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Le semeur et l’ennemi qui plante la mauvaise herbe

  Publié le lundi 18 juillet 2005 , par Paroisses d’Hyères

CHAPO

16ème dimanche année A
LE SEMEUR ET L’ENNEMI QUI PLANTE LA MAUVAISE HERBE

Saint Matthieu, 13
"Toute graine d’amour lèvera bien un jour !" Marie Baudouin-Croix
"Quand on s’aime, on récolte !"
Comment écrivez-vous : "sème" ? Il faut l’écrire : "S’aime !"

Ne pas juger par nous-mêmes, que ce sont des mauvaises herbes !

C
ette parole de Jésus nous invite à la patience, et à l’espérance. On veut toujours récolter. Tout, tout de suite  ! Et avant de le faire, on veut enlever les mauvaises herbes. Mais Jésus dit : "Attends. Ne coupe pas tout de suite les mauvaises herbes ; on ne sait pas : on peut très bien confondre le bon grain avec les mauvaises herbes." Parfois, je me dis : "Sur cette terre, il y a d’un coté  : les bons, et de l’autre : les horribles !" Non. Jésus nous demande de ne pas juger les autres. De les porter, au lieu de les supporter ! de les élever, au lieu de les enfoncer ! "La personne la plus intelligente que je connaisse, disait Bernard Shaw, c’est mon tailleur : chaque fois que je vais lui commander un nouveau costume, il reprend les mesures ! Il ne s’imagine pas déjà connaître son client." On ne connaît pas, on ne sait pas. Ce n’est pas à nous à faire le tri ! Ce n’est pas à nous à dire : "Celui-là ; il est pur  ; l’autre, c’est un méchant." Ca, c’est le travail du Seigneur à la fin des temps.

Le bon larron, l’enfant prodigue, le centurion à la croix, ce ne sont pas des "mauvaises graines ", je crois.

Une grand-mère : "Mais mes petit-fils ne sont même pas baptisés !" Ce qui est semé est semé.

Une grand-mère me disait à la sacristie : "Tous ces jeunes, qui sont allés faire leur profession de foi, on ne les revoit plus à l’église. Et, dans ma propre famille, mes petits enfants ne sont pas tous baptisés." J’ai répondu : "Oui, c’est vrai : mais, même s’ils ne viennent plus le dimanche, même si vos petits enfants ne sont pas tous baptisés, vous avez semé. Et ce qui est semé est semé !"
J’aime ce proverbe, et je le redis à chaque préparation au mariage :

"Quand on s’aime, on récolte." Comment vous l’écrivez : "S’aime  ?" Pas semer du verbe semer. Mais : " s’aime", du verbe : "aimer" !
L’histoire des lentilles. On veut toujours vérifier. Éloge de la patience : "Pour faire un homme, mon Dieu que c’est long !" Vous connaissez la chanson !

Ce n’est pas nous, qui récoltons ! On voudrait tout de suite voir les résultats. Quand j’étais en maternelle, on nous avait fait planter des lentilles dans un petit pot de terre, et avant, il y avait eu du coton, et un peu d’eau, pour que la graine puisse bien "prendre".. Tous les matins, tous les soirs, j’allais voir mes lentilles, j’écartais la terre pour voir si les lentilles poussaient. Mais à force de voir si elles poussaient, elles ne poussaient plus du tout. Acceptons la lenteur  ! Ne soyons pas comme le jardinier qui tire sur la tige, pour que les fruits poussent plus vite : il arrache tout. Il faut attendre pour mieux apprendre. Il faut apprendre, pour bien comprendre ! Un amour impatient ne fait pas du bien : au lieu de te prendre comme tu es, il s’exaspère de te voir si imparfait ; il t’empêche de grandir en te voulant déjà si grand : voilà ce que fait un amour impatient ! La patience, c’est la moelle de l’amour, disait Sainte Catherine de Sienne. Et quand saint Paul expliquera la carte d’identité de l’amour, - dans la lettre aux corinthiens, vous savez, ce texte qu’on lit souvent dans les mariages, 1ère aux corinthiens, chapitre 12, -, il ne dira pas d’abord : L’amour est tendre, l’amour est bienveillant ! Non ! Mais il dira d’abord : "L’amour est patient !" C’est la première chose qu’il dit sur l’amour ! Et vous connaissez la chanson : "Pour faire un homme, mon Dieu que c’est long, pour faire un homme ... !"

