les aînés, cela peut être à l’occasion d’actions significatives, avec des témoins marquants. On visera à ce que ce rassemblement affermisse les jeunes dans leur choix spirituel. Outre le prix, qui est souvent un obstacle pour les étudiants et jeunes professionnels, on veillera à ce que les différents groupes soient invités, sachant qu’à cet âge, pour la communication, il vaut mieux avoir des amis que des tracts.

*     Des permanents laïcs dans chaque doyenné, au service de la pastorale des jeunes et en lien avec les paroisses ; en commençant par les doyennés ruraux.

*     Des missions ponctuelles dans les paroisses et les établissements catholiques.

B 5 Les moyens que nous prenons pour la formation sont :

*     Une attention soutenue à la Parole de Dieu, pour en faciliter l’accès et en donner le « goût ».

*     Des stages de formation des responsables et des animateurs comportant des modules bibliques, théologiques, pédagogiques, administratifs.

*     Des formations institutionnelles (BAFA, BAFD ...).


Titre II.      Dimension vocationnelle deprojet pastoral

la Pastorale des Jeunes

Dans sa dimension vocationnelle, nos actions cherchent à « permettre à ce qui existe d’éclore et de se développer ».

C) Objectifs vocationnels

Visant un public plus volontaire qui s’est déjà mis en marche, l’aspect vocationnel de notre action doit aider à trouver sa place dans l’Eglise et dans le monde, en réponse à l’appel original de Dieu. Les objectifs sont les suivants :

1.      Proposer un accompagnement spirituel et affectif des jeunes qui acceptent de cheminer dans le temps avec nous.

2.      Favoriser la participation responsable à la vie de l’Eglise, par une présence dans les différentes communautés chrétiennes où se manifeste la confiance que l’on fait à l’action de l’Esprit qui souffle aussi dans le coeur des jeunes.

3.      Promouvoir une éducation citoyenne, dans le respect des institutions de notre pays et de son fonctionnement, et qui permette de se sentir utile à la société des hommes.

4.      Mettre en place une pédagogie de l’engagement, qui permette de répondre avec compétence et enthousiasme à l’appel discerné.

D) Les moyens de l’accompagnement vocationnel

D 1. L’accompagnement des jeunes ne se fera pas sans :

*     Un programme éducatif adapté à l’âge respectant la progression du jeune. On peut tracer les grandes lignes de principe :

-         Pour les collégiens, l’idéal serait de pouvoir faire une proposition par classe, en variant les techniques pédagogiques selon les âges. On peut éventuellement rassembler deux années consécutives. En 4° et 3° on insistera sur des grands thèmes, en tenant compte de la maturation affective différente des garçons et des filles. Les temps forts, l’écoute et la dimension ludique de l’animation sont des points d’attention particulièrement importants.

-         Pour les lycéens, on s’efforcera de garder un lien avec le programme scolaire (histoire, français, philosophie). Il faut prendre les moyens pour ouvrir les groupes à une autre dimension que la classe et soigner les lieux d’expression (dans le cadre, par exemple, de débat, de rencontres de témoins, voire du partage de la Parole). Il faut viser à proposer une cohérence de fond par trimestre, en choisissant trois thèmes d’orientation sur l’année.

   La redécouverte du sacrement de la réconciliation.

*     Des propositions nouvelles pour l’éducation affective afin de former des hommes et des femmes capables d’aimer et de se donner à l’image du Christ.

*     La formation d’accompagnateurs capable de répondre au besoin de suivi individuel des jeunes.

D 2. La participation responsable à la vie de l’Eglise sera mise en oeuvre par :

*     Le recensement de propositions réalistes pour que les jeunes soient acteurs dans les communautés paroissiales.

*     La découverte de lieux forts dans le diocèse et hors du diocèse (communautés religieuses ...)

*     La multiplication des liens entre les établissements catholiques d’enseignement et les paroisses. Les paroisses ne peuvent ignorer ce que vivent les jeunes au sein de cette autre communauté chrétienne qu’est l’école catholique ; d’un autre côté, les écoles doivent permettre aux jeunes de connaître des communautés chrétiennes qui les accueilleront lorsqu’ils auront dépassé l’âge de la scolarité.

D 3. Une éducation citoyenne suppose :

   Le développement du partenariat avec les collectivités locales et les administrations. Notre pratique vis-à-vis des institutions civiles signifiera mieux que tout discours notre conception de la citoyenneté.

*     La proposition aux jeunes professionnels de rencontres avec des chrétiens affermis dans leurs choix.

*     L’institution d’actions humanitaires et de solidarité, qui permettent l’intégration de la charité (au sens fort du terme) dans toutes ses dimensions.

D 4. La pédagogie de l’engagement passe par :

*     Une prise de responsabilité progressive au sein des différents groupes.

