Publié le lundi 27 décembre 2004 , par Paroisses d’Hyères
NUIT DE NOEL 2OO3
À
Noël, Dieu s’est fait enfant entre les mains des hommes, pour que l’homme
se fasse enfant entre les mains de Dieu. À Noël, Il a choisi
la dernière place, et c’est justement là où nous nous
trouvons : avouez que ça tombe bien !
Il est devenu comme nous, pour qu’on puisse devenir comme Lui ! Il a pris visage humain, pour qu’on prenne visage divin. Notre cœur était trop petit, pour recevoir ce Dieu infini. Alors Lui-même est devenu tout petit, pour entrer dans ta vie. C’est toute l’histoire des fourmis rouges et des fourmis noires : pour les séparer, pour empêcher qu’elle se détruisent, qu’est-ce qu’il fallait faire ? il faut une autre fourmi, qui leur explique. Sinon, elles ne comprendraient pas. Ce n’est pas l’homme qui va leur expliquer : il est trop haut, trop compliqué. Elle ne s’aiment pas, elles se font la guerre : alors, comment faire ? Il faut devenir une fourmi, pour qu’elle puissent se convertir. Pour devenir fourmi, Dieu l’a fait pour nous. Imaginez un Dieu qui viendrait d’une planète si lointaine, qui devient humain, en arrivant sur cette planète ! Il va donc se faire tout petit, un peu comme une fourmi. Il vient à Nazareth, il vient ensuite chez Élisabeth. C’est à Bethléem qu’il va naître : plus rien alors ne L’arrête ! Il faudrait allumer 2OO3 bougies, sur le gâteau d’anniversaire de Jésus. Personne ne s’en est aperçu. Pas les journaux, pas de radio, pas France info ! À Bethléem, on n’a pas reconnu le temps de sa visite : demandons dans cette communion, de reconnaître le temps des visites de Dieu. Et l’Église a pour l’eucharistie la tendresse de Marie, pour l’Enfant de Bethléem ! La joie. Dépasser notre hyper-émotivité, en être un peu plus le maître ! L’histoire de Thérèse de Lisieux, son cadeau de Noël.
P
our moi Noël, c’est simplement la joie ! Le torrent de la joie qui déferle
sur le monde, même s’il n’est pas prêt. Mais la joie passe quand
même : la joie passe, parce qu’elle nous dépasse !
Vous connaissez l’histoire de Sainte Thérèse de Lisieux ? Thérèse à 8 ans : elle vient de perdre sa maman ; alors
elle pleurait tout le temps ! Dans sa vie il y a un grand tournant, ça
se passe à 13 ans. Un soir, elle rentre de la messe de minuit. Avant
de monter dans sa chambre, déposer son manteau, car il ne fait pas
chaud , avant même de poser son chapeau, elle passe par le salon, pour
voir ses cadeaux ; elle avait déposé avant ses souliers. Or Thérèse a tout entendu : elle est tout à coup prise
d’une tristesse incroyable. Des flots de larmes tout à coup sur son
visage. Elle monte l’escalier en pleurant. Et elle a ajouté : “Pour la 1ère fois, la joie
est rentrée dans mon cœur., avec ce besoin de m’oublier pour les autres,
et depuis je fus heureuse.” Chers amis, nous L’attendions dans le palais des rois : nous l’avons trouvé
dans un abri d’animaux. On ne pensait pas qu’Il descendrait là. Dans
un abri ! Dans un réduit ! Franchement, quand on s’appelle Dieu, on
mérite mieux ! C’est pour mettre en valeur ceci : la seule circonstance
qu’Il a demandé pour venir sur cette terre, c’est simplement l’amour
d’un garçon pour une jeune fille, d’un homme pour une femme, l’amour
d’une femme pour un homme, l’amour de Marie pour Joseph, l’amour de Joseph
pour Marie. Il ne voulait pas avoir moins que ça ! De la part de Dieu :Absence ? Silence ? Impuissance ?
I
l y a à Noël le silence de Dieu, il y a l’absence (apparente)
de Dieu ; il y a enfin l’impuissance de Dieu. Mais qu’est-ce qu’Il fait Dieu
?
“J’ai Maman qui est malade depuis 6 mois, et elle guérit pas ! “J’ai Papa qui a quitté Maman depuis 2 ans, et depuis à la maison, ce n’est plus comme avant ! “J’ai mon meilleur ami qui a perdu son papa dans un accident de voiture à la rentrée .. j’ai ...” Tout le monde ici a des cas douloureux dans son cœur ! Nous allons les mettre, les placer sur l’autel, en ce jour de Noël.
Nous allons les prendre dans notre prière : que personne cette nuit
ne se sente à part, personne à l’écart, personne d’exclu,
que tous soient élus ! Et la réponse, c’est que Jésus est venu appeler les pauvres à l’espérance, et les riches au partage : car la vraie sécurité, elle n’est pas d’abord dans les richesses, mais elle est d’être aimé, d’être éternellement aimé ! C’est là la vraie sécurité. Je voudrais que cette nuit à Hyères soit une nuit qui marque. Je voudrais une correspondance absolue entre ce soir, et le grand soir en chacun de nous ! Ce que nous vivons dans la foi ce soir, nous le vivrons plus tard dans la lumière. Est-ce que nous aurons la même qualité du cœur, au dernier soir, pour l’accueillir quand Il viendra ? Les naufragés de la société ; les cabossés de l’amour et de la vie !
C
hers amis, cette nuit, nous échangeons des vœux : le vœu des anges,
le vœu de paix. cette nuit, nous offrons des cadeaux : mille feux vont briller
dans les rues de nos villes ! N’oublions pas tous ceux qu’aucune fête
n’atteindra. Les nombreux sans logis, les personnes âgées isolées,
les enfants et les ados livrés à eux-mêmes dans nos cités,
les naufragés de la société, les cabossés de
l’amour et de la vie !
Demandons ce soir d’incarner Dieu dans un geste d’amour, que toi seul dans ton cœur saura bien trouver ! Comme le dit très bien la Bienheureuse Mère Térésa : "C’est Noël, chaque fois que vous souriez à votre frère, que vous lui tendez la main ; chaque fois que vous vous taisez, pour écouter quelqu’un ! C’est Noël chaque fois que vous tournez le dos aux préjugés qui relèguent, aux confins de leur isolement, les opprimés. C’est Noël, chaque fois que vous permettez à Dieu d’aimer les autres à travers vous. C’est Noël chaque fois que tu tends les bras, que tu souris à ton voisin ; que tu entends celui qui se plaint !" Que Marie dépose cette nuit l’Enfant Dieu : à Noël, c’est le plus beau, de tous les cadeaux ! Qu’Elle Le dépose dans ton cœur ce soir, comme Elle l’a déposé dans la mangeoire ! Bon Noël à tous : soyons heureux ! fermons les yeux !
Nuit de Noël 2OO3, Hyères.
PERE GILLES LE TOURNEUR 2, allée des Oliviers Le Pyanet 834OO HYERES |