Le terreau = la terre + de l’eau ! D’où : le terreau
Les gens et le monde actuel vous posent tellement de questions que le mariage .... il faut bien préparer le terrain ..

Certains ne comprennent pas quand ils viennent nous demander le sacrement du mariage, qu’il y a une préparation d’un an, comme l’ont demandé les évêques de France. Mais les gens et le monde actuel vous posent tant de questions sur le couple, et sur le mariage chrétien, que pour répondre, il faut bien une bonne préparation, qui dure au moins entre 6 mois et un an. Et l’enjeu en vaut la peine : un travail professionnel, c’est pour 20 ans, 30 ans, et on fait avant parfois une longue formation, en tous cas un minimum de 2 ans, pour avoir soit le diplôme nécessaire, soit la formation de base...et on ne se préparerait pas pendant au moins un an pour quelque chose (le mariage) qui peut durer toute une vie, 30 ou 40 ans ensemble ? Dans n’importe quelle entreprise on n’accepterait jamais ça. Les jardiniers sont unanimes vous savez, pour dire que le terrain est plus important que la graine. Le terrain, c’est le terreau, "la terre + de l’eau" = le terr -eau, le terreau !


On ne sait pas très bien prier !
Prier, oui, mais comment ? C’est dur de quitter notre laboratoire, pour entrer dans l’oratoire

M
ais, notre problème, c’est qu’on ne sait pas prier. "Nous ne savons pas prier comme il faut", dit Saint Paul. Moi, je ne comprends pas ce que dit saint Paul ! Car, Paul était un saint. Il savait bien ce que c’était que la prière. Donc, si lui ne sait pas prier comme il faut, alors à plus forte raison : nous aussi !

Regardez, quand par exemple, j’entends dire souvent : "Moi, je pense à Dieu. Mais j’ai tant de travail que je ne peux pas prier ! Mais je pense à Dieu dans ma journée. Je ne peux pas faire plus." Alors je dis toujours : c’est comme si je disais à celle que j’aime : " Tu sais, chérie, je pense toujours à toi. La preuve, c’est que j’ai une photo de toi dans mon bureau !"

- "Je suis très touchée, répond la chérie, mais je serais quand même contente, que tu rentres avant 9 heures du soir, mais un peu plus tôt pour te voir."

- On est tous un peu comme ça. On a une photo de Dieu à la maison. Mais franchement, quitter le laboratoire, pour entrer dans l’oratoire , ça, alors ... c’est trop dur ! On est tous appelés à cette intimité avec l’Esprit !
"Ô Toi qui es chez Toi tout au fond de mon cœur, fais-moi goûter ta joie dans le fond de mon cœur !" (Père Caffarel)

Et pendant les vacances ?

Nous savons que tout peut être étouffé par une vie trépidante. Que ces vacances nous aident à nous arrêter. La mauvaise herbe, ça se dit en grec : zizanie. L’ennemi vient étouffer avec ses mauvaises herbes le bon grain. Il y a trois sortes de mauvaises herbes, que l’ennemi a déposé, au début de notre vie  : le à moi : l’égoïsme. Le de moi : l’orgueil. Le pour moi : le matérialisme et la sensualité excessive, qui ne voit pas le cœur. Imaginez un couple en vacances. Ou même un couple en activité, le reste de l’année. Dans une semaine par exemple. On sort, allez, ce soir, on va chez les un tel. Le 2 ème soir : on va à cette réunion. Le 3ème soir, on a un film au cinéma. Et puis, peu à peu, on prend l’habitude : on ne se parle plus, ou presque pas. Puis, on vit côte à côte. Puis, au lieu d’avoir la richesse d’un cœur à cœur entre nous, on n’a plus qu’une vie parallèle à deux : on a eu des expériences récentes, en politique, ce n’était pas forcément heureux !


