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La Multiplication des pains - 18e Dimanche-A

  Publié le samedi 30 juillet 2005 , par Paroisses d’Hyères

CHAPO

LA MULTIPLICATION DES PAINS

LA MULTIPLICATION DES PAINS

Année A, - et c'est une année eucharistique : le pain multiplié !-

18° dimanche. Saint Matthieu, 13


-1° lecture : Isaïe, vous tous qui avez soif, venez, sans payer, voici de l'eau, quelle gratuité !

- 2° lecture : saint Paul, aux romains, 8 : rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu ... même pas les anges ... quelle sécurité !




Une constante dans les 4 évangiles, et dans notre vie : se nourrir


Vous savez que c'est le seul miracle que l'on retrouve partout, dans les 4 évangiles ? Sans doute, parce que la nourriture, on la retrouve partout, chez tous les hommes, à toutes les époques, à tout âge, sur toute surface habitée. C'est une constante de la vie: se nourrir, pour ne pas mourir !

C'est un grand moment dans notre journée : le repas. Au restaurant de Dieu, à la fin, pas de facture ! Vous l'avez entendu dans la 1° lecture. Tout est gratuit, avec Lui. Mais Il demande quand même toujours un petit « quelque chose » de notre part: Il veut un choix. Vous ne profiterez de cette messe, que si vous y apportez quelque chose ! Une prière personnelle, un petit pas vers une conversion, une mise en route, un soupir, un désir, un sourire !


L'impuissance radicale de nos seuls moyens humains ...

Jésus dit aux apôtres de donner à manger à cette foule. Mais c'était impossible ! Il y a trop de monde. Il veut par là leur montrer l'impuissance totale de nos moyens humains. Il veut leur montrer par là qu'ils ont besoin d'autre choses, d'une autre parole, d'une autre force qu'eux. Qu'ils ont besoin de son Père.




Mais, vous avez remarqué, Jésus nous demande quand même de participer ...

- 5 minutes, un coup de téléphone, une petite visite à faire , un sourire

Les 5 pains et les 2 poissons: c'est ça : "Donne tout ton possible,  fais tout ton possible , et Dieu fera l'impossible." Le métier de Dieu, c'est l'impossible; et notre travail à nous, c'est notre possible.  « Les hommes d'armes combattront, disait Jeanne d'Arc, et Dieu donnera la victoire. » Mais Dieu ne donnera la victoire que s'ils combattent. J'avais 4 ans, c'était un de mes premiers souvenirs, quand à la fin d'une ballade, il faisait très chaud, comme aujourd'hui, j'étais très fatigué; et j'ai dit : « Maman, prends-moi dans tes bras: je suis fatigué! » Réponse: « Mon fils, je t'ai donné des jambes, marche ! » "A moi, tout mon possible ! Mais à Lui, l'impossible !"

« Seigneur, je n'ai que 5 minutes à Te donner, tu sais que je suis très "pris". Mais je le fais.»

« Je n'ai qu'un sourire à donner . Mais je le donne"

« Je n'ai qu'un coup de téléphone à donner, et encore : une fois par semaine, parce que je n'ai pas le temps. » Eh bien donne ton coup de téléphone à ta grand-mère. Ca lui fera plaisir.


« Jésus prit les pains. » Très fort. Ce «Il  prit » : ça veut dire : Il les accepte. C'est petit, ces 5 petits pains. Mais regardez après, tout ce qu'Il en fait ! Jésus les multiplie, à l'infini !


Donc, pour gagner au loto, il faut quand même le billet

Moi, il m'est arrivé avec des jeunes en montagne, pour la messe, d'avoir oublié le vin, et les hosties, eh bien il n'y a pas eu de messe. Il faut au moins, un minimum ! Du pain et du vin. Il faut la mise pour le tiercé ; il faut le billet pour le loto ! Sinon, pas de gros lot !



LE BENEDICITE DE SOEUR EMMANUELLE: “Procurons du pain ... »

Jésus bénit le pain qu'on apporte. J'aime dans les familles, dans les groupes où je vais, qu'avant les repas, on puisse dire ou chanter une bénédiction, on appelait ça autrefois : le « bénédicité », du latin qui veut dire : "Bénissez". On bénit le repas, et surtout on bénit les conversations, à l'avance . Je n'aime pas le bénédicité qu'on chante souvent: « Bénissez-nous Seigneur, bénissez ce repas, ceux qui l'ont préparé, et procurez du pain à ceux qui n'en ont pas. » Je préfère celui-là: « Bénissez-nous Seigneur, bénissez ce repas, ceux qui l'ont préparé, et procurons du pain à ceux qui n'en ont pas. »  C'est Sœur Emmanuelle qui nous l'avait appris à Fréjus. Trop facile de rejeter sur Dieu cette demande. Nous, on peut le faire : « procurer », alors essayons. Toute notre vie, c'est un essai d'aimer !

