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"Vous allez recevoir une force,
celle du Saint-Esprit
qui viendra sur vous.
Alors vous serez mes témoins"
(Actes 1, 8)
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la samaritaine

  Publié le vendredi 25 février 2005 , par Paroisses d’Hyères

CHAPO

LA SAMARITAINE
3ème dimanche de carême, année A
Évangile de saint Jean, chapitre 4

LE RESPECT DE NOTRE CORPS. LE COURAGE DE SE LEVER LE MATIN. ET AUSSI LE COURAGE DE SE COUCHER. DE SE REPOSER.
CE QU’IL Y A D’UNIQUE AU CHRISTIANISME : CE N’EST PLUS L’HOMME QUI PRIE DIEU. C’EST DIEU QUI PRIE L’HOMME : "DONNE-MOI À BOIRE !"
"ON A TOUS BESOIN QU’ON AIT BESOIN DE NOUS !" CHANSON DE JEAN-JACQUES GOLMAN
LE PRÊTRE SOURCIER DE DIEU
HISTOIRE DE L’ABBÉ PIERRE APPELÉ AU CHEVET DE QUELQU’UN QUI S’EST OUVERT LES VEINES. IL LUI A DEMANDÉ UN COUP DE MAIN. C’ETAIT GONFLÉ !
"JE N’AI RIEN À TE DONNER : SI CE N’EST MON AMITIÉ !"
C
e qui me frappe beaucoup dans cet épisode, c’est que Jésus s’assoit tout simplement. Il s’assoit parce qu’Il est fatigué. Il est au bord du puits. Au chapitre 4 de saint Jean, verset 6. "Jesus lassus sedit.". Merveilleux : ce Jésus qui s’assoit. Donc, Jésus, qui a un corps, et qui l’aime, et qui sait le reposer. Messieurs Dames, qui avez une vie complètement stressante, et qui allez vous payer un infarctus à 4O ans ! Et qui donc ne savez pas vous arrêter. Comment Jésus, à quelle heure Jésus s’arrête ? À la 6ème heure. C’est pas à 6 heures du matin, la 6ème heure. C’est à midi. Quand on se prend son sandwich sur le pouce tous les jours à midi, est-ce qu’on respecte véritablement son corps  ?

Jésus a le courage de se lever ... et le courage de s’asseoir. Et ça, on voit tout le sens du corps qu’on voit chez Jésus. Eh bien nous aussi, qu’on ait le courage de se lever le matin. Et aussi le courage de se coucher, de se reposer, de savoir s’arrêter.


PRIER, POUR NOUS CHRÉTIENS, CE N’EST PAS D’ABORD ÊTRE EXAUCÉ PAR DIEU, MAIS C’EST EXAUCER DIEU SUR CE QU’IL NOUS DEMANDE.
ON DIT TOUJOURS AUX JEUNES : "TU AS BESOIN DE BOSSER ! TU AS BESOIN DE FAIRE DU SPORT" ... MAIS JAMAIS ON NE LEUR DIT : "J’AI BESOIN DE TOI !"
E
t puis, il y a bien plus dans ce texte magique. Jésus lui demande  : "Donne-moi à boire !" Dans toutes les religions, dans tous les courants de pensée spirituels, c’est l’homme qui prie Dieu. Là, dans le christianisme, ce qu’il y a d’unique, vous voyez, c’est Dieu qui prie l’homme ! C’est Dieu qui prie cette femme de lui donner à Boire. C’est la soif de Dieu de rencontrer l’homme. C’est aussi que l’amour ne consiste pas d’abord à donner, mais à donner au plus pauvre la joie de pouvoir donner à son tour. On rappelle toujours aux jeunes et aux ados : "Tu as besoin de bosser ! Tu as besoin de faire du sport ! Tu as besoin de l’aumônerie. !" Mais jamais on ne leur dit : "J’ai besoin de ta présence, j’ai besoin de toi !" Aimer, c’est élever l’autre à la dignité de pouvoir donner à son tour. La pire des choses qui puisse arriver à un homme c’est de se voir inutile pour les autres. C’est de n’avoir aucun emploi de lui-même. Là, Jésus a besoin des services de la samaritaine.

L’ABBÉ PIERRE ET CELUI QUI VOULAIT SE SUICIDER
JE N’AI RIEN A TE DONNER : SI CE N’EST MON AMITIÉ
L’ABBÉ PIERRE : Il EST APPELÉ AU CHEVET D’UN HOMME QUI S’EST OUVERT LES VEINES -UN COUP DE MAIN : C’EST GONFLÉ !

