JEAN-BAPTISTE, LE BAPTISEUR,
JEAN-BAPTISTE, L'AVERTISSEUR
(3ème dimanche de l'Avent, année C)
S
i, un jour, vous recevez une lettre où il y a écrit plus de
10 fois en quatre pages le mot « Joie », vous vous direz
: celui qui a écrit cette lettre doit connaître le grand
amour, ou bien : qu'est-ce qu'il doit être heureux !
En fait, là dans la lettre de saint Paul aux Philippiens, saint Paul,
l'auteur de la lettre, est en prison et il parle 16 fois de la joie. C'est
pour nous dire : quelle que soit ta vie, quelles que soient les circonstances
de ta vie, la joie, c'est pour toi aussi ! Tu y as droit. Le bonheur, ce
n'est pas que pour les autres. Je peux être heureux même en prison,
même anéanti par les soucis, je peux être heureux.
N'attendons pas que tout aille bien pour être heureux ; sinon, je
risque d'attendre longtemps pour être enfin heureux ! Demandons la
vraie joie, qui ne dépend pas des conditions extérieures.
Il y a un proverbe chinois que j'aime bien répéter : Si
tu ne sais pas sourire, n'ouvre pas un magasin, tu n'y arriveras pas !
Et cet autre proverbe: On n'est jamais responsables de la tête
qu'on a ; mais on est toujours responsable de la tête qu'on fait !
Et c'est moins fatiguant, pour les muscles, d'avoir un visage souriant,
qu'un visage toujours crispé et jamais content ! Sourions pour que,
plus tard, nos rides soient mieux placées !
Aujourd'hui, c'est le dimanche qu'on appelle en latin : Le dimanche du
gaudete ! Et les ornements du célébrant peuvent être
en rose, et non pas en violet, pour voir sans doute la vie en rose !
Gaudete : réjouis-toi !
C'est aussi les premiers mots de l'ange Gabriel à Marie, à
l'annonciation. Le 1er haut-parleur de la joie, c'est Marie, nous
l'avons fêté lundi : c'est la fête du 8 décembre,
l'Immaculée Conception, une superbe célébration.
Un deuxième haut-parleur de la joie, après Marie, dans ce
temps de l'Avent, c'est Jean-Baptiste. A la fin de cet évangile, vous
avez entendu le dernier mot, le plus important, qui veut dire : Évangile
bonne nouvelle, c'est le dernier mot de ce que nous dit Jean-Baptiste.
Dans l'évangile, il n'y a pas de personne plus respectée par
Jésus que Jean-Baptiste, à part son Père évidemment.
Jean, ça veut dire : Moi, Dieu, je fais grâce. Ils sont
tous les deux cousins, mais quelle différence entre Jésus et
Jean-Baptiste !
QUELLE DIFFERENCE ENTRE JEAN-BAPTISTE ET JESUS !!
" ON VOUS AIME SI VOUS CHANGEZ.
VOUS CHANGEZ SI ON VOUS AIME ! "
J
ean-Baptiste dira par exemple : On vous aime si vous changez ! Et
Jésus dira : Vous changez, si on vous aime. C'est vrai, un
petit enfant ne changera que si on l'aime. Il ne s'améliorera que
si on l'aime ! Ce n'est pas possible autrement. C'est vrai aussi pour les
adolescents.
CE QUI NOUS FAIT GRANDIR ... QUAND NOUS SOMMES PAR TERRE, L'AMOUR INCONDITIONNEL
DE DIEU
Ce qui nous fait grandir, c'est de voir que, même quand nous sommes
à terre ou tombés par terre , Dieu
nous aime toujours autant. C'est l'amour inconditionnel de Dieu, quel que
soit ma vie ! Que je me trouve bien, ou pas du tout bien !
L'EPREUVE DE ME DEPLAIRE A MOI-MEME ...
Le jour où je pourrai accepter paisiblement l'épreuve de me
déplaire à moi-même, alors j'aurai vraiment rencontré
Jésus.
LE GAGNANT, C'EST CELUI QUI ...
