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Yann de Rauglaudre

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Mgr Rey


La foi en la résurrection par Mgr Rey


16 avril 2003  envoyer un courriel à l'auteur Mgr Dominique Rey

Message pour Pâques

La foi en la résurrection

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La Foi en la résurrection

Pâques est « la fête des fêtes ». Le mystère Pascal est au centre de la foi chrétienne et en même temps, il est le point le plus obscur. De près ou de loin, nous avons tous l’expérience de la mort, mais nous ne savons pas exactement ce que veut dire le mot « résurrection ».

Les raisons d’admettre la résurrection sont multiples. Les unes sont d’ordre historique : elles portent sur le « fait » de la résurrection du Christ. Les autres sont de type plus philosophique : elles rejoignent cette certitude dans l’intime de l’être que l’homme n’est pas fait pour l’anéantissement. C’est au confluent de ces deux sources de réflexion sur les « faits » et sur les « idées » que se trouvent nos raisons de croire en la résurrection.

Les évangélistes se sont trouvés comme dépassés par le message à transmettre. Les expressions fusent : « on a enlevé le corps », « le tombeau est vide »... Le vocabulaire est comme déficient pour penser cet « impensable ». Cette pauvreté n’est-elle pas la première preuve de la véracité ? Le souci d’authenticité des évangélistes en se contentant de relater les faits bruts s’explique sans doute par leur incapacité à en analyser le contenu. La résurrection s’est imposée comme un fait, et les disciples ont été dépourvus d’explications pour justifier par la raison à la fois la rupture que la résurrection introduit, car elle est résurgence inouïe de la vie, et en même temps la continuité, puisqu’elle s’inscrit dans la logique de toute la vie du Christ. Elle est comme une nativité.

Jamais un auteur de légende, un fabulateur n’aurait pu inventer ce que les disciples de Jésus ont découvert, tout ébahis. Par exemple le fait que Jésus ressuscité porte toujours les plaies de sa passion. Comme si dans sa gloire, il devait assumer tout ce qu’il avait dû souffrir pour y parvenir. C’est de l’intérieur même des souffrances que jaillit la vie. C’est ce qu’observera l’évangile de Jean au chapitre 19 lorsque du côté ouvert de Jésus sortira de l’eau.

La foi en la résurrection rejoint l’espérance secrète de chaque être humain. Si l’homme trouve du plaisir à respirer, s’il est joyeux de vivre et si, dans les plus grandes douleurs, il préfère souffrir plutôt que de mourir, c’est qu’il pense que la vie présente n’est qu’une initiation à l’inimaginable auquel il croit très profondément, au point que, confronté à la mort, l’homme l’éprouve comme un scandale inacceptable et que, spontanément, il la craint et la fuit. Si l’homme n’avait pas une croyance dans ce que nous appelons l’immortalité, il ne pourrait pas aimer : un homme aime une femme, ou des parents aiment leur enfant d’un amour éternel. Cela présuppose de croire que ceux qui s’aiment et qui se sont aimés se retrouveront dans l’au-delà.

Certes, la foi en la résurrection du Christ et en notre propre résurrection se heurte au constat amer que depuis 2000 ans, le mal est toujours là, sous forme de haine, de violence, de guerres, d’injustices, de mensonges et de servitudes. La résurrection ne signe pas la disparition de ce mal ni la suppression de la misère. Mais la résurrection, c’est la victoire sur la tyrannie du mal, sa suprématie : le mal n’est plus inéluctable, irrémédiable.

La foi en la résurrection donne aux chrétiens la force de l’amour et le courage de l’espérance. A cause du Christ ressuscité, nous ne sombrons pas dans le fatalisme, la résignation ou la révolte, mais nous croyons que, par la puissance de la prière et la mobilisation de nos énergies humaines, sociales et spirituelles, Dieu nous donne la grâce d’inverser le cours de la mort et de croire en la Vie.

Très joyeuse fête de la Résurrection

+ Dominique Rey










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