- QUE CA SE PASSE 2 FOIS ! UN PETIT ENFANT QUI VIENT DE MOURIR : JE VOUDRAIS PAS QUE CA SE PASSE 2 FOIS
E
st-ce que vous connaissez l’histoire de l’abbé Pierre ?
Regardez l’histoire de l’abbé Pierre. Il est appelé au chevet d’un homme qui s’est ouvert les veines. Parce qu’il n’a plus de raison de vivre. C’est un sorti de prison de longue durée, et il n’a plus d’amis, plus de famille, plus personne. Et l’abbé Pierre lui dit : "J’ai rien à te donner, sinon mon amitié ! Et puis, toi j’aimerais bien que tu me donnes un coup de main." C’est gonflé quand même de dire à un type qui a les veines ouvertes : "J’ai besoin d’un coup de main !" Il faut un sacré culot, de l’inconscience. "Bon, tu vas te retaper un peu ; et puis dès que tu es retapé, tu me donnes un coup de main, parce qu’il y a une famille qui risque de passer l’hiver dehors, et ça ce serait très très embêtant. Il y a des petits enfants, là ! J’ai déjà vu un petit enfant mourir, je voudrais pas que ça se passe 2 fois. J’aurais besoin encore d’un coup de main." C’est ce qui a été fait. Et ce type, il ne voulait plus mourir après, du tout ! Bon parce que l’abbé Pierre lui avait dit : "Après, tu te suicideras si tu veux, mais pour le moment, on a besoin de toi." Il n’avait plus aucune envie de suicider. Il y avait des petits gamins qui lui montaient sur les genoux, en l’appelant "Tonton !"

Et c’est très intéressant. L’abbé Pierre, il a dit  : "J’ai eu une espèce de Euréka, un flash. J’ai compris que pour les plus pauvres, c’était pas nécessairement faire quelque chose pour eux, c’était leur dire : Tu veux bien démarrer avec moi ..." Et il a lancé les chiffonniers d’Emmaüs comme ça. Donc, avec tous ces exclus, tous ces êtres dont on disait  : "Ils ne valent plus rien."

Vous connaissez la chanson de Jean-Jacques Golman : "On a tous besoin qu’on ait besoin de nous !" Je crois que c’est ça ; alors l’exclu devient vite l’élu. Car l’exclu sent qu’on a besoin de lui. C’est ça, le 1er miracle de la samaritaine : c’est qu’elle ne s’est pas du tout sentie jugée par Jésus. Le miracle c’est que Jésus lui dit la vérité, et que cette vérité ne lui fait pas mal. L’amour sans la vérité, ça pourrit. La vérité sans l’amour, ça durcit. L’amour et la vérité, ça construit.


MA RELIGION, C’EST QUELQU’UN
Jean nous fait descendre dans le puits profond de la personne de Jésus, du voyageur épuisé, au prophète qui lui dit tout son passé, au Messie attendu, enfin au sauveur du monde, à celui qui fait surgir la vie éternelle.
M
es chers amis, notre religion, ce n’est pas d’abord une morale. Ce n’est pas une doctrine, ce n’est pas des idées, des opinions. Car ce n’est pas la morale qui rend heureux. Moi je repars en courant quand on me fait la morale ! Des "il faut, tu dois, y a qu’à, faut qu’on ..." Non ! Ce n’est pas la morale qui rend heureux, c’est l’amour qui rend heureux. Ma religion, ce n’est pas une morale, c’est Quelqu’un : le Christ.

Et Jean l’évangéliste nous fait descendre dans le puits profond du mystère de la personne de Jésus, du voyageur fatigué, au prophète qui lit dans les cœurs, au Messie attendu, enfin au Sauveur du monde qui fait surgir la vie éternelle. C’est complètement fou ! Grandiose.

Dans cet dialogue, c’est la 1ère fois que Jésus se dévoile au monde, dans l’évangile. Et c’est à une femme. Et il dit sa soif de nous rencontrer. C’est ça la définition de la prière, dans le catéchisme de l’Église catholique  : c’est la rencontre de 2 soifs. Jésus a soif qu’on ait soif de Lui. Dans toutes les maisons de Mère Térésa, au dessous du Maître-autel, il y a cette inscription : "J’ai soif !" Et l’eau vive que Jésus donne, c’est l’Esprit Saint.

Tout ce carême, tout ce désert, c’est recevoir l’eau vive, pour se désaltérer. Pour arroser notre jardin intérieur.

Continuons notre effort de carême pour ne voir d’abord que le verre à moitié plein. J’ai bien dit : d’abord. Bien sûr, il faut aussi voir ce qui ne va pas bien ; on n’est pas aveugles. Mais c’est le "d’abord" qui compte ; voir d’abord le positif.

La croix, c’est le signe plus par excellence ! Pas d’abord le verre à moitié vide, mais le verre à moitié plein.. C’est toujours une histoire d’eau, vous voyez, finalement.. L’exercice du regard positif. Quand j’étais dans les classes, et que je rencontrais les professeurs, je défendais toujours les élèves moins doués, un peu à coté de la plaque. Car je disais : "Il y en a toujours qui ne montreront que leurs défauts."

Oui, ne signaler les ornières, que pour baliser la lumière. C’est le rendez-vous de dimanche prochain avec l’aveugle né, à la fontaine de Siloé, une autre histoire d’eau, décidément. Car l’eau vive, c’est étonnant : elle nous fait remonter à la source le plus souvent.

LE PRETRE SOURCIER DE DIEU
Que ton sourire fasse jaillir des sources. Le prêtre n’est pas un sorcier. Toutes les religions ont leurs sorciers. Non, le prêtre , c’est un sourcier de Dieu. Faire jaillir des sources, enlever les pierres, trouver les sources et les ressources, pour que brille la lumière  !
La samaritaine a oublié sa cruche ; elle peut allumer le feu autour d’elle comme une bûche. "Seigneur, je suis une cruche : remplissez-moi  ; je suis une bûche : enflammez-moi !"
ce 21 février 2OO5, à Hyères
Père GILLES LE TOURNEUR
2 allée des OLIVIERS Le Pyanet









 

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