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le jour est tout proche

  Publié le dimanche 28 novembre 2004 , par Paroisses d’Hyères

CHAPO

homélie

1er dimanche de l’Avent, année A,

"Tenez-vous prêts !" Matt. 24, 37 ...,

- 1ère lecture, "de leurs épées, ils forgeront des socs",

- 2ème lecture : "La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche." Romains 13



"Un soupçon de crainte, qui est en fait une joie un peu fébrile  : et c’est là, notre évangile !"
Il vient nous délivrer du jour et de l’heure, pour qu’on n’en ait plus du tout peur !

Dans le panneau de la peur de Dieu ?
E
h bien, dites donc, moi je trouve assez redoutable la dernière petite phrase de notre page d’évangile, ce matin ! "C’est à l’heure, où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra !" Alors, est-ce que nous allons tomber dans le panneau de la peur de Dieu ? Je vous en supplie ; ne prenez pas cette dernière petite phrase comme une menace ! Comment serions-nous ce soir dans la crainte, alors qu’ au bout de ce temps de l’Avent, il y a à Bethléem, un tout petit enfant  ? Peut-on avoir peur d’un nouveau né ? Dans sa fragilité  ?
Dieu à Noël, se fait tout petit,
 pour qu’on n’aie plus peur de Lui.
Pas l’attente ennuyée de l’arrêt de bus, mais l’attente empressée de la jeune maman qui vient d’accoucher, ; alors à la maison tout le monde se demande : "Est-ce qu’on a tout bien préparé comme il faut ?" Il y a un soupçon d’un peu de crainte ...

Tout d’abord, Dieu se fait attendre. Mais ce n’est pas l’attente ennuyée, comme quand vous êtes à l’arrêt de bus, et que rien ne se passe ! C’est l’attente empressée. Un peu comme une jeune maman qui a accouché à la maternité, revient à la maison, alors on se dit : "Est-ce qu’on a tout préparé comme il faut ?" Il y a là un soupçon de crainte, qui est en fait une joie un peu fébrile !! Et c’est ça notre évangile.

Le violet

Et nous sommes en violet, car vous avez remarqué la couleur violette des ornements liturgiques. Le violet, c’est la couleur du soleil qui se couche, pour la nuit de Noël qui s’approche.

Avantages relationnels de la nuit

Vous savez que c’est de nuit qu’on voit les vraies lumières ! Pas de jour ! La nuit met en valeur les étoiles, qu’on ne voit jamais en plein jour. C’est de nuit que les époux se révèlent de visage à visage. Car de jour, il y a tellement de paraître. Qui risque vite de disparaître. Ce qu’il faut ?....mais transparaître.

Dessine-moi un Évêque !

Hier soir, notre évêque nous racontait qu’il était allé un jour à Pomponiana, (hôpital pour des jeunes handicapés en difficulté, à Hyères), et on avait demandé à un jeune de 12 ans, handicapé, de dessiner un évêque. Il avait dessiné : un phare au bord de la mer. Un phare, qui éclaire. Un phare qui aide les bateaux à accoster aux vrais rivages. Pas aux rivages où il y a des rochers, où on peut se fracasser, mais des rivages qui annoncent le port. Le port est tout près de chez nous. Le port de Hyères, ce n’est pas l’autre bout du monde : me direz-vous  ? oui, c’est les activités ordinaires de la vie de tous les jours  ! Nous, on voudrait du sensationnel ! Non ! c’est dans l’ordinaire que Dieu se révèle. C’est au moulin, que cette femme est prise, vous vous rappelez. C’est dans les champs que cet homme est appelé.


Le brahmane qui reçoit Dieu chez lui
O
n raconte qu’un jour un brahmane vint prier au temple avec cette demande suivante : "Seigneur, depuis 5O ans, je viens prier chez toi ; je vais chez toi te visiter. Mais toi, tu ne viens jamais chez moi. Est-ce que tu ne pourrais pas un jour venir me voir ? C’est là mon plus grand espoir !" Le Seigneur lui dit tout de suite : "Demain ! Demain, je viens chez toi."
Un enfant qui passait ... le gâteau !

Le lendemain, il brique sa maison, impeccable, il a fait des petits gâteaux, il a préparé un vin, mais trop bon, le vin ! À 1O heures, personne. Enfin, presque... il y avait un enfant qui passait, et qui était venu lui demander un gâteau. Il lui avait répondu : "Je ne peux pas, j’ai un invité tout à l’heure. Tous mes gâteaux sont comptés ! Je ne peux pas t’en donner."

Une personne âgée : sur le banc, là, à l’entrée  !

Une heure après, une personne âgée vient s’asseoir, devant la grille d’entrée , "J’ai soif ! j’ai chaud !" - eh bien, mon eau, elle est pour mon visiteur ! Déménage !

Un SDF, un casse-croûte !

À 3 heures, il a eu un coup de sonnette : c’était un SDF qui demandait juste un casse-croûte ! Et le brahmane répond  : "Mais, je n’ai pas le temps ! J’attends quelqu’un de très important. Demain ! tu reviens demain !" Et le soir, à 1O heures du soir, le Seigneur n’était toujours pas là. Le brahmane dort très mal ; le lendemain, il fonce au temple le matin, et il dit au Seigneur : "Mais tu n’es pas venu me voir hier ! Tu me l’avais pourtant promis !" Réponse du Seigneur : "Mais si ! mais si ! Je suis venu, 3 fois même, et 3 fois tu m’as mis à la porte !"


À chaque instant le Seigneur vient nous délivrer de la date et de l’heure,
     pour qu’on en ait plus du tout peur !

L
e fils de l’homme vient à tout instant de notre vie, de nos journées. Et sa venue est tellement simple qu’il nous parait inattendu, ce passage de Jésus. Il vient nous délivrer de la date et de l’heure, pour qu’on n’en ait plus du tout peur !
Chers amis, Le Seigneur est là. Dans les minuscules gestes de la journée. Dans l’ordinaire de nos vies. "Tes Indes à toi, disait un cistercien à saint Philippe Néri, ce sera la ville que tu habites : Rome, ou plutôt pour nous Hyères."

Enfin, l’Avent, c’est le temps de la soif. La semaine prochaine, je vous emmène au désert, avec Jean-Baptiste. On aura un peu soif. Dans toutes les maisons de Mère Térésa, il y a ces simples mots au pied du maître autel : "J’ai soif !" Sur la croix, Il dit : "J’ai soif."

Non. On vous a dit que l’Avent, c’est l’homme qui attend le messie. moi, je vous dis : "C’est le messie qui attend l’homme." C’est Lui qui m’attend, c’est très important.
Le messie, c’est l’Astre du matin.

Si nous ne suivons pas cet Astre, nous risquons le "dés-astre", nous diront les mages à l’épiphanie. La nuit est bientôt finie, et il n’y a pas de nuit si noire qui ne soit pas suivie d’un matin clair.

Chaque fois que vous pardonnez, vous faites descendre un morceau de ciel dans notre monde de brutes.

C’est les épées qui deviennent charrues ; c’est la paix et la joie quand on y a cru ; c’est le message de Jésus !

Et je finis par les mots de la liturgie : c’est la super-Préface que vous entendrez dans quelques instants : c’est la 2ème préface de l’Avent :

"Qu’il nous trouve quand Il viendra, vigilants dans la prière, et remplis d’allégresse !"
Père GILLES LE TOURNEUR
1er dimanche de l’Avent 2OO4, 28 novembre








 

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