A ce propos, est-ce que vous avez fait bénir votre appartement ? Votre maison ? Votre

voiture ? C'est une protection, c'est Dieu qui y habite, qui vous visite, qui vous invite ! Je vous le conseille ; aillez demander à un prêtre, de le faire. Dans l'équipe des prêtres, tous les ans, on bénit des appartements. Un jour, j'ai même béni un bateau de plongée, au port.


ET JESUS LES FIT ASSEOIR, COMME S'IL ALLAIT LES RECEVOIR

les gens seuls ... lors de la canicule, tant de personnes âgées oubliées, même par les leurs ... et on ne le savait pas, même dans notre immeuble !


le RMI, pourquoi tant de SOS amitié, de SOS handicap, SOS par ...?

Et puis Jésus les fit "asseoir", comme s'Il allait les recevoir. Quelle délicatesse ! Il ne suffit pas de faire du social pour combler la faim profonde de l'homme. Le RMI, c'est super, mais ça ne suffit pas. Pourquoi il y a tant d'organismes humanitaires et relationnels, dans notre société urbaine ? "SOS amitié", "SOS ceci", "SOS cela" ? Parce qu'il y a un manque. Il y a un an, quand j'étais à Fréjus, une nuit, à 11 heures du soir, un homme qui me disait au téléphone:

« Je m'excuse de vous déranger, je suis très angoissé. J'ai besoin de parler à

quelqu'un ! »  Bon, pendant un quart d'heure, pacifier, apaiser, essayer de parler, de rasséréner. Écouter: « Écoute, et tu vivras », dit Isaïe dans la 1° lecture. Bon. Ils prennent un annuaire, et puis je dois être le premier ou le deuxième dans l'annuaire des paroisses, des prêtres, je n'en sais rien. Vous voyez, le besoin, des gens seuls. Il y a là un marché ! pour les chrétiens ! qui n'est pris par personne. Dieu n'est pas solitaire : Il est solidaire !


Le social a progressé d'une manière étonnante, dans nos pays, mais il ne répond pas à tous les besoins de l'homme. Et il n'y répondra jamais, ce n'est pas sa fonction. Je vois des étudiants en faculté qui me disent qu'il est souvent impossible de rencontrer un de leurs professeurs. Pour parler avec eux. Pas le temps ! C'est bien dommage !




A Carrefour, à géant casino, dans le bus numéro 21.


A la caisse d'un super-marché, dans le bus, il y a aussi là toute une attitude à avoir. Une écoute, un regard, un sourire . Ce miracle de la multiplication des pains, mais ce n'est pas il y a 2OOO ans en Israël, c'est à Carrefour, c'est à Géant Casino, dans le bus N° 21, c'est là qu'on a à continuer ces miracles. Faire asseoir. Dans le bus 21, est-ce que je me suis levé ? Est-ce que j'ai laissé ma place à cette personne handicapée ? "Faites-les asseoir !" Mais c'est très concret, l'évangile. On ne plane pas. Les "cathos planeurs, c'est pas le bonheur !" Sinon, on va enfermer le miracle sur une autre planète, dans un monde trop loin de nous, un peu féerique, mais pas réaliste, un monde de vitraux ! Sur la planète Mars ! les saints ne sont pas des martiens, mais des spécialistes du quotidien !


Le repos des vacances

Et puis, c'est le repos sur l'herbe. Dans cette période de vacances, il faut avoir très présents, tous ceux qui sont écrasés par le travail, et aussi tous ceux aussi qui voudraient bien en avoir un peu, de travail ! il ne faut pas les oublier !


Bien sûr, il faut gagner notre vie. Mais il n'y a pas que le travail. Et Julien Grack, le poète, a cette phrase magnifique : « Tant de mains pour transformer le monde, et si peu de regards pour le contempler. »


Donne-lui le travail éternel. Non! Donne-lui le repos éternel.

Et allons plus loin: nous ne sommes pas faits pour le travail. Ce n'est pas notre but. On est faits pour le repos, et le dimanche et les vacances sont là pour nous le rappeler. Quand nous entrerons dans une église les pieds devant, pour la dernière fois, on ne chantera pas pour nous: « Seigneur, donne-lui le travail éternel. » On chantera: « Requiem aeternam," ça veut dire : "Donne-lui enfin le repos éternel, ce pour quoi on est fait. » Et Isaïe nous dit dans la 1° lecture « Mangez de bonnes choses, régalez-vous de viandes savoureuses. Heureux les invités eu repas du Seigneur! »





On ne se repose pas le dimanche pour mieux travailler dans la semaine. On travaille le temps qu'il faut, pour avoir le temps de vivre, de vivre la vraie vie.


