Publié le jeudi 3 avril 2003 , par Paroisses d’Hyères
LE SERPENT DE BRONZE DANS LE DESERT “Dieu a envoyé son fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais que par Lui le monde soit sauvé.” 4° dimanche de carême, année B L'évangile est vertigineux. Dieu
ne vient pas pour nous juger, pas pour nous critiquer, pour nous condamner,
mais pour nous sauver, c'est à dire: pour nous guérir. Jésus prend la comparaison
du serpent dans le désert. C'est un serpent en métal, Moïse le montrait
à tous ceux qui étaient mordus par des vrais serpents et qui avaient mal.
Guérison instantanée et immédiate. On a repris ce signe vous savez: regardez
les voitures des médecins et des professionnels de la santé, vous voyez un
serpent sur le pare-brise. Jésus nous guérit, mais nous guérit de quoi ?
Il nous guérit de nos défauts, de tout ce qui nous empêche d'aimer. J'aime
le jeu de mots: “péché”: “empêché”, “dépêcher”. Parce que si on était capables
de se sauver tout seuls, c'était pas la peine qu'Il se déplace
du ciel ! Jusqu'à 2O ans j'avais la naïveté de croire que j'allais me corriger de mes défauts, de fait par bonheur, j'ai réussi à me corriger de certains de mes défauts, mais, quand on a passé 5O ans, ce qui est presque mon cas, on s'aperçoit qu'il y en a quelques uns qu'on va devoir se trimbaler jusqu'à la fin de ses jours, et il y a une phrase très jolie de Charles Péguy qui dit: “A 4O ans, on sait qui on est !” Et on voit bien qu'il y a des difficultés qu'on ne surmontera pas; ce qui est un grand bonheur, d'ailleurs, du moins pour notre foi; car quand j'ai la conviction que je n'y arriverai pas tout seul, je dis: “Mais oui ! au fait: c'est pour ça qu'Il m'a envoyé un Sauveur ! Parce que je ne pouvais pas me sauver tout seul !” Alors que, des fois, quand on a été bien élevé, et qu'on a fait des efforts, et qu'on a fait des progrès, on croit qu'on va se débarrasser de tous les défauts, et qu'on va réussir sa vie ! Réussir à se débarrasser de tel défaut, de tel péché, etc ... eh non !! Parce qu'on si on était capables de se sauver tout seul, c'était pas la peine qu'Il se déplace du ciel, quoi ! Dans cette humiliation, alors je vais crier vers Lui, et Il ne va pas juger, mais me sauver, car “Dieu est riche en miséricorde !” dit saint Paul dans la 2° lecture. C'est à dire, qu'Il est débordant d'amour.
“C'est pas de ma faute ! C'est ma nature ! Je suis fait comme ça !“ Les grand-parents Il n'y a pas en Dieu quelque chose qui ressemble à une rancune, voyez ? Il ne sait pas ! Il a de la chance ! Moi, je vous assure: je voudrais bien être comme Lui ! A la limite, il ne faut pas trop féliciter le bon Dieu, de nous aimer autant. Parce qu'Il nous répondrait: “Tu sais, je vais te dire: je ne peux pas faire autrement, que de t'aimer ! C'est pas de la vertu, chez moi, c'est ma nature: je suis fait comme ça.” Vous pouvez féliciter Dieu de vous aimer, comme on félicite des grand-parents de la naissance de leur dernier petit enfant; en général ils vous répondent: “Vous savez, on n'y est pour rien !” Dites: il vaut mieux ! Entre nous, c'est pas eux qui ont “pensé” l'enfant; mais on les félicite au sens étymologique, c'est à dire qu'on les cite parmi les gens “félices”, “heureux”: on les “fait- licites”: on les fait “heureux”; eh bien vous pouvez féliciter Dieu de la mème façon: “Dire que tu ne sais qu'aimer, toi, Dieu . Que tu n'es qu'Amour. Nous, ça nous est difficile de ne faire que ça; Toi ? ça serait impossible de faire autrement.” Tertullien, le 1° auteur à avoir écrit en latin, (vers 15O) -car jusqu'à Tertullien, les auteurs écrivaient en grec, ou en syriaque-, Tertullien écrivait: “Nemo quam Pater”: “Personne n'est aussi Père que Dieu“: Dieu n'est que Père. Et c'est pourquoi dans l'évangile: “Dieu a tellement aimé le monde qu'Il a envoyé son Fils unique ... l'homme obtiendra la vie éternelle.” On ne connaît une vitre que par ses points d'opacité Paul VI a de très belles choses sur la lumière Hélas, l'homme n'aime pas la lumière. Car on ne connaît la vitre que par ses points d'opacité, que par les taches sur la vitre. La lumière nous révèle les taches. Alors on n'aime pas la lumière. Elle me révèle mon mal, ce qui n'est pas “nor-mal”. Je regarde l'union de Marie avec l'Esprit Saint, comme le mariage du cristal avec la lumière. Marie est pure transparence. La lumière, d'après Paul VI Paul VI avait des choses très intéressantes sur la lumière. C'est comme si, disait-il, je me trouvais dans une pièce sombre. Je sais bien qu'il y a un lit en face, une chaise en face, et que si je bouge, je vais me cogner contre le lit, et contre la chaise. Mais si j'allume la lumière, je vais facilement du lit où je me lève, à la chaise que je ne renverse pas. Je ne renverse aucun meuble, je circule dans la chambre, les relations sont établies. Très intéressant. On peut vivre à coté de quelqu'un, et ne jamais s'en rendre compte. On peut vivre à coté d'une personne aimé, et ne jamais l'avoir connue. Et on s'en aperçoit seulement à sa mort. Dommage ! La lumière, c'est pour moi la clé de la communication, c'est en fait la communication. Nous allons passer alors de la relation de juxtaposition, à la relation de communion. Nos désirs sont comme des enfants, disait un sage de la vieille Chine, plus on leur cède, plus ils deviennent exigeants ! Il faudra entre nous “s'aider“à ne pas “cèder“. Effort de carême Dans ce carême, essayons de ne pas céder à tous nos désirs, pour qu'il n'y ait plus qu'un seul désir: aimer Dieu, aimer les autres autour de nous ! Essayons de ne pas juger les autres. Faisons tous et chacun un gros effort. On ne sait pas, je ne sais pas ce qui se passe chez les autres. De quel droit je peux les juger ? Pensons qu'on ne connaît jamais assez, pour pouvoir juger . Les jugements c'est comme les auto-collants qui fichent l'autre dans la prison de son passé, comme l'étoile jaune des juifs . Jamais ils n'ouvrent sur l'avenir. Parce qu'on juge toujours sur le passé. Or nous avons tous un grand avenir: un avenir éternel. Mon nouveau CCP Savez-vous que j'ai changé de CCP, à ma banque ? Je vous donne mon nouveau CCP: -C: comme: ne pas critiquer; -C: comme: ne pas condamner, -P: comme: ne pas se plaindre. Il y a du travail ! Si, dans ce carême qui arrive à la moitié, nous essayons de ne pas juger les autres, de ne pas critiquer en public, de corriger en secret, et de pardonner dès qu'on nous a fait mal, alors nous sommes sur le chemin de la sainteté. Non! ce n'est pas la souffrance qui sauve, c'est l'amour qui sauve, qui apaise, qui guérit. Mais regardez la croix: c'est pas les clous qui attachent Jésus à la croix, c'est l'amour qui l'attache à la croix, pour nous dire: “Je donne ma vie !” Et les parents savent bien que quand, à la naissance dun petit enfant, ils donnent la vie, ils donnent un peu aussi à leur enfant “leur” vie, toute leur vie !. C'est ce qu'a fait Jésus sur la croix: Il a donné sa vie, pour qu'elle puisse être transmise, et remise. Jamais l'amour de la puissance ne conduira à la puissance de l'amour ! L'amour de la puissance, c'est nul. La puissance de l'amour, c'est trop fort ! Dans ce monde de froid polaire, rassemblons les braises. Elles rallumeront le feu, nous en serons heureux. Père GILLES LE TOURNEUR EGLISE SAINTE DOUCELINE 2, ALLEE DES OLIVIERS LE PYANET 834OO HYERES |