Publié le jeudi 17 mars 2005 , par Paroisses d’Hyères

Dimanche des rameaux et entrée dans la semaine saintePour l’année A : La longue lecture de la Passion selon saint Matthieu ; le serviteur souffrant dans Isaïe 5O, et l’abaissement dans la lettre aux Philippiens, 2. Enfin, Le psaume 22, "Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?"
Pourquoi attendre que tout aille mal, pour prier et suivre le Seigneur ?
On peut déjà le faire quand tout va bien. Les rameaux, les
gens prient et suivent Jésus quand tout va bien, - ce n’est pas encore
le vendredi saint -, et c’est un exemple pour nous. Pourquoi attendre l’accident,
ou la maladie, pour prier le Seigneur dans une vie ? C’est peut-être
ça le premier sens des rameaux !
C
es fêtes que nous allons célébrer, du jeudi saint à
Pâques, c’est 3 jours pour célébrer l’amour.
Et ces rameaux sont vivants : ils sont signes de Printemps ! Tout à l’heure, on lèvera très haut nos rameaux au moment où on chantera le "Saint, Saint, Saint le Seigneur Dieu de l’univers ..." Cette entrée triomphale, c’est Jésus qui l’a voulue cette entrée ; c’est Lui qui mène le bal, c’est Lui qui mène l’histoire. Et on fait sa volonté en agitant nos rameaux ; et de temps en temps on est heureux de savoir qu’on fait sa volonté. Vendredi, c’est la croix. Mais ce n’est pas la souffrance extérieure qui a sauvé le monde ; ça serait du masochisme, ça. Non, ce qui a sauvé le monde, c’est un cœur qui a continué à nous aimer alors qu’Il souffrait : le cœur du Christ. Il faut bien nous situer quelque part ...Où est-ce que nous nous situerons pendant toute cette semaine sainte ? Parce que enfin, il faut bien nous situer quelque part ?
C’est facile de suivre quelqu’un qui réussit tout, mais quelqu’un qui rate ? Pas de détail en amourNous allons suivre le Christ le plus près possible pendant toute cette semaine sainte ! Bien sûr, on ne fait pas de détail en amour. C’est facile de suivre quelqu’un qui réussit. Mais quelqu’un qui rate ? Jésus va tout rater, à partir d’aujourd’hui. Il va être abandonné de presque tous. Il va se faire jeter, Il va se faire tuer ! Le thème du Roi, qui entoure toute la semaine sainte
E
t toute la semaine sainte est enveloppée par Jésus roi : des
rameaux, où ils acclament leur roi ; et sur la croix, il y avait un
écriteau : Jésus, roi des juifs. ! C’est d’ailleurs,
quand on y réfléchit, le 1er évangile écrit
; sur la croix : Jésus de Nazareth, roi des juifs. Mais c’est
une royauté d’abord intérieure, c’est une royauté du
cœur.
Le vendredi saint ? Pas de restaurant pour Marie et saint Jean.Bien sûr, depuis longtemps, on sait que Marie et Jean ne sont pas allés le vendredi saint au soir au restaurant ! Le jeudi saint au soir, on ne fait pas la fête ; quand vous avez un frère dans la pièce à coté qui est à l’agonie, on ne peut plus partir, on ne peut pas le quitter. Le sens de cette fête des rameaux : pourquoi attendre que tout aille mal pour prier Dieu ?Souvent on prie Dieu, seulement quand tout va mal : un accident de voiture,
de santé, ou une difficulté familiale, ou de couple ; on pense
alors, là, à prier. Mais pourquoi attendre que tout aille mal
pour prier Dieu ? Hosanna : hosanna au plus haut des cieux, ça veut dire quoi ? Ca veut dire : Viens, et sauve ! Cette passion du Christ est un immense feu qui embrase le monde, et les bêtes féroces fuient devant la lumière !
Nos églises se remplissent plus qu’à l’ordinaire ...par des
gens qui ne viennent pas forcément d’habitude, mais qui aujourd’hui
se sentent accueillis, invités !
L
e jour des rameaux, c’est nos églises qui se remplissent plus qu’à
l’ordinaire, avec des personnes qui ne viennent pas forcément d’habitude,
mais qui aujourd’hui, se sentent accueillies et invitées. Ces branchages,
nous les mettrons en évidence dans nos maisons ; ou alors, nous
les apporterons à nos amis, ou à des gens malades, ou
alors, nous irons les déposer sur des tombes ; ils nous relient,
des rameaux, à beaucoup d’autres personnes.
Ceux qui jugent la foi de l’extérieur croient que c’est de la superstition,
ces rameaux ! ... ne prennent sens que ... La foi, ce n’est pas des croyances
! c’est de la confiance !! Passer de la convention, à la conviction
!
Et ceux qui jugent la foi de l’extérieur, croient voir là une superstition : mais ils n’ont rien pigé ; ils n’ont rien compris au film ! les croyants savent bien que ces rameaux ne prennent sens que dans la mesure où nos cœurs et nos regards sont tout entiers tournés vers la fête de Pâques, dans une semaine, vers la joie de la résurrection du Christ.