Le geste du semeur, c’était pour moi Jean Paul II qui allait partout pour parler de Dieu

L
e geste large du semeur, ce n’est pas pour moi seulement la couverture du dictionnaire Larousse (je sème à tous vents), mais, c’était pour moi, le pape Jean Paul II qui arrivait tranquillement, dans un aéroport, dans un stade, sur une place de cathédrale, qui prenait son papier et qui le lisait. Il savait très bien qu’il y aura une grande partie qui sera perdue : sans doute les trois quarts. Mais il pensait qu’il y aura un quart qui sera touché. Tenez, il croit en la puissance de la parole, et à sa douceur, qui va un jour ou l’autre pénétrer les cœurs !

Demandons d’être des obstinés de la communication, de la rencontre, de la communion. Réglons notre montre sur la montre de Dieu : Il a tout son temps ! On n’a pas le même agenda, tous les deux, vous et Dieu ! Il a tout son temps et même l’éternité. Acceptons les moyens pauvres qui nous sont donnés : la prière, le partage, et le pardon, les 3 "P", qui donnent le grand P de la Paix intérieure.

Le mal, il porte un grand M majuscule, dans le Notre Père, c’est bel et bien une personne, ce n’est pas une idée. Et tout à l’heure, vous le direz : "Mais délivre-nous du Mal !"

Pensons aussi que l’Adversaire, le démon, l’Ennemi, comme le dit l’évangile aujourd’hui, il n’est pas d’abord spectaculaire : satanisme, couverture de CD, têtes de mort, non ! il procède souvent autrement  : il endort doucement ! il nous endort. D’ailleurs, regardez cet autre passage d’évangile, où il nous est dit qu’il vient de nuit ! c’est le matérialisme qui nous anesthésie. C’est ce que disait Claudel  :

"Le pire dans notre monde n’est pas de faire du mal, mais de faire du bien, en se passant de Dieu !"

La mauvaise herbe, c’est l’oubli de Dieu, de l’Amour, au fil des jours. Dites, le démon, c’est comme ça qu’il procède : il ne se montre pas. Il agit par le désespoir, par le doute du soir : "Un monde de tsunamis et d’attentats ? sûrement que Dieu n’existe pas  !"

Inventer des soleils, pour sécher les larmes des autres, c’est cela être apôtres !

Le divin jardinier ! Il vient retourner notre cœur. Et que sainte Madeleine, la patronne des jardiniers, vienne nous remonter le moral, si notre cœur n’est pas au beau : et que nous puissions inventer des soleils, pour sécher les larmes des autres, c’est cela être apôtre !

Le 22 juillet, c’est la fête de sainte Marie-Madeleine, et nous aurons la messe des jardiniers, chère aux hyérois. Jésus est bien le divin jardinier ! c’est le Ressuscité qui se présente au petit matin de Pâques, en paysagiste pour dessiner, pour semer, pour planter, pour moissonner. Que vous soyez tous brûlés par le désir de vivre ! Que Sainte Marie Madeleine patronne des jardiniers, la première ressuscitée sème en nous la paix, la tendresse et la vie.

Oui, quand on sème, on récolte forcément un jour. Si on s’aime, on récolte de l’amour !
À Hyères, ce 13 Juillet 2OO5
P. Gilles le Tourneur
Presbytère de l’église sainte Douceline
Paroisse Saint Louis-Sainte Douceline
2, Allée des Oliviers 834OO HYERES







 

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