*     La proposition d’engagements de service et de prière pour un an.

*     La sollicitation à la fidélité et au respect de la parole donnée.


Titre III.

Modalités d’évaluation et d’applicationprojet pastoral

 

Pour que ce projet pastoral ne reste pas un exercice de style incantatoire, nous devons nous donner les moyens d’une application pratique et d’une évaluation régulière des actions proposées.

a) Niveau diocésain

Les instances diocésaines

*      Le Bureau de la Pastorale des Jeunes, réuni autour du Délégué Diocésain à la Jeunesse nommé par l’évêque est chargé d’assurer le suivi pédagogique et pastoral. Pour cela il se réunit régulièrement pour s’informer de ce qui se fait, favoriser les occasions de collaboration et de participation aux événements qui pourraient avoir une dimension plus large, promouvoir toutes les initiatives susceptibles d’aider les différents acteurs de la pastorale des jeunes dans leurs tâches.

*      L’association J.P.V est chargée d’assurer le cadre administratif et légal des propositions diocésaines en matière de pastorale des jeunes. Pour cela elle s’efforcera d’asseoir sa crédibilité auprès des instances civiles de tutelle et de fournir aux différentes associations et aumôneries un pôle de ressources pour faciliter le respect des lois et règlements de notre pays.

Actualisation

*      Au vu des différentes actions et propositions réalisées chaque année, le Bureau de la Pastorale des Jeunes soumettra à l’Assemblée plénière du troisième trimestre scolaire, un certain nombre de priorités pour l’année à venir. Ces priorités déclineront les moyens suggérés par le projet pastoral, de manière à ce que tous les objectifs de celui-ci aient été honorés dans une période de cinq ans au plus.

*      Si le besoin s’en faisait sentir, le projet pastoral dans son ensemble pourrait être remodelé de manière à répondre mieux aux sollicitations de l’évêque et aux attentes des jeunes. Ce travail doit être envisagé dans un délai de cinq ans au moins, et de dix ans au plus.

Le suivi des personnes

*      Les responsables des services et mouvements sont chargés de l’accompagnement et du suivi des personnes oeuvrant dans leur domaine propre d’activité. Le Délégué Diocésain à la Jeunesse, pour sa part, s’efforcera de rencontrer au premier trimestre tous les prêtres et responsables diocésains nouvellement nommés, de manière à faire le point sur leurs joies et leurs difficultés. Au cours du deuxième et du troisième trimestre il pourra rencontrer les prêtres et responsables diocésains en place depuis plusieurs années.

*      Chaque responsable de groupe ou d’aumônerie veillera aussi à rencontrer au moins une fois par an les animateurs qui travaillent avec lui, de manière à évaluer leur action et permettre de surmonter ensemble les difficultés qui pourraient subvenir.

*      D’une manière générale, il est demandé que, dans le cadre de la Pastorale des Jeunes du Var, les missions soient limitées dans le temps. Un premier mandat d’un an permettra à chacun de vérifier l’adéquation des compétences aux sollicitations. Les mandats suivants seront, si possible, de trois ans renouvelables, pour assurer une stabilité des personnes et une continuité de l’action.

b) Niveau local

Chaque groupe ou aumônerie s’efforcera de décliner et d’adapter le projet pastoral diocésain à sa situation propre. Même si le choix est fait d’adopter un autre ordre de présentation, on veillera à ce que les deux dimensions missionnaire et vocationnelle soient honorées, et que dans la mesure du possible on y retrouve l’ensemble des objectifs et la majorité des moyens proposés.

La rédaction de ce projet pastoral local n’est pas une charge supplémentaire imposées aux personnes généreuses qui consacrent leur temps à la Pastorale des Jeunes, il sera, au contraire, une aide efficace préalable à l’action : celui qui veut construire une tour, ne commence-t-il pas par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?

c) Critères d’évaluation

*      Au début de l’année scolaire, une lettre du Service Diocésain de la Jeunesse rappellera les priorités de l’année et précisera les modalités concrètes des différents événements.

*      Au début du troisième trimestre, le Bureau de la Pastorale des Jeunes proposera une grille, inspirée du Projet Pastoral Diocésain et tenant compte des priorités décidées, pour aider chaque groupe à faire le bilan de l’année. Chaque groupe aura alors à coeur de faire un rapport moral de l’année écoulée (intégrant les projets d’activités pour les vacances d’été).

*      Lors de l’Assemblée Plénière de fin d’année scolaire, sur la base des évaluations et avant la proposition des priorités de l’année à venir, les différents acteurs feront remonter au Service Diocésain de la Jeunesse leurs projets, leurs attentes et leurs besoins pour mettre en oeuvre de manière plus efficace ce projet pastoral.





P. Charles Mallard


 

 

 










 

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