Et il faut admettre cette idée qu'on ne se repose pas le dimanche pour mieux travailler dans la semaine. On travaille le temps qu'il faut, pour avoir le temps de vivre, de vivre la vraie vie, le dimanche.


Je cois qu'il y a tant de gens qui en font tellement pour gagner leur vie, qu'ils finissent par la perdre. Les moyens de vivre ne sont pas les raisons de vivre. Les vraies raisons de vivre, c'est la communion, c'est la fin de l'histoire de la multiplication des pains, c'est le partage, c'est la route vers le Père, dans la souffle de l'Esprit.


Je termine par une histoire.


LES 7 MERCENNAIRES. DICK

Vous avez peut-être vu ce western stupéfiant. « Les 7 mercenaires ». Il y a une scène où on voit Dick, un fameux cow-boy, qui était un peu justicier sur les bords, et qui arrive dans un village à la fin, un village de mexicains. On vient à l'entrée du village, sachant qu'il passait par là, on vient de lui demander de faire peur à une bande de pillards qui, 2 fois par an, viennent rançonner les habitants, voler, détruire et piller. Il dit: « D'accord . Mais combien vous me donnerez, si je parviens à les chasser ?

- 1O pépites d'or, répondent les villageois.

Quoi ? Si peu que ça ?

- C'est tout ce que nous avons. On vous donne tout !

Réponse de Dick: « On m'a toujours donné beaucoup de dollars pour faire justice. Mais jamais, jusqu'à maintenant, on ne m'avait donné tout ce qu'on a : j'accepte !. » Les apôtres, ce jeune dans l'évangile, ils donnent tout ! Tout ce qu'ils ont. Et regardez ce que Jésus en fait !


Je termine par 2 questions.

L'une est du Pape Jean-Paul II, à Toronto, à la fin de l'homélie de la messe des JMJ. On pense très fort à ceux qui partiront dans 15 jours pour Cologne, ils sont 7OO , de notre diocèse de Fréjus-Toulon, ils sont 4O OOO de France !

Jean Paul II disait une parole très forte: « Nous ne sommes pas la somme de nos faiblesses et de nos échecs. Nous sommes la somme -c'est facile à retenir:  nous sommes la somme- de l'amour du Père et de notre capacité réelle à devenir l'image de son Fils ».



L'année eucharistique va bientôt s'achever

Cette année eucharistique va bientôt s'achever. Que faisons-nous, pour alimenter, pour nourrir notre foi ? Nous essayons d'attraper le dimanche une "petite messe", où le prêtre ne parle pas trop longtemps.. Est-ce que nous lisons chaque année un livre de fond, en matière de foi ? Et notre bible, est-ce que nous savons où est-ce qu'elle se trouve, tenez, à l'instant ?



L'homme est fait pour les cimes ... Je ne suis pas qu'un simple estomac : c'est ce que signifie le geste de "rendre grâce" : Jésus relie tout à son Père !

- Je ne suis pas qu'une simple carte bancaire,

- je ne suis pas qu'un retraité, qui tue le temps,

- je ne suis pas qu'un étudiant, qui ne sait pas ce qu'il va faire plus tard ...


L'homme est fait pour les cimes. Je ne suis pas seulement qu'une simple carte bancaire. Je ne suis pas qu'un estomac ! Je ne suis pas qu'un étudiant qui ne sait pas ce qu'il fera plus tard. Je ne suis pas u'un retraité qui tue le temps ... avant que le temps ne nous tue ! Non ! l'homme est fait pour les cimes, il est fait pour l'absolu. Et, la preuve, c'est que dès qu'il rejette Dieu, il se fabrique tout de suite des idoles de remplacement : l'argent, l'apparence, le look, le culte des vedettes, le sexe, l'amour mal utilisé, la voiture, ou le web 24 heures sur 24, ...! Comme le disait le Père Sonet. Chers amis, seul Dieu peut combler notre faim. Et, de communion, en communion, nous devenons "christisfiés" : car nous sommes aussi les hosties, que Jésus veut changer en Lui ! les vraies hosties, le vrai pain, mais c'est nous, et nous devenons alors, peu à peu, comme Dieu.

Il se laisse manger, à chaque messe ... pour que nous aussi nous nous laissions "manger" par nos frères. C'est cela, aimer !



Aimer, c'est devenir simplement, pour le prochain, le pain de sa faim !

Bon été, et bonnes vacances, pour ceux qui ont cette chance !


Père GILLES LE TOURNEUR















 

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