"A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis. Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui." Martin Luther King
Selon un sondage Ifop publié le 22 mars dans La Croix, 65% des catholiques pratiquants estiment (...) Lire +
Yann de Rauglaudre

9 janvier 2004
Mgr Dominique Rey
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NOEL :
APPRENDRE A « RENAITRE »
A lire les journaux, à regarder la télévision, notre société est souvent surprise en flagrant délit de répétition. Elle bégaie. Une roue invisible ramène au quotidien les mêmes guerres, les mêmes malheurs et ceux qui en réchappent sont toujours les mêmes ! L’actualité tourne en boucle. Elle nous trouve blasés et sceptiques. Comment sortir de l’engrenage des violences qui frappent sans cesse les plus faibles ? Comment inverser des courbes de chômage, de la délinquance ? Enrayer le cancer, le sida ? Les défaites de l’humanité souvent aux prises avec ses propres inconséquences parce qu’elle se refuse à regarder en face et à traiter des vrais problèmes, conduisent à la résignation, au fatalisme, et, en définitive, à une désespérance larvée. On doute d’une amélioration possible. Demain ne peut que ressembler à aujourd’hui. Comme la tombée du jour précède l’irruption de la nuit, une fin d’été annonce déjà l’hiver, l’enchaînement mécanique des choses ne peut laisser place à un inédit ou à l’inattendu. Les
économistes
ou les démographes ne sont pas en reste : le futur est
d’emblée dévisagé
sous les moindres coutures, enséré dans les
mâchoires des prévisions ou des
projections de tout poil. On prédit à distance le temps
qu’il fera la semaine
prochaine, l’augmentation des prix, le cours du dollar, la durée
de votre vie…
les pronostics s’emparent des jeux, les tabloïds du sport comme
les sondages
d’opinion font loucher les politiques… Et tant pis si les calculs
s’avèrent
incertains ou improbables, on n’hésitera pas à consulter
un gourou ou un devin,
tirer les cartes ou le tarot pour se garantir ou se prémunir du
hasard tant
redouté. L’inquiétude de l’avenir légitime un
conformisme frileux de pensée ou
d’action. « N’y aurait-il rien de nouveau sous le
soleil ? »
(Livre de l’Ecclésiaste) Et pourtant, voici qu’une nouveauté absolue éclate dans la monotonie des jours. Quelque chose que l’homme n’avait pas imaginé ! Qui n’était pas monté dans son cœur, que n’avait pas imaginé sa raison. Quelque chose de totalement déconcertant : Noël. Dieu dans un bébé. Ce qui dépasse l’homme, manifesté dans ce qu’il est à peine. Un Dieu qui babille, sourit et pleure, et qui suce le sein de sa mère Marie. Il nous faudra des siècles pour ne plus se frotter les yeux, taxer cette réalité de mythe ou de conte de fées. Cette descente de Dieu en notre humanité en ce qu’elle a de plus fragile et de plus déroutant, révèle le prix qu’il a payé pour retourner notre histoire, comme la terre après le labour. Dans le regard de l’enfant de Bethléem, Dieu nous redonne le goût de l’innocence, mais aussi persuade notre espérance que quelque chose de neuf peut jaillir, que tout peut repartir, que du plus profond de la détresse humaine, une promesse de vie nous est confiée. Après Noël, nous sommes affranchis du poids irrémédiable de nos habitudes. Nous ne sommes plus à la merci de nos contraintes incontournables du passé, de nos programmes de vie ou de carrière ! A cause de Noël, avec de « l’ancien » que nous sommes quelque part, Dieu peut faire jaillir du « neuf ». Il vient faire « renaître » et réveiller l’enfant que nous avons été, et que, pour Lui, nous n’avons jamais cessé d’être.
+ Dominique REY-(Noël
2003) |