On marche encore un peu de nuit. La même foule !
Pas si simple : un petit goût de doux-amer, qui flotte dans l’air. Vous savez : c’est comme si on marchait encore un peu de nuit, tous ensemble, mais on est quand même là ; on se tient les uns les autres, et on marche vers le matin, vers la lumière du matin de Pâques ! Bon. Je dois reconnaître que la marche, ce ne sera pas si simple, dans cette semaine qui vient. Aujourd’hui, dans ce jour des rameaux, il y a un petit goût de doux-amer qui flotte dans l’air. La foule qui acclame Jésus, rentrant à Jérusalem, à coups de Hosanna, c’est la même foule qui va crier "à mort ! ", manipulée par les dirigeants de l’époque. Mais c’est les chefs qui font mourir ; ce n’est pas directement le peuple, ou la foule.
Cet esprit si instable, si versatile : est-ce que ce ne serait pas aussi
un peu aussi moi-même ?
Alors, tous nous pouvons nous dire : "Mais cet esprit si changeant, si versatile, est-ce que ce n’est pas un petit peu moi-même ? "
Pourquoi la souffrance du vendredi saint ? Pourquoi faut-il que Dieu souffre
?
Je n’ai pas de réponse bien bétonnée
I
l y a aussi une autre chose qui est dure ce matin, c’est la lecture de la
longue passion, de Jésus le Christ. On entend encore le malfaiteur
incrédule qui du haut de sa croix dit tout fort : "Si tu es le
fils de Dieu : descends de ta croix !" Pourquoi faut-il que ce Dieu d’amour
soit rejeté, finalement mis à mort ? Alors, je n’ai pas de
réponse bien bétonnée à la question que je pose.
Mais je dois dire que Dieu nous entraîne bien au dessus de nos raisonnements.
Et si on avançait un peu ? Vous savez, nous sommes là, nous
tous, chaque jour, confrontés à toute sorte de mal. Au mal
sous toutes ses formes. Que ce soit la souffrance. Que ce soit la mort un
jour. Ou que ce soit le désir du mal en nous, qu’on appelle les Balkans.
Tenez, aujourd’hui, en Irak, la guerre, les gens qui se haïssent. Et
alors, parfois, on rêve ; on se dit : "Ah je voudrais bien que Dieu
efface tout ça, magistralement." Ou alors, on reproche à
Dieu ne pas l’effacer. Et on entend ces sarcasmes : "Où est-Il
ton Dieu, puisque il n’intervient pas, à Madrid, le 11 mars 2OO4,
par exemple ?"
Pas un magicien : Dieu n’efface pas la souffrance, mais Il vient lutter avec
nous ! Le Dieu très haut est devenu le Dieu très bas !
Mais enfin, Dieu n’intervient pas comme un magicien. Je vais vous dire comment Il intervient. Il intervient parce qu’en Jésus Il rejoint tout homme ; et Jésus rejoint aussi l’homme qui vit, qui souffre, qui meurt. Il va jusqu’au bout de ce qu’Il dit ! La foi chrétienne ne va pas nier la mort, la souffrance, ou notre violence ; mais la foi va nous proposer de nous battre contre tout ça, avec la force que Dieu nous donne. Le monde n’est pas comme il est, il est comme on le fait. Et Dieu a besoin de tes bras, depuis que sur la croix, ses bras sont paralysés. Il a besoin de ta voix, Il a besoin de ton cœur. Alors tout sera meilleur. Dieu qui t’a créé sans toi, ne peut pas te sauver sans toi. Il manque une voix, comme aux élections : la tienne, pour que tu sois élu ! et non pas exclu ! Avec Jésus, passer la mort !Avec Jésus, passer la mort, c’est ça notre programme. Et dans notre prière, nous ne demandons pas à Dieu d’effacer, mais nous Lui demandons de porter avec nous. Nous comprenons cela.
Dieu n’est pas un Père fouettard. Le Dieu très haut, est aussi
le Dieu très bas !
Et Dieu laisse l’homme Le rejeter. Pour te laisser la liberté.
Si nous sommes des chrétiens pratiquants : essayons ...
Si nous sommes des chrétiens qui viennent peu à l’église. Rejoindre les autres ...Nul n‘est croyant tout seul ! Si nous sommes des chrétiens pratiquants, essayons d’accueillir les autres. Si nous sommes des chrétiens qui venons très peu à l’église, essayons de rejoindre les autres. Nul n’est croyant tout seul ! C’est à la suite de tous ces chrétiens qui nous ont précédé, que nous tenons dans les mains ces rameaux ; ils nous les ont donnés. Et en nous, Jésus, notre force demeure. Et Jésus, c’est la vie des nos vies !
Hyères, 16 mars 2OO5,
PERE GILLES LE TOURNEUR 2, allée des Oliviers Le Pyanet 834OO HYÈRES |