Le gagnant, là, c'est celui qui ne se supporte pas en train de tomber
et de retomber, dans la même erreur, ou dans un même péché,
depuis des années et des années ! Qu'est-ce qu'il a besoin
d'entendre cette parole de Thérèse de Lisieux, qu'elle a écrit
à la fin de sa vie , je vous cite de mémoire : Quand bien
même j'aurais commis toutes les fautes qui se peuvent commettre , je
m'avancerai avec la même confiance vers Jésus. (Avant dernière
phrase des manuscrits de Thérèse).
JESUS DIRA : " JE SUIS " ET JEAN-BAPTISTE : " JE NE SUIS
PAS... "
J
ésus dira : Je suis, je suis la lumière du monde, Je suis
la résurrection et la vie , Jean -Baptiste, lui, dira : Je
ne suis pas, Je ne suis pas le Messie, Je ne suis pas la lumière,
Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales !
Humble, on dit de lui : Parut un homme.
Jean-Baptiste était un homme, c'est à dire : un être
plein d'humanité. Car Le Royaume de Dieu a besoin des hommes
; il n'avance que par les hommes. Plein d'humanité, car Il ne donne
pas des conseils impossibles à vivre : il dit : Contentez-vous
de votre solde ! Aux fonctionnaires : N'acceptez pas plus que ce qui
est demandé par la loi.
Jean-Baptiste ne va pas dire : Fuyez la vie, fuyez la ville, fuyez les
hommes. Non mais rencontrez-les autrement. les hommes. Ainsi l'espérance,
ce n'est pas camoufler le réel, ce n'est pas la suppression des difficultés,
mais l'espérance chrétienne supprime le tragique qu'elles véhiculent.
LA SAINTETE POUR TOUS
L
a sainteté, disait Marthe Robin, c'est la fidélité dans
l'amour, dans l'exactitude de l'accomplissement des petites choses. Si on
passe son temps à se prouver qu'on est irréprochables, il n'y
a plus beaucoup de temps pour aimer. Non ?
N'ayons pas l'amour de la perfection, mais devenons peu à peu parfaits
dans l'amour !
LE NOTAIRE
Je me rappelle cet homme qui avait de grosses responsabilités professionnelles.
Un jour, il a voulu tout quitter pour rentrer dans une communauté.
Il était allé voir Marthe Robin, dans la Drôme près
de Valence. Marthe était une grande amie du Seigneur, elle avait fondé
les foyers de charité, dans son infirmité et dans sa maladie,
à partir de sa maison d'où elle n'avait pas pu sortir en 5O
ans de maladie.
Cet homme avait donc décidé d'aller la voir, elle, Marthe,
pour avoir son avis. Et, quand elle est arrivée, inutile de vous
dire que son épouse se faisait beaucoup de soucis. Il a commencé
à exprimer à Marthe son intention de tout quitter : sa situation,
son métier, sa famille. Marthe a éclaté de rire, et
elle lui a donné ce conseil : Surtout, soyez un notaire honnête
! C'était plein d'humour, et plein de bon sens ! Ainsi je crois
que l'engagement dont parle Jean-Baptiste, c'est celui non pas de quitter
la vie, mais de la vivre autrement.
La foi, ce n'est pas du tourisme spirituel ; non ! La vie spirituelle, c'est
toujours retrouver le terrible et merveilleux quotidien : Les Je t'aime
que je te dis, c'est avec mes mains que je les vis ! La vie spirituelle,
c'est retrouver l'humble réel, mais avec les mains et le coeur de
Jésus. Et un pèlerinage, ce n'est pas une évasion, c'est
retrouver le centre de nous-mêmes : vous voyez, c'est tout le contraire
!
Soyons pour nos frères et nos sœurs, Ses mains et Son cœur !
Demandons de ne pas quitter cette année 2OO3, sans avoir tout pardonné,
à ceux qui nous ont fait un peu mal ces dernières années.
Que la joie vous habite, qu'elle vous visite, qu'elle pénètre
partout, le moindre vide et le moindre trou.
Il y a un sage en Orient qui disait, c'est Tagore je crois : Une nuit,
je dormais, et je rêvais que la vie n'était que joie ; je me
réveillais, et je vis que la vie était service ; je servais,
et je vis que le service était joie !
Père GILLES LE TOURNEUR
2, allée des OLIVIERS - LE PYANET
834OO HYERES