"A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis. Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui." Martin Luther King
Selon un sondage Ifop publié le 22 mars dans La Croix, 65% des catholiques pratiquants estiment (...) Lire +
Yann de Rauglaudre

14 avril 2004
Mgr Dominique Rey
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L’évêque
de Fréjus-Toulon Message de Pâques - Avril
2004 C’est
tous les jours
Pâques !
« Passons
sur l’autre rive », dit
Jésus à ses disciples (Mc 4, 35). La vie
est un passage, elle est une pâque, puisque
« pâque » signifie
passage. La nature nous l’enseigne : dans l’alternance des
saisons, la
mort apparente de l’hiver prépare en secret l’éclatement
de vie du
printemps ; la chenille devient papillon, en passant par
l’état de
chrysalide ; la graine tombée en terre est grosse de la
promesse de la
plante, mais encore faut-il qu’elle meure à elle-même (cf.
Jn 12, 24). La pâque est une loi universelle : toute chose est
appelée à une
vie supérieure qui suppose un renoncement à
soi-même. Pour avoir oublié cette
loi, un quotidien qui n’espère plus rien ou plus personne, prend
souvent la
couleur terne de l’éternel retour du
« même ». Accepter de passer,
c’est se dépasser ; le refuser, c’est trépasser. Jésus, vrai homme, n’échappe pas à cette
loi. Ou plutôt, vrai Dieu
incarné, le Christ en révèle, par son
Mystère Pascal, le sens ultime : le
passage de la mort du péché à la vie
éternelle de Dieu, le passage des « ténèbres
à l’admirable lumière » divine (1 P 2,9).
Vivre une telle pâque invite
à la foi, à la confiance, à la suite d’Abram qui,
en acceptant de tout quitter
pour le Dieu unique, est devenu Abraham, le père des croyants
(cf. Gn 12, 1).
Puis Moïse, par le passage de la mer Rouge, a fait passer le
peuple élu de
l’esclavage à la liberté, de la servitude au service.
Mais entre les deux, le
désert n’est pas seulement l’épreuve, mais la
préparation à la pleine
confiance. De même la traversée du lac de Tibériade
symbolise ce passage de la
rive visible des hommes au rivage invisible de Dieu. Nos vies, notre société, connaissent aussi ces
violentes tempêtes dans
la nuit. Elles semblent parfois même prendre eau de toute part.
Ces crises
sont-elles une occasion de frayeur ou de confiance ? Sommes-nous
prêts à
faire de nos nuits la patiente germination d’une aurore toujours plus
belle et
de ces traversées du désert, des exodes ouvrant à
une Terre promise par le Dieu
toujours fidèle ? Jésus nous a lui-même indiqué comment
vivre ces passages :
voulons-nous être embarqués avec lui, dans cette barque
qu’est l’Eglise ?
Jésus semble peut-être dormir, mais Il est là et le
Maître de tous les éléments
(cf. Ps 107, 23-30) n’a certainement pas l’intention de mourir
étourdiment dans
un accident de navigation. Voulons-nous, tels les apôtres,
être terrassés par
la frayeur, ou acceptons-nous de vivre dans la confiance humble (cf. Jb
38, 11)
et aimante (cf. 2 Co S, 14), dans la foi sans condition en Celui qui
s’est
donné sans limite ? Et si le découragement nous
accable, acceptons la main
que Jésus, le Passeur, nous tend et disons-lui : « Fais-moi
passer,
avec Toi, sur l’autre rive ». + Mgr Dominique
Rey
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